Tchad: aide à la subsistance pour panser les plaies

Publié le par Waldar

« Les religieuses et mères d’Afrique portent notre continent sur leur dos et dans leur cœur », disait Sœur Elisa Kidané, d’Érythrée, en octobre à la Seconde assemblée spéciale du Synode des évêques pour l’Afrique, à Rome.

Les « religieuses et mères d’Afrique » – ce sont aussi les religieuses qui pansent les plaies physiques et psychologiques partout sur le continent noir, qui soignent les malades, font office de mères pour les orphelins, partagent avec les affamés le peu qu’elles ont elles-mêmes, vivent et enseignent la Parole de Dieu, défrichent les terres avec amour afin de faire pousser la semence de la Bonne Nouvelle, et qui aident avec le sourire la population à porter ses fardeaux. Elles donnent des cours dans les écoles et les maisons, apprennent aux femmes à lire et à écrire, leur enseignent à subvenir aux besoins de leurs familles, forment les catéchètes, préparent les croyants aux sacrements, procurent du réconfort, redonnent courage et s’engagent en faveur de la justice et de la paix.


Les religieuses du Tchad investissent également le domaine de la santé. : Photo AED

Les religieuses du Tchad investissent également le domaine de la santé.

Photo AED

Tout cela, les 32 religieuses qui servent Dieu et les Hommes dans le diocèse de Sarh au sud du Tchad le font aussi. Elles appartiennent à plusieurs communautés différentes. L’Église catholique au Tchad est encore jeune : ce n’est qu’en 1929 que le premier missionnaire y est arrivé, et en 1957 que le premier prêtre indigène a été ordonné, le deuxième l’a été 13 ans plus tard. Avec une proportion de plus de 56 pour cent, les musulmans constituent la plus grande communauté religieuse du pays. On peut s’en rendre compte partout, car même là où il n’y a que trois ou quatre maisons qui sont réunies, il y a une mosquée. Cependant, la proportion des catholiques dans la population s’élève maintenant à plus de 20 pour cent. Toutefois, il n’est pas facile de trouver des vocations féminines, étant donné que la plupart des filles ne vont pas à l’école, et qu’il est considéré comme une évidence que plus tard elles se marieront.

Sœur Flavia, des Sœurs de Saint Joseph, nous écrit : « Les gens nous aiment et ont de la considération pour nous, et nous donnent le sentiment d’être les membres d’une seule famille, malgré les différences de cultures, de traditions et de langues ». Elle indique toutefois que dans la région, on en arrive sans cesse à des conflits entre agriculteurs et éleveurs de bétail, et qu’à cet égard « on ne peut trouver aucun signe de justice ». Le droit du plus fort est de rigueur, et personne n’a de prise sur le plus fort. Les hommes sont découragés et passifs, rapporte-t-elle. À cela s’ajoute la faim qui est causée par la sécheresse ou par des précipitations torrentielles et destructrices. La pauvreté a pour conséquence que la plupart des enfants ne vont pas à l’école, mais doivent garder le bétail. Une situation qui crée un cercle vicieux : la pauvreté conduit à un manque de formation, et le manque de formation conduit à son tour à la pauvreté.

 

L'éducation: la clé pour sortir de la pauvreté. : Photo AED

L'éducation: la clé pour sortir de la pauvreté.

Photo AED

 

Les religieuses tentent de sensibiliser les gens à ces liens de cause à effet. Ce n’est pas facile, car beaucoup d’entre eux sont profondément enracinés dans leurs traditions et sont méfiants à l’égard des évolutions nouvelles. Les religieuses doivent ici accomplir quelques efforts de persuasion.

Le Tchad fait partie des pays les plus pauvres de la terre, 80 pour cent de la population y vit au-dessous du seuil de pauvreté. L’évêque de Sarh, Edmond Djitangar, sait à peine comment subvenir aux besoins des prêtres, des catéchètes et aux autres besoins de son diocèse. Il ne peut aider les religieuses qu’avec très peu et nous demande du soutien, ce que nous lui avons promis afin que les religieuses, qui au Tchad « comme religieuses et mères, portent le continent Africain sur leur dos et dans leur cœur », puissent continuer à servir Dieu et leurs prochains vigoureusement, affectueusement et avec dévouement.

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