Dépenses militaires:Deby dépense 436 millions $ de l'argent du Tchad, soit 33% de plus qu’en 2008

Publié le par Waldar

Dépenses militaires mondiales

Le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), Think-tank de référence mondiale, nous livre comme chaque année sa “Bible rouge”, son Annuaire sur les armements, le Désarmement et la sécurité internationale (3 parties, 12 chapitres). Concernant la partie (n°2) consacrée aux « Dépenses militaires et d’armements en 2009 », le SIPRI indique « les dépenses militaires mondiales en 2009 ont totalisé un montant estimé à 1 531 milliards de dollars ». Focus sur ses dépenses qui ne cessent d’être à la hausse au fil des années… Décryptage : Le chiffre de 1 531 milliards de dollars ou 1 244 milliards d’euros correspond aux achats d’armements, aux coûts des opérations de maintien de la paix et des guerres menées en 2009 :

» En 2008, les dépenses militaires mondiales étaient estimées à 1 464 milliards de dollars, ce qui signifie une augmentation de 5,9% par rapport à 2009. » Les dépenses militaires mondiales en 2007 étaient de 1339 milliards de dollars. » Par rapport à 2000 l’augmentation est de 49%.

» Ce montant de 1551 Md $ représente 224 $ par habitant de la planète.

Vision Mondiale : Évidemment, les Etats-Unis sont numéro 1 avec le chiffre astronomique de 661 Md $, suivis de la Chine, dont le montant ne reste qu’une estimation 100 Md $, de la France (voir ci-dessous), du Royaume-Uni (58,3 Md $) et de la Russie (58,3Md $). L’Asie et l’Océanie, ont vu leurs dépenses augmenter le plus en 2009 (+8,9%) pour s‘élever à 276 Md $. Les Etats du continent africain ne faillissent pas à la règle avec 6,5% de plus par rapport à 2008 (avec 27,4 Md $). La production de pétrole peut être une source de conflit et nécessite la protection des différents sites, ou tout du moins est une justification pour certains pays africains d’augmenter leurs achats d’armes. Le SIPRI met en exergue trois États dans ce cas : l’Angola (3,2 Md $), le Tchad (436 millions $, soit 33% de plus qu’en 2008) et le Nigeria (1,5 Md $, une augmentation par rapport à 2000, de 101%).

La crise économique mondiale n’a quasiment pas affecté les dépenses militaires. L’exemple de la Grèce est ainsi caractéristique. Malgré ses difficultés financières, ses dépenses militaires ont varié sur la période 1999/2009 de 8 245 à 9 706 Md $. Maintenant que la faillite est officielle, Athènes poursuit ses investissements ou plutôt a décidé de les faire glisser sur les prochains mois, pour le grand bonheur de la France qui compte bien lui vendre “coûte que coûte” six FREM et 15 hélicoptères Super Puma, soit une facture de 2,5 milliards d’euros.

La France est sur la troisième marche du podium avec une dépense militaire pour l’année 2009 de 63,9 milliards de dollars :

» Ce montant représente une dépense de 1026 dollars par français. » La part des dépenses militaires françaises dans le monde est de 4,2% (43% pour les États-Unis, 6,6% pour la Chine). » Comparé à 2008, la France, déjà numéro trois, a diminué ses dépenses de 1.8 milliard $ (65,7 milliards $). » Mais comparé a 2007, la France a gagné une place (passant de la n°4 à la n°3) et augmenté ses dépenses de 10,3 milliards de dollars (53,6 Md $)….

Si l’on compare en milliards d’euros, entre 2000 et 2009, on s’aperçoit selon les chiffres donnés par le SIPRI, que la France n’a cessé d’augmenter sur ces 10 dernières années ses dépenses militaires : 36 702 (en 2000), 38 681 (en 2003), 42 690 (en 2004), 44 273 (en 2007).

GICAT : Le Groupement des Industrie de Défense terrestre vient également de publier son bilan d’activité du secteur pour 2009 et il est en parfaite concordance avec l’analyse du SIPRI : + 20% par rapport à 2008, soit un chiffre d’affaires de 5,26 milliards d’euros. Ce chiffre trouve son explication, en partie, dans le plan de relance de l’économie française. Et oui, « la Défense, est un acteur majeur de la relance ». La France a consacré 2,3 milliards d’euros de crédits supplémentaires au profit de la Défense sur la période 2009-2010. Une somme qui a été allouée à Nexter (VBCI), Panhard (Petit Véhicule Protégé) et aux chantiers de STX France à St-Nazaire (construction du BPC Dixmude)… Reste maintenant à savoir si consacrer autant d’argent à la production d’armes, est un investissement durable ?

 

alternatives-economiques
 Jean-Marie Collin

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