Tchad: mascarade électorale (opposition)

Publié le par Waldar

Kebzabo.jpgOnze partis de l'opposition tchadienne ont signé aujourd'hui une déclaration commmune "se réservant le droit de récuser les résultats" des législatives de dimanche qu'ils qualifient de "mascarade électorale", selon un communiqué. Joint au téléphone depuis Libreville, le rapporteur de la Coordination des partis politiques pour la défense de la constitution (CPDC) Salibou Garba, a précisé à l'AFP que les partis réunis mardi à Moundou (sud) allaient se retrouver à N'Djmanea pour déposer des recours.  La réunion regroupait à la fois des partis de la CPDC et de la Fédération action pour la République (Far), les deux principales coalitions d'opposition.

"Les partis politiques ayant pris part à la concertation (...) se réservent le droit de récuser les résultats de ces législatives, qui ne sont ni plus ni moins qu'une mascarade électorale", selon le texte. L'opposition dénonce notamment: "la non identification des bureaux de vote", "la non remise des procès verbaux aux délégués des partis", "la non disponibilité des matériels électoraux, la distribution et détention désordonnées des cartes d'électeur" qui a permis à "certains électeurs" de "voter plusieurs fois pour les candidats MPS (Mouvement patriotique du Salut, du président Idriss Deby) contre récompense".

"De nombreuses urnes ont été détruites, leurs contenus brûlés. D'autres ont été emportées (...). Ce qui rend hypothétique le recomptage des voix", poursuivent les partis.  L'opposition accuse "les responsables du MPS et de l'administration" d'avoir "distribué de l'argent aux chefs de canton et de village, ainsi qu'aux responsables de bureaux et délégués, demandant en contrepartie de faire en sorte que les voix de leurs candidats soient les plus élevées" et d'avoir "menacé de destitution ceux des chefs qui feraient pas montre de zèle".

"Les partis politiques de la concertation appellent (...) à plus de détermination pour sauver notre pays d'une dérive vers un parti unique, un parti-Etat, socle d'un régime de dictature implacable", conclut le communiqué.  Ces législatives étaient les premières élections non-boycottées par l'opposition depuis 2002. Les résultats doivent être annoncés le 27 février, une semaine avant le 1er tour de la présidentielle.

 

 

figaro



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