Tchad/Ibni: les députés français exhortent Paris à faire pression sur N'Djamena

Publié le par Waldar

Les députés français ont adopté jeudi à l'unanimité une proposition de résolution pour inciter Paris à faire pression sur le gouvernement tchadien afin que soit révélé le sort de l'opposant tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh.

Secrétaire général du Parti pour les libertés et le développement (PLD) et porte-parole de la coalition de l'opposition tchadienne, M. Ibni a été arrêté le 3 février 2008 à son domicile par des militaires tchadiens, après une attaque avortée de la rébellion sur N'Djamena.

A la suite d'une mobilisation internationale, et notamment de l'intervention du président français Nicolas Sarkozy, une commission d'enquête tchadienne a été mise sur pied. Elle a rendu des conclusions en septembre 2008 sans éclaircir véritablement les conditions de la disparition de M. Ibni.

Elle recommandait cependant au gouvernement tchadien la création d'un "Comité de suivi" où serait représentée la communauté internationale afin d'approfondir l'enquête.

"Ce que nous réclamons, a déclaré l'auteur de la proposition, le député socialiste Gaëtan Gorce, c'est l'application des conclusions de la commission d'enquête qui demandaient au gouvernement tchadien d'instituer ce +Comité restreint de suivi+ avec représentation de la communauté internationale".

"Nous ne pouvons nous résigner à ce que, dans un pays où la France exerce une telle influence, un homme tel que M. Saleh ait pu disparaître au nez et à la barbe des autorités diplomatiques et militaires françaises", a-t-il ajouté.

"Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour faire aboutir l'enquête sur les événements de 2008", a pour sa part déclaré le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.

"Je partage ce souci de vérité qui vous anime", a-t-il dit avant d'ajouter: "il ne faudrait pas que, sous couvert d'excellents sentiments, nous en arrivions à galvauder les progrès accomplis dans ce pays" qui "consolide son état de droit".

"Il est normal de demander que justice soit faite mais il serait absurde d'interférer sur le cours de la justice d'un Etat indépendant", a-t-il ajouté.

"La famille est satisfaite. Les réalités et les vérités vont apparaître", s'est réjoui Moussa Mahamat Saleh, cousin d'Ibni Oumar Mahamat Saleh, au nom de la famille, dont quelques membres étaient présents à l'Assemblée.

"Le gouvernement français est obligé de se plier à la décision du Parlement. C'est la voix du peuple français. C'est historique. Peut-être que ça donnera d'autres idées pour d'autres chefs d'Etat qui s'accrochent au pouvoir depuis trop longtemps", a poursuivi Moussa Saleh, joint par l'AFP au téléphone au Tchad depuis Libreville.

"Qu'est devenu Ibni Oumar Saleh? Où est-il? On va enfin arriver à la vérité", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il espérait que son parent était encore en vie. "Mais, s'il est mort, qu'on nous restitue le corps pour qu'on puisse faire notre deuil".

AFP

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