Emmanuel Nadingar est le 12ème PM. Que peut il faire ?

Publié le par Waldar


Tchad : Gouvernement de mission, les femmes aux portefeuilles importantes

Par Hibert Bénadji - www.lavoixdutchad.com


 
Ce gouvernement s’installe mais que peut-on attendre de lui lorsque tous ceux qui se sont succédé sous le régime MPS n’ont pas répondu aux attentes du peuple tchadien ? C’est toute la question.
 
En vingt ans de règne, Idriss Déby Itno a utilisé 11 Premiers ministres. Emmanuel Nadingar en est le 12ème.
NadingarDes 11 Premiers ministres passés, un seul a pu jouer le jeu du changement. Il s’agit du tout premier PM de transition (troisième du régime), Fidel Abdelkérim Moungar, dont le slogan était «Gouverner autrement». Celui-ci a mis en place une équipe de technocrates engagés à insuffler un véritable changement. Les finances de l’Etat étaient en voie d’être assainies, la démilitarisation et la dépolitisation de l’administration en voie d’être amorcées. Cela n’était pas du goût du locataire du Palais rose qui en avait marre de son Premier ministre et surtout de quelques membres caciques du gouvernement de l’époque, notamment Robert Royingam des Finances et Valentin Néatobeye Bidi de l’Intérieur. Le président Déby va alors solliciter le Conseil supérieur de transition (CST) pour se débarrasser du trio encombrant qui l’empêchait d’en faire à sa tête. Le vote d’une motion de censure éjectera l’équipe Moungar.
 
Après Fidel Moungar, 8 autres PM sont passés mais tous étaient des hommes de main de Déby, y compris des personnalités neutres qui se sont compromises après avoir goûté à la soupe. Ce n’est qu’à la faveur de l’Accord du 27 août 2007 qu’un gouvernement «d’ouverture et de combat» a été formé avec un Premier ministre, Youssouf Saleh Abbas, qui a fait l’unanimité autour de lui. Mais ce 11ème fusible de Déby n’aura pas les coudées assez franches pour opérer le changement qu’il souhaitait en matière de paix et de développement. Pour éviter de craquer comme les autres commis de l’Etat (le cas de Pascal Yoadimnadji), l’homme du consensus a dû rendre le tablier. Vient enfin Emmanuel Nadingar, à la suite des hommes de main du maître de N’Djaména. Cet homme vient d’ailleurs d’annoncer ses couleurs lors d’une manifestation de soutien au chef de l’Etat, organisée le 13 mars dernier à Doba par les ressortissants du Logone oriental.
 
Pour rappeler son parcours, Emmanuel Nadingar, qui était au départ de l’opposition et de toutes les luttes pour défendre les droits et libertés des citoyens, a dû à la longue (pression sociale oblige) regagner la mangeoire en fusionnant son parti avec le MPS. 
 
Le nouveau PM vient de rendre publique la liste de son gouvernement. Mais que peut-on attendre de ce gouvernement ? Au-delà de sa configuration et de la qualité des hommes qui le composent, l’opinion publique n’attendrait pas grand-chose de ce gouvernement. Cependant, il y a lieu d’espérer qu’il prendra à bras le corps les problèmes sociaux et économiques du pays, si sa mission n’était pas seulement d’aplanir le chemin pour permettre à Idriss Déby Itno de briguer un quatrième mandat.


Le gouvernement d’Emmanuel Nadingar, dont la liste est connue depuis le 9 mars dernier, compte 40 membres dont 9 femmes.


Dans ce gouvernement de mission, l’on note 13 départs, dont une femme contre 18 entrées. La première caractéristique de ce gouvernement du 9 mars composé au lendemain de la journée internationale de la femme est que le nombre de mamans, dont le vœu était d’arracher un tiers des postes dans le gouvernement, est passé de cinq dans l’ancienne à neuf dans la nouvelle équipe. Comme l’a reconnu un ministre sortant, les femmes, jugées plus attentives aux questions cruciales de la vie publique, se sont vu confier des portefeuilles si importants.Par Hibert Bénadji, collaborateur de la Voix.
 
Dr. Toufta Boguena (nouvelle) est nommée à la tête du département de la Santé publique, Mme Carmel Sou IV Ngarmbatina de l’Action sociale conserve son poste, Mme Fatimé Tchombi quitte la Fonction publique pour le département de la Micro-Finance, tandis que Mmes Khadidja Hassaballah et Mahadié Outhman Issa sont maintenues respectivement aux secrétariats d’Etat à l’Education nationale et à la Santé publique. Mme Assia Abbo est devenue ministre Secrétaire générale du gouvernement tandis que les trois autres nouvelles, membres du gouvernement, occupent des postes de Secrétaire d’Etat : Habiba Sahoulba aux Finances, Mariam Attahir à l’Agriculture et Naïma Moussa Abdel-Mouti à l’Action sociale.
 
Dans le nouveau gouvernement, l’opposition démocratique gagne un poste de plus. Le nombre de ministres de la CPDC passe de quatre à cinq avec l’entrée du représentant du RDP, Mahamat Allahou Taher nommé au Développement touristique. En dehors de Kamougué Wadal Abdelkader qui conserve son poste de la Défense nationale, les trois autres anciens ministres de la CPDC ont eu des permutations. Mbaïlaou Naïmbaye Lossimian cède le département de l’Agriculture à un ministre non membre de la CPDC, Albert Pahimi Padacké, précédemment aux Postes et Technologies de l’Information, poste qu’occupe actuellement Jean Alingué Bawoyeu remplacé à la Justice par son collègue de l’opposition. Hamid Mahamat Dahalob quitte le ministère de l’Aménagement du territoire pour celui délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Décentralisation.

Source : www.lavoixdutchad.com



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