Coopération suisse au Tchad :Jean-Robert Moret veut cacher le soleil avec la paume de sa main

Publié le par Waldar

Coopération suisse au Tchad 

Jean-Robert Moret veut cacher le soleil avec la paume de sa main

Après avoir lu et analysé l’interview du Directeur résidant  de la Coopération suisse au Tchad, Jean-Robert Moret, paru dans La Voix N° 054 du 25 mai 2010, en ma qualité d’ex-coordinateur du Programme de Développement de la Région Kanem (PDR K), nous aimerions apporter des clarifications aux réponses des questions posées, car il y a trop d’imprécisions. D’abord nous attirons l’attention des lecteurs que ce n’est pas un problème de relation diplomatique entre la Suisse et le Tchad, mais plutôt un problème de mauvaise gestion de l’aide au développement octroyée par les contribuables Suisses pour les populations nécessiteuses du Tchad, c’est un problème entre employés et employeur. En claire, il y a un problème de détournement des objectifs de la Direction de Développement et de la Coopération (DDC sis Berne), de la gestion maffieuse des moyens mis à la disposition du Bureau de la Coopération suisse au Tchad (BuCo) et de la mauvaise gestion des ressources humaines. La politique éducative prônée par le BuCo a été faussée dès le départ en confiant l’animation et l’encadrement des écoles à des vétérinaires, des agronomes, palefreniers, etc. L’objectif n’étant pas de former 66 000 élèves mais de former des gens capables de rester dans leur milieu et de travailler pour leur communauté. Cet objectif n’est pas atteint car il n’y a pas eu un contenu adapté (Cf. rapport de dernière évaluation de 2008 et rapport de Simon Fass 1999). Cette expérience fut un échec par rapport au coût d’investissement, il n’y a pas des écoles modèles et en plus le post-primaire est inexistant. Il faut qu’il donne des exemples bien précis pour que les gens puissent évaluer. En effet, le processus d’autonomisation a été déclenché depuis une dizaine d’années (ateliers Souliat en 2000, Ounianga Saker en juillet 2003 …) et c’est en 2010 que les programmes régionaux sont devenus des associations locales de développement. Ceci est tout à fait logique dans la mesure où cela cadre avec les aspirations de la DDC.

En ce qui concerne, le cas de l’entreprise Etudes Conseils et Assistance Technique (ECAT), c’est tout simplement un détournement d’objectif. Car c’était un projet d’appui aux PDR mais qui a été transformée en une entreprise privée à but lucratif, au profit des individus en l’an 2000 contrairement aux 7 programmes. Au Tchad et partout dans le monde, l’on crée son entreprise avec ses propres moyens et non avec les fonds d’aide au développement destinés aux communautés déshéritées. Cette entreprise tellement qu’elle est dissimulée dans la Coopération suisse, elle ne s’acquitte pas de ses obligations fiscales vis-à-vis de l’Etat, sous prétexte qu’elle est exonérée par le BuCo. La question qu’on peut se poser Mr Moret ne serait-il pas devenu un actionnaire de l’ECAT car on le voit sillonner de ministères en ministères pour défendre les intérêts ou faire plaidoyer de celle-ci. Pourquoi le projet, T32 de Melfi et T57 qui intervenaient dans le domaine des pistes  et ouvrages n’ont pas obtenu leur autonomie ou bénéficié des mêmes avantages. Il faut signaler que l’ECAT a bénéficié des marchés sans concurrences de votre institution estimés à une hauteur de 8 milliards. D’ailleurs, qui veut-on appuyer ? Est-ce sont les communautés pour des raisons humanitaires ou groupe d’individu qui travaille pour leur propre intérêt ?  Est-ce ça l’objectif de la DDC au Tchad ? Nous sommes peu éclairés. Nous n’avons rien contre l’ECAT moins encore contre ses dirigent. Mais nous voulons que l’argent de généreux contribuables suisses légué aux peuples tchadiens arrive dans la transparence aux bénéficiaires.

Dans l’apparition de La Voix N° 053 du 18 au 25 mai 2010, le Directeur actuel affirme avoir hérité d’une situation pourrie et qu’il prétend vouloir remettre les choses sur les rails. Or sa propre gestion est entachée des irrégularités. Il a licencié à la pelle des employés et par ailleurs, il a recruté son propre fils, Julien Moret, comme responsable au BuCo en lieu et place d’un tchadien professionnel. Ceci, en violation flagrante des textes en vigueur au Tchad et en Suisse. D’autres parts, des cadres formés pour le besoin de leur équipe à coût, des millions n’ont pas pu remettre pied dans leurs équipes respectives sous prétexte qu’ils auraient des liens de parenté avec certains membres.  

En ce qui concerne, la volonté d’assainissement du Programme Tchad, elle a été déclenchée bien avant lui par des collaborateurs tchadiens et suisses. Par exemple, il dit avoir saisi Micheline Calmy-Rey dans l’optique d’entreprendre des enquêtes ceci n’est pas vrai. En réalité, c’est Monsieur Martin Dahinden, le Directeur de la DDC sis Berne qui a averti cette dernière. Par ailleurs, nous signalons que c’est M. Moret qui entravait la mise en œuvre des recommandations de l’audit de 2006. D’une part, il licencie ses personnels locaux pour des raisons économiques et recrute de l’autre coté. Quel paradoxe ? La raison ne serait-il pas ailleurs ? Le directeur ne s’est pas prononcé sur le cas du malheureux chauffeur. Un tchadien mort et un autre gravement blessé par un Burkinabé, (Dr Boubacar Sadou Ly, avec le véhicule du BuCo) en mission dans un autre cadre que celui de la coopération suisse (Cf. LA Voix N° 53). On a voulu lui attribuer la responsabilité, alors qu’il n’est même pas présent au moment de l’accident et ce dernier a perdu son emploi, sa santé visuelle et tous ses enfants déscolarisés. L’autonomisation des sept (7) PDR est un grand échec comme le directeur lui-même le confirme dans le même numéro de La Voix ; "les programmes du développement du Bassin, du Logone, du Moyen Chari, du Mandoul, du Waddi fira, de l’Ennedi, du Batha et du Kanem, sources de problèmes seront gérés par des associations locales". Ce vraiment inadmissible et irresponsable de léguer une telle mission à des jeunes associations, tout en sachant que c’est des « source de problèmes » , sans pour autant résolu le problème au préalable avec l’intention de leur faire porter la responsabilité d’un échec déjà visible. Le PDR K devenu Action pour le Développement Rural Intégré (ADRI), a été torpillé et ses membres divisés par Jean Robert Moret. Il a fait créer à la place une autre association. En lieu et place des agents de développement formés à des coûts des centaines de millions, il a fait coopter des ex-ministres, des députés, le président de la CENI régional, le chef de secteur d’élevage, des chefs de services et autres hommes politiques en service ou en résidence à Moussoro pour former le bureau de l’association à sa solde. Tenez ! La présidence d’honneur est assurée par le gouverneur de la région de Bahr-el-gazal en poste, signataire de l’autorisation de fonctionnement de cette même association. S’agit-il d’une structure de l’Etat ou association locale de développement. Quelle autonomie ?

Nous qui avons créé ADRI, nous avons une ambition nationale, africaine et mondiale. Bref, notre vision est plus haute, plus noble et plus humaine. M. Moret à travers cette intervention très peu méthodique, tente de cacher une gestion défaillante, qui a été prouvée par divers audits et enquêtes. En plus, il vante les milliards injectés dans le cadre du développement sans pour autant montrer des preuves matérielles qui attestent qu’il y a eu des évaluations conjointes avec l’Etat tchadien en vue de mesurer l’impact réel de l’appui au développement sur le plan social et économique.

En fin, il a la fâcheuse habitude de proliférer des menaces et intimidations, à l’endroit des tchadiens victimes de la mauvaise de la Coopération suisse de s’exprimer afin d’entrer dans leurs droits. Pire encore, a t-il mis dans les oubliettes la lettre de félicitation pour le travail bienfait que j’ai reçue des mains de son prédécesseur ? Il n’a pas la culture de débat, sa phrase préférée est ″le débat est clos″ celle-ci est toujours répétée lors des rencontres de travail. Il serait souhaitable que M. Moret trouve des solutions justes avec ses ex-employés que de les intimider et les taxer des hors-la-loi. Pourquoi le BuCo est seul à être critiqué, alors qu’au Tchad il existe plusieurs partenaires au développement. Il n’y a pas seulement le dossier de Khdidja Bouchoura Youssouf à la justice, il existe d’autres dossiers et notamment mon cas qui souffre au tribunal et l’inspection de travail  depuis 5 mois à cause de son refus à se présenter. D’autres dossiers sont en voie de constitution. De tout ce qui précède, nous pouvons que retenir l’autonomisation des PDR a été un projet chimérique.

 

Adoum Korom, Ex-coordinateur PDR K/Coopération suisse

korom_adoum@yahoo.

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