EN VISITE A PARIS, IDRISS DEBY DECOUVRE LES CONTOURS D’UNE NOUVELLE POLITIQUE FRANCO AMERICAINE AU SOUDAN ET AU TCHAD……

Publié le par Waldar

Zoomtchad-Annoncée comme étant une visite privée, le séjour de Deby a présenté toutes les allures d’une convocation pour information. Cette visite s’est placée juste après le passage du Tchad devant le Conseil des droits de l’homme à Genève pour la revue annuelle sur la situation des droits de l’homme, la délégation tchadienne a sué sang et eau pour faire adopter son rapport, de l’aveu même du ministre Djasnabaye « nous avons eu beaucoup de difficultés à Genève… ». C’est dire qu’il a fallu que les soutiens du régime Deby, la France et certains pays de l’UE et l’UA mouillent leurs maillots pour qu’on y arrive.

Pour déférer à la convocation de Sarkozy, Deby a raté la cérémonie d’investiture d’ALI BONGO, quand on connait ses liens avec le régime du défunt père, c’est clair que l’ordre du jour était important. Le communiqué officiel de l’Elysée fait part de discussions portant sur les relations bilatérales et sur la situation de la sous région.

Presque concomitamment à sa présence en France, la nouvelle politique américaine au Darfour était rendue publique. L’administration Obama a déclaré privilégier désormais la négociation et souhaite appuyer les efforts de paix pour régler la question du Darfour.

C’est un virage à 90° et on s’achemine lentement et surement vers un enterrement de première classe du mandat d’arrêt de la CPI contre le président Soudanais. Cette nouvelle donne aura d’importantes répercussions au Tchad, dans la mesure où les USA et la France agissent la main dans la main au Darfour.

Idriss Deby a confirmé, sans grand enthousiasme, il faut le souligner, qu’un accord avec le Soudan avait été trouvé récemment sur un éloignement des rebelles Tchadiens de la frontière, le Tchad quant à lui s’étant engagé à permettre selon Deby qu’une délégation oudanaise « se rende au Tchad, comme on dit que les rebelles Soudanais y sont armés et équipés…» a précisé Deby. Ses propos ont été totalement confus, on se demande si la délégation soudanaise se rendra à Amdjarass pour rencontrer les rebelles soudanais et discuter avec eux ou dans l’esprit de Deby, les Soudanais peuvent se présenter au Tchad et constater qu’aucun rebelle ne s’y trouve… voilà peut être la raison des multiples séjours de Deby dans la zone depuis 2 mois, se concentrer pour diluer les éléments Darfouris.

Relevons que l’accord avec le Soudan n’a pas été rendu public par le Tchad, étonnant ! Surtout que l’initiative est venue du Soudan par l’envoi d’un émissaire d’El Bechir auprès de Deby. On a comme l’impression que le Soudan a entamé des négociations avec les Américains et les Français en premier et dans un second temps, s’est rapproché du Tchad.

Ensuite, il est revenu à la France de demander au soldat Deby de s’aligner sur cette nouvelle politique. Sarkozy connu pour être sans pitié quand il s’agit d’obtenir quelque chose, a bien préparé la convocation; quelques peaux de banane ont été savamment posées sur le tapis rouge, histoire de fragiliser Deby, c’est ainsi que les ONG ont lancé une offensive contre lui, l’affaire IBNI évoquée de nouveau, sans compter les 8 milliards de FCFA dépensés pour acheter des armes, allusion à une mauvaise gouvernance et c’est bien la première fois qu’une information qu’on peut considérer comme sensible, est rendue publique et la touche finale c’est l’éventualité de la fermeture de la base militaire française au Tchad, une vraie bombe si la chose se réalisait.

Cela fait un peu beaucoup pour une visite privée au terme de laquelle les autorités françaises ont fait savoir qu’elles ont exigé des élections législatives irréprochables qui sont encore bien loin. Sans doute, une volonté de montrer un changement de ton vis-à-vis de Deby histoire de faire passer les amères pilules à venir.

Idriss Deby était dans tous ses états, du haut de ses centaines de chars, il se prenait pour une puissance et pensait mériter d’être traité avec respect.

Au lieu de cela, on l’a secoué comme un cocotier, même le journaliste de RFI Boisbouvier n’a pas hésité à montrer son exaspération quand il a compris que Deby voulait se défouler sur lui en engageant cette partie de ping pong au sujet de l’utilisation des mots « rebelles Tchadiens » par le journaliste au lieu de « mercenaires » comme l’aurait souhaité Deby.

Idriss Deby n’a pas encore pleinement profité de l’accalmie sur le front militaire qu’on vient lui chauffer les oreilles, lui qui désormais bombe le torse et pointe sa canne vers le ciel. Les intérêts des pays occidentaux au Darfour lui ont valu un soutien qui lui a permis de sauver la mise à plusieurs reprises, la nouvelle politique franco-américaine dans la sous région au fur et à mesure qu’elle se dévoilera, lui réservera quelques surprises désagréables.

Selon certaines informations, l’administration OBAMA souhaite que la CPI atténue considérablement son action qui n’est plus crédible quand les plaintes contre Israël restent dans les tiroirs alors que 13 mandats d’arrêt concernent le seul continent Africain sans compter que 3 membres du Conseil de Sécurité à savoir les USA, la CHINE et la RUSSIE n’ont pas reconnu la CPI, ce qui pose un vrai problème.

Alors les juristes ont planché et proposé de se baser sur le principe de complémentarité prévu par les textes de la CPI et qui consiste en la possibilité d’arrêter une procédure en cours (par exemple celle contre le président Soudanais) pour favoriser une politique de main tendue, de réconciliation.

Comme chacun sait, le Droit est avant tout au service de la Politique.

La Rédaction



Commenter cet article