Tchad: une décision "imminente" de retrait de la Minurcat inquiète Amnesty

Publié le par Waldar

LIBREVILLE - Amnesty International s'inquiète face à une "résolution imminente du Conseil de sécurité de l'ONU" de retirer de l'est du Tchad les troupes de la mission de paix des Nations unies déployée dans ce pays, la Minurcat, qui mettrait en danger des milliers de réfugiés.

Dans un communiqué reçu mardi par l'AFP à Libreville, Amnesty affirme que cette résolution "de retirer les troupes de maintien de la paix de l'est tchadien", suite à une exigence formulée en début d'année par le gouvernement tchadien, "sera probablement adoptée par le Conseil de sécurité mercredi".

Selon l'ONG, "la résolution proposée présente un calendrier pour une réduction immédiate des troupes" de la Minurcat (Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad) de la région, avant un "retrait complet des troupes à la fin de l'année".

Cette "résolution imminente (...) mettra en danger la sécurité de milliers de réfugiés et d'autres groupes vulnérables" de cette région frontalière du Darfour (ouest du Soudan), en guerre, estime Amnesty, soulignant que quelque 250.000 Soudanais, "165.000 Tchadiens déplacés et des centaines de milliers d'autres Tchadiens (y) vivent".

Une décision de retrait des forces de la Minurcat "est prématurée et dangereuse. Elle augmentera l'insécurité dans la zone et minera les tentatives d'assistance humanitaires et de secours", a déclaré le directeur Afrique d'Amnesty, Erwin van der Borght.

"La Minurcat a démontré qu'elle peut jouer un rôle significatif en soutenant la sécurité et la protection des droits de l'Homme. (...) Le Conseil de sécurité doit rester aux côtés des femmes vulnérables, des hommes et des jeunes de la région", a-t-il ajouté.

Amnesty avait déjà plaidé fin avril pour le maintien de la Minurcat après des combats entre l'armée et une rébellion.

Le secrétaire général-adjoint de l'ONU en charge des affaires humanitaires John Holmes, en visite au Tchad, a prévenu dimanche: "La Minurcat va quitter le pays dans plusieurs mois (...) il faut que les acteurs humanitaires s'adaptent à une situation sans une force internationale".

Le mandat de la Minurcat, qui devait expirer le 15 mai, a été prorogé de deux semaines - jusqu'au 26 mai - par le Conseil des sécurité après un accord conclu en avril entre le Tchad et la Minurcat.

Cet accord prévoit la réduction de la composante militaire à 1.900 hommes -- 1.400 militaires et 500 éléments de soutien -- et son maintien au moins jusqu'en octobre. Il stipule aussi que le mandat ne devait plus inclure, à partir du 16 mai, la protection des civils.

Actuellement composée de 3.300 soldats (sur un effectif théorique de près de 4.900 hommes), la Minurcat a été créée en 2007 pour assurer la sécurité des réfugiés et déplacés, favoriser leur retour volontaire et faciliter l'aide humanitaire.

romandie

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