La vision noire de RFI au Tchad

Publié le par Waldar


" Paris - Ndjaména, allers-retours "

Stéphanie BRAQUEHAIS.

Nous apprenons par mail, la parution d’un livre d’une journaliste de RFI qui a été en poste au Tchad pendant 2 ans(2004 -2006). C’est bien, la première fois qu’une journaliste de RFI écrit sur le Tchad mais déjà le titre parle de lui-même, il ne peut s’agir d’une réflexion politique ou même d’un témoignage journalistique sur notre pays, l’intéressée étant toujours dans la maison RFI (en poste au Kenya). Un ami me balance, c’est certainement du bla bla.

Ecrit dans un style narratif, le livre s’étend sur 246 pages, sans réelle construction dans le récit de son séjour tchadien, on passe un peu du coq à l’âne. L’absence de tout humour, rend la lecture parfois lourde et ennuyeuse, on a envie plus d’une fois de tourner les pages plus vite.


Stéphanie Braquehais (SB) raconte les difficultés et toutes les incommodités de sa vie quotidienne au Tchad, climat infernal, absence d’eau, électricité inexistante, aucun confort, pas de loisirs, routes cahoteuses, véhicules catastrophiques et arnaques en tout genre. Bref, un pays où rien ne marche où les occidentaux qui y sont, le vivent comme une punition. Une vie de problèmes sans fin et totalement épuisante.

A suivre son cheminement à Ndjamena à travers ses relations, le choix de celles-ci montre jusqu’à quel point la journaliste a été bien briefée pour éviter certains milieux et certains quartiers. Ainsi son immersion dans un quartier populaire, motivée par un esprit d’indépendance comme elle le laisse entendre, est plutôt un préalable pour tisser des relations avec des gens du pays, pour obtenir des infos.

Comment peut-on être journaliste chargé de couvrir l’actualité politique, économique et sociale d’un pays et pourtant de tout faire pour éviter de parler de son métier. Et pourtant c’est bien la prouesse réussie par SB, pas un mot sur l’exercice quotidien de son métier de journaliste confrontée à des problèmes de sources d’information, de vérification d’informations, de ligne éditoriale, d’équilibre et d’objectivité. Quid de la censure de RFI, de ses relations avec l’ambassade de France, avec les militaires français, partie prenante au conflit inter-tchadien.

Rien du tout, black out, dans ces conditions, l’agacement voire son irritation devant le fait que les tchadiens ne veulent pas croire qu’une journaliste pouvait travailler à RFI et être indépendante, est quelque peu exagérée ,en tous cas, la démarche la plus simple eut été d’user de cette liberté qu’elle prétend avoir dans l’exercice de son métier.

Interpellée par certains journalistes tchadiens sur la politique française au Tchad, elle leur fait remarquer que dans d’autres pays les gens manifestent contre le régime, qu’attendez-vous donc ? Au lieu d’accuser la France de tous vos maux !

La journaliste de RFI a vertement critiqué la presse privée tchadienne, qu’elle juge excessive dans ses critiques contre le régime Deby. Elle raconte qu’à Adré, Deby a distribué 1 million de fcfa à tous les journalistes présents, y compris elle, soulignant que pour sa part, elle s’est rapprochée du protocole pour dire qu’elle ne pouvait accepter cet argent mais sans dire si elle a finalement rendu cet argent et à qui. La journaliste de RFI rajoute que les journalistes tchadiens étaient eux «concentrés à compter les billets ».

Pendant deux ans, SB a fait connaissance avec des gens utiles pour son job ou pour se faciliter la vie. En sillonnant la ville, on sent que les oreilles de la journaliste ont plus d’une fois sifflé, on la sent piquée au vif, elle, la représentante de la voix de la France .

Pourquoi cristallise t-elle autour de sa personne ce ressentiment qu’elle sent à son égard et qui émane de personnes de la société civile ? Parce que tout simplement sa posture dans l’exercice de son métier s’est résumée à défendre la politique française au Tchad (c’est la mission première de RFI me diriez-vous), tout en développant largement l’idée que l’opposition est insignifiante, que la presse privée exagère ce qu’elle rapporte sur le régime Deby, tout en ménageant le pouvoir de Deby .

A qui SB a-t-elle donné la parole ? A l’ambassadeur Bercot, est-ce innocent ? Au ministre de la défense Mahamat Ali Abdallah, à Ali Abderaman Haggar appartenant au clan au pouvoir, à Ismael Ben Chérif alias Abakar, proche du régime dont on apprend qu’il aurait quitté le Tchad pour la France en 1980 pour fuir le régime de HH (avec une avance de 2 ans sur l’arrivée au pouvoir de HH). Les tchadiens nous étonneront toujours.

Voilà, comment SB a décrit la bande à Ismael Ben Chérif (IBC), des gens qui ont occupé des postes avec Deby et qui se sont considérablement enrichis, des contestataires de salons, je ne sais toujours pas ce qu’ils veulent, ils participent aux campagnes du MPS, histoire de manger …..me disent-ils, ils mangent beaucoup…conclut- elle.

Bien entendu, la journaliste de RFI ne fréquente pas l’opposition démocratique, aucun n’a eu droit à la parole, faisant honneur à son statut de journaliste gouvernemental, elle ne pouvait rater l’affaire HH, relatée en donnant la parole à Ismael Hachim, quoi de neuf ? Sinon la rengaine de la francafrique relayée par une journaliste maison qui se contente de faire coïncider ses idées à celle de la maison pour le grand bonheur d’une carrière naissante et prometteuse à coups surs.

Enfin, on constate que SB n’est pas très fidèle en amitié, ses relations ont été très intéressées, utiles pour son travail, ou pour passer de bons moments en se faisant inviter pour manger, sollicitée par ces amis tchadiens pour de petits services, elle n’a rien fait, absolument rien, c’est ce que l’on appelle exploiter intelligemment des gens en profitant de leur naïveté et de leur générosité.

Ce qui frappe avant tout, dans ce livre, c’est qu’il n’y a rien de positif ni sur le pays ni sur ses populations, beaucoup de ressentiment refoulé pendant son séjour et qu’on perçoit ici et là au détour d’une phrase. Porter sur ses épaules RFI, « la France » au Bénin, au Togo, au Kenya passe encore, mais au Tchad c’est un immense fardeau…… misères d’une journaliste gouvernemental.

 

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