Le Tchad revient à une loi moins répressive sur la presse

Publié le par Waldar

NDJAMENA — Les députés tchadiens ont rejeté mercredi un projet de loi sur la presse qui devait remplacer une ordonnance prise au lendemain de l'offensive rebelle sur N'Djamena en février 2008 et considérée comme "répressive", pour revenir à une loi plus souple datant de 1994.

"Désormais, l'ordonnance 5 est caduque et c'est la loi du 29 d'août 1994 qui sera en vigueur", a affirmé le président de l'Assemblée nationale Nassour Guelingdouksia.

Le projet de loi a été rejeté par 31 des 72 députés présents (23 votes en faveur, 18 abstentions). Une partie des députés de la majorité ont voté le rejet ou se sont abstenus, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'ordonnance 5, qui pénalisait de nombreux délits de presse, avait été prise après l'attaque des rebelles tchadiens venus du Soudan qui avaient atteint les portes du palais présidentiel à N'Djamena, étant tout près de renverser le régime du président Idriss Deby Itno.

Le projet de loi visait à atténuer les peines mais ne dépénalisait pas les délits. Par exemple, l'ordonnance 5 punissait de "2 mois à 5 ans de prison les crimes et délits commis par tout moyen de communication" alors que le projet de loi faisait passer la peine à "1 à 3 mois".

"La nouvelle loi (projet de loi) est tout aussi répressive que l?ancienne (ordonnance)", a souligné lors des débats le député Saleh Kebzabo, porte-parole de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC, coalition de l'opposition).

"Cette loi (...) contient de nombreuses dispositions vicieuses. C'est une copie de l'ordonnance 5", a estimé le député du Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès, parti d'opposition, Mallah Houlou Yakéma.

"Comment pouvons-nous réprimer la presse aujourd?hui alors que cela fait 20 ans que nous l?avons tolérée?", s'est interrogée Elise Loum, membre du Mouvement patriotique du Salut (MPS) du président Deby.

"Cela fait 20 ans que la presse tire à boulets rouges sur le président. Est-ce que cela a constitué un frein à l?avancement de notre démocratie?", a réagi le député Adoum Dangaï Noukour Guet, également membre du MPS.

Evariste Ngarlem Tolde, président de l'Union des Journalistes Tchadiens, s'est déclaré "soulagé" par le rejet de la loi.

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