Evénements tragiques de Guinée - La France a fait pire en Côte d`Ivoire et ailleurs en Afrique

Publié le par Waldar


Depuis les événements de Guinée, la bonne société française s'est laissée émouvoir. Pourtant en Côte d'Ivoire, Chirac a fait pire que ça.


Le monde entier a été ému. Parce que cela ramène à "l'Etat sauvage", comme l'a titré le confrère panafricain "Jeune Afrique" qui prétend avoir mené une enquête en Guinée, après les événements tragiques du stade du “ 28 septembre ” à Conakry. Là où les autorités guinéennes parlent de près d'une soixantaine de morts, les médias français toujours prêts à attiser le feu dans les situations de crise en Afrique, parlent de plus de 150 morts. Et ils citent des Ong que jusque-là, ils refusent de nommer. En fait, tout se fait et se dit comme s'ils attendaient le Président guinéen au carrefour. Depuis ces tristes événements, l'homme subit un véritable lynchage médiatique. Rfi, Tv5 et France 24, en font à longueur de journée leur choux gras. Aucun journal sans Dadis Camara qui est accusé d'être le principal instigateur de ce carnage. Le ferait-il dans quel intérêt ? Personne ne se pose cette question. L'essentiel est de broyer le jeune Président guinéen. " La France veut prendre les choses en main en Guinée. C'est une occasion pour elle de faire chanter Dadis Camara ". Explique un diplomate en poste à Abidjan. Juste au lendemain de ces événements, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, le " french-doctor " au passé sulfureux, s'est invité dans la tragédie guinéenne avec un discours plein d'arrogance. Comme un criminel accusant les autres. " La France ne peut plus travailler avec Dadis Camara" s'est-il permis de dire. En invoquant l'idée d'une force d'interposition à Conakry. Comme si une force d'interposition a une fois résolu un problème dans le monde. En réalité, après plusieurs tentatives infructueuses de renverser Dadis Camara, la France veut s'offrir la caution de la communauté internationale pour avoir la peau du Président guinéen. Evidemment, l'idée d'une force d'interposition commence à faire son chemin dans la presse hexagonale, et la presse dite panafricaine est à ses ordres. Le jeudi dernier, le confrère Yérim Seck de " Jeune Afrique " a soutenu cette idée sur " France 24 " qui, pour dépecer Dadis Camara, a reçu sur son plateau, des invités qui ne récitaient que le discours de l'Elysée. En clair, la France des Droits de l'Homme est en émoi. Une émotion à double vitesse. Car au même moment, l'Elysée réclame à cor et à cri, la libération en Suisse du cinéaste Romand Polanski accusé pourtant de viol de mineure. C'est cela la réalité dans les couloirs de l'Elysée. L'émotion se fait au gré des intérêts. En novembre 2004, Jacques Chirac en ce temps-là président de la France, a fait tuer plus de 80 jeunes ivoiriens qui manifestaient devant l'Hôtel Ivoire. Un vrai massacre digne d'un " Etat sauvage ". Et qui ferait tomber n'importe quel gouvernement d'un pays dit démocratique. En France, cela a été pourtant applaudi. Parce que les Ivoiriens ne sont même pas des négros. Ce sont des noirs tout court. Aucun média français ne s'est laissé émouvoir. Et "Jeune Afrique " qui veut aujourd'hui, jouer les professionnelles en Guinée, n'a pas eu les mots qu'il fallait pour qualifier ce massacre. A Paris, il y a la menace des impôts qui pesaient sur sa tête. Bien au contraire, la victime a été condamnée par le monde entier. Et même par les organisations des Droits de l'Homme qui, depuis Paris, se jouent les procureurs sur le continent. Une soixantaine de tués à Conakry devient donc un crime contre l'humanité, imputable directement à Dadis Camara. Alors qu'en Côte d'Ivoire, le même crime qui s'évalue à plus de 80 jeunes tués devient un fait banal. Et quelques acteurs de ce massacre sont encore dans le gouvernement français, sans que cela ne heurte la France moralisatrice qui veut civiliser le continent africain. En clair, l'Empire s'est laissé émouvoir par ce qui s'est passé en Guinée. Elle aurait été dans sa logique si elle avait été choquée par les crimes de Chirac à Abidjan.

Guéhi Brence
gb08301660@yahoo.fr

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