Etat des lieux politique au Tchad

Publié le par Waldar

Assileck_Matt-3.JPGPour une fois, le Tchad, notre pays échappe aux voix des ténèbres. Pour une fois les nouvelles  ramènent avec elle une brindille de lumière. Cette fois, le Tchad retrouve une actualité qui n’exprime pas la violence, ne drainant pas la guerre, la mauvaise gouvernance, la famine et les cycles infernaux des violations de droits de l’homme.

 

Chapeau et merci à notre compatriote Mahamat Saleh Haroun, pour le prix du Jury à Cannes.

« L’homme qui crie » exprime cette douleur qui est en chacun d’entre nous, dans l’émotion et les peines, dans l’espoir et les pleurs vers un autre avenir.

Merci pour le rêve…

 

Au-delà de ce havre d’espoir, le Tchad traverse des moments assez tumultueux par les faits des hommes qui érigent son État. La guerre des clans prend forme au dessus de la raison, et l’homme singulier qui comme moi et vous cherche son labeur voit les lacunes du quotidien encore s’éloigner.

 

La guerre dans notre pays est une besogne qui sonne comme une cloche, tant les mesures de l’injustice sont criantes. Car sinon, comment comprendre la déraison de la parcimonie. Comment accepter d’être soumit à cette forme de dépendance, de délinquance intellectuelle tarifée, quand cette infime plaie, une gangrène nouvelle venue, vous effrite de votre dû, de votre raison de disposer d’une simple jouissance sociétale.

 

La fracture sociale nous mènera inéluctablement vers des travers sombres. J’y vois personnellement le spectre d’une guerre civile entre la masse populaire appauvrie et irritée, et la gangrène ci-haut citée et aussi avec des rébellions armées venant chacune de son côté pour le pouvoir. Beaucoup de tchadien se trouve léser, exclu et anéanti. Ceux-là demeurent un lit acerbe capable d’exploser à tout moment. Le Tchad ne dispose pas d’un plan d’avenir tant ses prédispositions sont faites sur la nature du présent. Le présent de l’enrichissement personnel et de la dilapidation des biens publics. Aux supplices de l’errance de chacun d’entre nous, de la feinte de l’ignorance, nous conduirons nos diverses communautés à l’affrontement, loin des éthiques de la république.

 

Tchadiens nous sommes, et pourtant tout nous diverge. Nos divergences sont multiples et inappropriées tout comme nos méthodes et comportements envers autrui. Les pavés communautaristes n’ont jamais fait éclore des grandes élites. Les hommes, les vrais avaient fondé leur essor dans les lits unitaires bravant les socles des grandes adversités. Pourtant, les reclus claniques sont devenus nos retranchements identitaires, et notre société s’éduque à semer la discorde sous l’œil complice des intellectuels nervis, faisant de ce summum la rampe d’un devenir clanico ethnique. Ce phénomène grandissant dans le giron d’une espèce débyfole qui ne s’en inquiète point et pourtant.

…Au risque de surprendre, et surtout quand c’est moi qui l’exprime.

 

Je dirais que pour sauver le Tchad de ses méandres d’aujourd’hui, il n’y a qu’Idriss Deby Itno qui puisse le faire, avec parcimonie - méthode et tolérance. Je m’en explique.

 

La méthode définit la nature singulière du rôle d’un chef d’État. Celui qui de par sa position doit s’élever au-dessus de tous et prôner la paix sincère et réelle. Accepter d’aller s’assoir avec ses compatriotes, ses opposants politiques et militaires, sa diaspora et toutes associations du Tchad, déterminera sans doute le cheminement qui fera panser les blessures. Demander pardon à son peuple pour les maux commis, les erreurs et réparer les dommages des crimes. Mais, on ne peut vouloir ou faire semblant de régler des problèmes aussi sérieux par des à  peu près péjoratifs, coptant des chefs de clans, de tribus ou sinon se fendre dans les divisions de gens venant du même horizon afin de rendre son règne pérenne. Une table ronde inclusive s’impose de fait.

 

Nous sommes face à des grandes équations qui rendent insoluble la vision arithmétique de notre cohésion sociale dans l’avenir. Le changement, nous le voulons et le prônons au risque des sacrifices les plus profonds, d’abord par principe étymologique et ensuite par la nature singulière du droit à la pensée. La pensée socle naturelle de notre existence, cette pensée ne nous distrait plus, car nous le disons encore que la lutte est légitime quand il y’a droiture, idéologie et discipline. Aucun de ces mots ne forme l’essence de la lutte armée dans sa configuration actuelle. Nous nous sommes adossés à la lutte armée que nous cautionnons dans notre quotidien, parce qu’elle demeure la voie lactée face aux antipodes d’un régime prôné par un homme qui ne connait que le néant de l’exemplaire. Nous continuerons la lutte sous toutes les formes tant que la dictature sévira.

 

Avec ou sans le pouvoir actuel, la guerre civile se pointera si notre attention demeure superflue tant les antagonismes sont immenses.

 

C’est pourquoi nous disons sans ambages que le dictateur Deby Itno est le seul à sauver le Tchad dans sa configuration actuelle. Mais… connaissant la médiocrité de l’homme et son esprit à se limiter sur des choses égocentriques.

Alors nous ne sommes pas sortis de l’ornière.

 

ASSILECK HALATA Mahamat

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