Déby en émerge de plus en plus comme l’hippopotame en chef....

Publié le par Waldar

Au fil du temps : Déby dans un boulevard…

Par Innocent Ebodé, directeur de publication de la Voix
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Le chef de l’Etat est sur tous les fronts. Il marche sur du velours. On pourrait même penser qu’il est capable de marcher, comme le Christ, sur l’eau, tant l’homme fort de N’Djaména est en réussite. Sur le terrain diplomatique, il vient de remporter ce qui s’apparente à juste titre comme de véritables victoires. La réconciliation surprise avec Béchir est un coup de maître en ce sens qu’il apporte un coup sérieux aux rebelles qui, par le fait même, voient leur base arrière fragilisée. L’Accord tripartite signé à Doha avec  le MJE, l’un des mouvements rebelles qui sévissait jusque-là sur le front de l’Est, met Déby dans la posture du faiseur de paix. Le locataire du Palais Rose, qui s’est surarmé ces dernières années, a certainement fait sien un adage bien connu : qui veut faire la paix prépare la guerre.

Deby-Souri.jpgLa stratégie du Président consiste à faire simultanément la paix et la guerre. L’armée gouvernementale reste active à l’est, en même temps que des actions diplomatiques sont menées tous azimuts. Cette option semble mettre en déroute les rebelles qui se retrouvent face à un dilemme : négocier ou combattre.

Certains mouvements rebelles craignent d’être vidés de leur substance en s’engageant dans des négociations dont ils ne sont pas certains de sortir gagnants. En s’enfermant dans une logique belliciste, ils apparaîtraient aux yeux de la communauté internationale comme les ennemis de la paix au Tchad. Déby, en bon stratège, sait qu’il est en situation de force. Il sait qu’avec ses « amis » rebelles, les négociations ne conduiraient nullement à un à schéma « win-win ». Il sait que dans tous les cas de figure, il sortira vainqueur, d’autant qu’en face, ses adversaires qui parlent de plusieurs voix, sont déstabilisés par le rythme imposé par le pouvoir.

Sur le front diplomatico-militaire, tout baigne donc pour le Président. La suractivité présidentielle sur l’international est révélatrice d’arrière-pensées pour la présidentielle qui point à l’horizon. Il  s’agit pour le Président de se présenter en seule alternative crédible pour le Tchad. Si le bilan économique de Déby est contrasté, le Quinquennat social ayant peu agi sur le quotidien des Tchadiens, le panier de la ménagère restant désespérément vide, son bilan politique est a contrario largement positif : la paix devient progressivement une réalité. Le président va à coup sûr en faire le principal enjeu du prochain tournoi électoral. Et les Tchadiens affamés de paix pourraient trouver en lui, eu égard aux récents coups d’éclat réalisés dans le sillage de la paix, seraient tentés de lui donner un nouveau mandat, avec pour dessein de lui permettre de consolider cette paix si essentielle.

D’autant que le Chari politique tchadien est de moins en moins trouble, puisque Déby en émerge de plus en plus comme l’hippopotame en chef, les autres hippopotames ayant été renvoyés très loin vers la rive. Là aussi, il est en position de force. Il a réussi à obtenir de l’opposition quelques concessions. Le prochain gouvernement, très attendu par les Tchadiens, sera scruté par les analystes parce qu’il fournira quelques indications sur la présidentielle : certains gros bonnets de l’opposition pourraient faire partie du casting. Ce qui pourrait être interprété comme une réduction de leurs ambitions présidentielles. Ce qui ouvrirait encore davantage le boulevard d’un nouveau mandat à Déby. Sauf tremblement de terre, et il y en a ces temps derniers,  on voit mal qui arrêtera la machine Déby. Il est à espérer que l’opposition, à défaut d’être capable de battre le candidat du MPS à la présidentielle, puisse faire front commun de manière à devenir un contrepoids au parlement. Laisser la présidentielle à Déby. Ne rien lâcher sur les législatives. Tel est l’impératif catégorique qui s’impose à l’opposition politique si elle veut encore garder la tête hors de l’eau. C’est la démocratie tchadienne qui en sortirait grandie.

 

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laforcetranquille 03/03/2010 19:50


Je demanderai à monsieur Innocent de se taire à jamais car parler de la politique Tchadienne sans connaitre l'histoire politique de ce pays est un péché impardonnable. Je suis une personne qui est
contre les idées politiques de pouvoir sur place mais un journaliste qui vient de Cameroun ou les problèmes politiques ne manquent pas pour faire la morale politique à nos dirigent médiocres
soient-ils est inacceptable.