Les juges français ont terminé l'enquête sur l'affaire de l'Arche de Zoé

Publié le par Waldar

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PARIS (AFP)
- Les juges d'instruction chargés de l'enquête sur les membres de l'association l'Arche de Zoé, soupçonnés d'avoir tenté d'exfiltrer 103 enfants du Tchad vers la France en octobre 2007, ont bouclé leurs investigations début septembre, a-t-on appris mercredi de sources proches du dossier.

Les parties disposent désormais de trois mois pour demander aux juges Yann Daurelle et Martine Vezant d'éventuels actes complémentaires avant que le parquet de Paris ne prenne ses réquisitions.

Six membres de cette petite association française, dont son président Eric Breteau, avaient été arrêtés le 25 octobre 2007 à Abéché, région frontalière du Darfour soudanais alors qu'ils s'apprêtaient à exfiltrer 103 enfants vers la France.

Condamnés deux mois plus tard à N'Djamena à huit ans de travaux forcés, les membres de l'Arche de Zoé avaient été rapatriés en France pour purger leur peine avant d'être graciés le 31 mars 2008 par le président tchadien Idriss Deby Itno.

Parallèlement, la justice française avait ouvert une enquête pour escroquerie, aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers et exercice illégal de l'activité d'intermédiaire en vue d'adoption, ce dernier délit étant passible de dix ans d'emprisonnement et 750.000 euros d'amende.

Début 2008, quatre membres de l'Arche de Zoé, Eric Breteau, sa compagne Emilie Lelouch, un médecin, Philippe van Winkelberg, et un logisticien, Alain Péligat avaient été mis en examen par les juges parisiens. L'association a elle aussi été mise en examen comme personne morale pour ces mêmes chefs.

Les magistrats ont toutefois considéré qu'il n'y avait pas de charges suffisantes pour poursuivre les autres membres de l'Arche de Zoé condamnés au Tchad. Une infirmière, Nadia Merimi, et l'autre logisticien de l'équipe, Dominique Aubry, ont ainsi été placés sous le statut de témoin assisté.

"On est dans l'attente du réquisitoire, on ne peut pas dire que l'instruction ait été particulièrement vivante. Ils n'ont été convoqués qu'une fois", a affirmé Me Jean-Claude Guidicelli, avocat de MM. van Winkelberg et Péligat. "Le dossier tchadien est inexistant, c'est une affaire montée de toutes pièces. Je ne vois pas pourquoi, le volet français serait meilleur", a-t-il estimé, évoquant une "enquête alibi".

Les mis en examen soutiennent avoir agi de manière désintéressée, altruiste, pour sauver des orphelins de la région soudanaise du Darfour, frontalière du Tchad, en proie à la guerre civile. Après enquête, des organisations humanitaires internationales avaient déclaré que la majorité des enfants n'étaient pas orphelins et ne venaient pas du Darfour.

Eric Breteau et Emilie Lelouch, les animateurs de l'association, ont été une nouvelle fois mis en examen dans ce dossier pour escroquerie à la suite de plaintes de cinq bénévoles qui avaient été envoyés au Tchad en septembre 2007 par l'association humanitaire et estiment avoir été dupés sur les motivations réelles de l'association.

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