Tchad: l'ONU temporise avant la réduction des effectifs de la Minurcat

Publié le par Waldar

NEW YORK — Le Conseil de sécurité de l'ONU a différé mercredi de deux semaines sa décision sur la réduction des effectifs de la Mission de l'ONU en République centrafricaine et au Tchad (Minurcat), exigée par le gouvernement tchadien mais qui suscite l'inquiétude de l'ONU et des ONG.

Dans une résolution adoptée à l'unanimité de ses quinze membres, le Conseil a prorogé jusqu'au 26 mai sans le modifier le mandat de la Minurcat, qui allait expirer samedi, pour se donner le temps d'"examiner soigneusement" les recommandations du secrétaire général, Ban Ki-moon, relatives à la révision de ce mandat.

Ces recommandations reprennent les grandes lignes de l'accord conclu le 23 avril à N'Djamena entre le Tchad et la Minurcat, prévoyant la réduction de la composante militaire de la force à 1.900 hommes -- 1.400 militaires et 500 éléments de soutien -- et son maintien sur place au moins jusqu'en octobre.

A partir du 15 octobre, les forces restantes devraient progressivement se retirer.

D'autre part, le mandat de la Minurcat ne devait plus inclure, à partir du 16 mai, la protection des civils, tâche que le gouvernement tchadien veut se réapproprier.

Cet accord avait résulté de négociations ardues avec le Tchad, dont le président Idriss Déby Itno s'opposait au renouvellement du mandat de la Mission, qu'il considère comme un échec.

Actuellement composée de 3.300 soldats, la Minurcat, qui n'a jamais déployé les près de 4.900 hommes de son effectif militaire théorique, devait commencer son retrait à partir du 16 mai, selon cet accord.

N'Djamena se dit en mesure d'assurer lui-même à partir de cette date la sécurisation des populations civiles. Mais selon certains responsables onusiens et des diplomates, plusieurs Etats membres du Conseil de sécurité n'en sont pas convaincus.

Plusieurs agences de l'ONU ont averti la semaine dernière que le retrait de la Minurcat pourrait provoquer un vide sécuritaire dans l'est du Tchad où les attaques contre les travailleurs humanitaires sont fréquentes.

La Minurcat a été créée en 2007 pour assurer la sécurité des réfugiés et déplacés dans l'est du Tchad et en Centrafrique -- dont beaucoup de réfugiés du Darfour, province du Soudan voisin--, favoriser le retour volontaire des réfugiés et faciliter l'aide humanitaire.

Elle avait pris, en mars 2009, le relais de l'Eufor, la Force de l'Union européenne.

La position du président Déby s'explique en partie par l'amélioration des relations entre son pays et le Soudan. Après des années de relations tendues, les deux pays se sont engagés à cesser tout soutien à leurs mouvements rebelles respectifs et ont prévu le déploiement d'une force mixte à leur frontière composée à parts égales, de 3.000 hommes.

 

AFP

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