Les rebelles tchadiens, « grands perdants de ces accords

Publié le par Waldar

TCHAD - CONSÉQUENCE DU RÉCHAUFFEMENT DIPLOMATIQUE AVEC LE SOUDAN


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Le réchauffement des relations entre le Tchad et le Soudan resserre l’étau sur la rébellion tchadienne au Darfour, déjà affaiblie et tributaire de Khartoum pour tenter une opération militaire contre N’Djamena.

Le Soudan et le Tchad, qui s’accusent mutuellement depuis cinq ans de soutenir la rébellion hostile à leur pouvoir, ont signé la semaine dernière un « accord de normalisation » assorti d’un « protocole de sécurisation des frontières ».

En clair, le Tchad doit cesser le soutien à la rébellion du Darfour, région voisine de l’ouest soudanais en proie à la guerre civile, et le Soudan à la rébellion tchadienne qui a fait du Darfour soudanais sa base arrière.

Les deux pays promettent de créer une force mixte à la frontière afin d’empêcher les infiltrations de rebelles tchadiens venant du Darfour soudanais et de rebelles du Darfour en provenance du Tchad.

Le Tchad et le Soudan avaient déjà signé des accords visant à normaliser leur relation et à sécuriser leur frontière commune, mais leur mise en œuvre était restée lettre morte.

Les rebelles tchadiens, « grands perdants de ces accords »
« Cette fois-ci, ça a l’air sérieux. Les deux pays en ont besoin en ce moment. Le Tchad se dirige vers des élections législatives en novembre et une présidentielle en avril 2011, alors que des élections sont prévues en avril au Soudan, puis un référendum en janvier 2011 », sur la sécession du Sud-Soudan, explique un diplomate sous le couvert de l’anonymat.

Ce réchauffement des relations entre Khartoum et N’Djamena pourrait porter un coup dur à l’Union des forces de la résistance (UFR), regroupement des principales factions de l’opposition armée tchadienne.

« Les rebelles tchadiens n’ont pas de moyens propres pour lancer une offensive, les Soudanais peuvent les contrôler assez facilement (...) Ce sont les grands perdants (de ces accords)», souligne Roland Marchal, du Centre d’études et de recherches internationales (CERI) à Paris.

Le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), un des principaux groupes rebelles du Darfour, est « plus autonome » par rapport au pouvoir tchadien que les rebelles tchadiens le sont de Khartoum, résume-t-il.

Le JEM a quelques assises au Darfour alors que l’essentiel de la rébellion tchadienne est actuellement cantonnée à Mellit, dans le Darfour, à quelque 200 kilomètres de la frontière tchadienne.

Les troupes de l’UFR avait coordonné en mai 2009 une vaste offensive armée contre le pouvoir tchadien, mais s’étaient cassées les dents contre une armée mieux équipée et entraînée.

Si elle semble sérieuse et à la faveur des deux parties, la normalisation en cours des relations tchado-soudanaises, jugée essentielle à une résolution du conflit au Darfour, demeure fragile.

« C’est une année de répit, est-ce que ça tiendra après 2011?», s’interroge un diplomate occidental. « Sur le fond, rien n’est réglé », renchérit M. Marchal.


 Le QuotidienUFR-membres-copie-1.jpgLa rébellion tchadienne, essentiellement implantée au Soudan, et très dépendante de Khartoum, a du souci à se faire
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