UFR: Entre le système et les hommes, nous avons un jugement!

Publié le par Waldar

La naissance du nouveau mouvement CoReNa, sa dissolution immédiate par un communiqué signé du Général Mahamat Nouri après l’échec de pourparler de Khartoum et la destitution présumée du Président de l’UFR, Timan Erdimi furent quelque chose de totalement inattendue, une surprise. Mais, s'il y a un endroit où ces événements ont été compris de manière rationnelle, c'est bien dans le camp de l’adversaire politique que nous avons perdu de vu depuis un certain temps. Tout le monde connait ce qui se passe dans certains mouvements politico armés membres de l'UFR, mais arrivé à une telle option même non fondée mérite réflexion.

Les tchadiens savent que depuis quelques années, chaque mouvement politico armé veut son autonomie. Mais sous la pression des sponsors, les leaders qui se détestent ont donc été obligés de réunir les moyens et les hommes dans un mouvement unique pour construire une force capable de répondre aux aspirations du peuple tchadien et surtout des sponsors communs. L’UFR alors fut créée et beaucoup ont vu en elle, une refondation de la rébellion tchadienne.

Juste après la constitution de son bureau Exécutif, certains ont eu l’audace de dire que le futur du Tchad devrait être républicain mais qu'il fallait le réinventer à travers l’UFR alors que d’autres plus prudents, avaient de doute sur certains éternel perdants et porteurs de boulets retrouvés dans le bureau. Ceux-ci, pensaient que l’UFR n’était rien d’autre qu’un autre nouveau mouvement de plus avec toujours les mêmes acteurs. Aujourd’hui, ni le terme utilisé par les premiers aussi bien que le doute des seconds n’était pas faux. La réinvention n'était pas le bon terme puisqu'il signifie, de trouver une architecture complètement différente en liquidant tout ce qui a préexisté. Le doute était aussi injuste parce l’homme est un repère changeant et le bénéfice du doute lui devait être toujours accordé. Ce qu’il fallait, c’était la transformation de façon critique de la mentalité.

Beaucoup d’entre nous avaient pensé, vu l’engouement et l’intérêt de nos leaders d’être enfin ensemble, que l’UFR serait un mouvement qui allait reformer la république et non celui qui allait chercher à la diriger mais hélas ! Le démon est revenu au galop portant sur son dos le clanisme et le manque de tolérance des uns envers les autres pour peu qu’on ne partage pas une même façon de voir les choses.

Aujourd’hui, les divisions se succèdent, l’épais mouvement aux joues charnues au fil du temps a développé l’éléphantiasis et a commencé à perd de poids du haut. Les ennemis plus nombreux commencèrent à diagnotiser le mal sans développer des solutions alternatives. Des intox, des manipulations et la pose des peaux de bananes commencèrent pour motiver les précipités et dérouter les plus fervents.

L’UFR comme tout mouvement formé avec des hommes aux agendas différents ne pouvait manquer de défauts. Aussi, faudrait-il que ses fondateurs développent sa mission, sa vision, ses objectifs et les stratégies de la prise du pouvoir de manière collégiale. J’avoue que l’UFR en tant que système est irréprochable. C’est le meilleur mouvement que la rébellion n’a jamais connu depuis 1990 ; mais ce sont les hommes qui le composent qui sont été placés sur des mauvaises chaises et qui travaillent bien pour des projets mal définis. Certains cadres du mouvement produisent à leur corps défendant un excellent travail avec des moyens dérisoires mais pour un faux objectif dont les tenants et les aboutissants restent du secret des dieux.

Il y a des moments ou nous nous Sommes posés les questions suivantes : Sommes-nous tous d’accords pour la réforme de la république ? Sommes nous tous d’accords pour la refondation de la république ? Que pensons nous de la réinvention de l’état nation?

Pour refonder, réinventer et reformer, ne faudrait-il pas que l'état de siège disparaisse réellement ?
Nous constatons avec amertume que l’état de siège est le fruit de la réalité de nos quartiers généraux. A peine l’union formée et la bataille programmée que des chefs de guerre ont eu la maladie des « doigts écartés » pour trouver refuge dans des cliniques privées de Khartoum. Alors suivirent victoires éphémères et défaites lourdes qui provoquèrent une crise de paradigme.

Ceux qui avaient assumé l'idée que l’UFR serait les leurs en matière de changement disparurent pour réapparaître avec des doigts bien pointés sur des auteurs d’échecs fabriqués d’avance. Les prudents, retrouvèrent la raison selon laquelle l’esprit républicain allait s'effondrer avec l’équipe choisie. Les indécis nous laissèrent pantois pour saisir la main tendue de l’adversaire.

Oui. J'ai toujours pensé qu'il pouvait s'effondrer, comme je le pense encore aujourd'hui. Je pense que la destruction de l’UFR est toujours possible comme on évite de le sauver en s’ouvrant au débat.
La rébellion est un mariage. On y entre pour le meilleur et le pire. Elle ne doit pas être comme cette femme méchante qui ne comptabilise que le mal dans sa colère laissant sciemment les meilleurs moments dans l’oubli. Ne doit-on commencer à éviter de conjuguer le bonheur de l’UFR au passé et ses échecs au présent ?

Mais comment admettre qu’il y a un problème sans susciter des adversaires aux bras raccourcis ? Comment le dire à haute voix sans être isolé ? Comment défier un seigneur de guerre qui n’a qu’une idée ; son honneur personnel sans tomber en embuscade dans la main de ses fidèles ?

Un mouvement c’est d’abord les hommes et les femmes qui le composent. Ses hommes et ses femmes ont leur propre aspiration, leur propre jugement et leur propre calcul. Ils y sont venus librement et ils peuvent ressortir librement. Mais le grand problème de l’UFR réside dans le manque de tolérance à l’endroit de ceux qui sautent du bateau parce qu’ils ne supportent plus la longueur du trajet à parcourir. L’autre problème de l’UFR est que le mouvement a été pris en otage de l'extérieur par un lobby des sponsors et aussi de l'intérieur par une très grande incertitude de ses cadres sur sa réussite. De l’extérieur, chaque leader a ses propres prometteurs et ses propres souffleurs. De l’intérieur, chaque mouvement a ses lois internes et sa propre façon de voir les choses.

Les membres quant à eux, gardent jalousement des titres ronflants sans devoirs, sans cahier de charges tout en ignorant le reste du trajet. Nous connaissons le pilote que l’on accuse à tort ou à raison. Mais où sont les co-pilotes ? Qui a établi le plan de vol ? Comment l’équipage doit se comporter avec les passagers s’il y a problème ?

Il est ahurissant que ce soit les opposants qui soient les premiers à rire que l’UFR à des impayés ? Il est ridicule que ce soient les opposants qui applaudissent les actes du pouvoir et vilipendent les leurs. Il est inconscient qu’on fasse la guerre juste pour un salaire exorbitant alors que des milliers de soldats croupissent dans le plus grand malheur de leur vie.

Réinventer l’UFR en regardant de façon critique l'expérience de chacun et son patriotisme ne serait il pas la meilleure façon de redonner du souffle à ce mouvement unique en son genre dont les fondateurs traitent avec précipitation la chute de l’adversaire sans faire une étude scientifique des forces, des faiblesses, des opportunités et des risques avant toute chose?

Le rôle de ce mouvement doit être changé : l’UFR ne peut diriger l'État, c'est le peuple qui doit le faire. Le mouvement pensais-je a été crée pour reformer la république et non pour la diriger. Nous devons dès maintenant commencer à le rendre plus éthique pour qu’il joue, un rôle d'avant-garde.

Mais quelle voie prendre quand chaque leader croit avoir la meilleure façon de battre l’adversaire ? Quand chaque leader croit à sa majorité numérique ou matérielle ? Quand chaque leader croit être le mieux informé du déplacement de l’adversaire ou de son état de santé ou encore de ce que mange la femme de ce dernier à midi?

Combien de temps cela durera-t-il ? Comment faire ? Ces questions concrètes ont besoin de réponses encore plus concrètes. Et, ces réponses plus concrètes nécessitent d'avoir accès à beaucoup de variables qui sont hors de la portée de ceux qui ne sont pas dans le cercle sacré. Ne sommes nous pas forcés à le réinventer ?

Pour le réinventer, il y a à mon avis deux choses :

1- Prendre acte de l'échec du modèle antérieur, mais aussi saisir les apports réels de ce modèle. Le premier d'entre eux est d’accepter la différence et laisser partir sans rancune ceux qui veulent quitter le navire. Tout n'était pas échec et on peut en tirer quelques expériences importantes. Mais il faut le faire en tenant compte que c'est le système dans son ensemble qui n'a pas pu subsister ou que ce sont les hommes désignés qui n’ont pas su appliquer le système. Ni sur le plan politique, ni sur le plan médiatique. Sur ce dernier plan, je dirai que l’échec a été grave. L’information qui est la matière première de toute décision est difficilement mise à la portée de ceux qui devraient en utiliser pour galvaniser la troupe.

2- Commencer par reconnaître que nous avons construit un système trop étatisé, très bureaucratisé, avec un niveau très limité de participation populaire dans les mécanismes de prise de décision. La preuve, la crise d'insertion a été provoquée par la débâcle d’Am-dam. Je confesse, que j'ai moi aussi eu froid dans le dos mais ce qui est vrai, c'est que nous ne savons pas ce que sera l’UFR demain parce que par simple coïncidence, les leaders sont toujours dans des cliniques quand les farouches soldats sont sur le front. Je crois qu'il y a un rapport de forces favorable pour recommencer la quête du pouvoir. C'est de là que vient l’importance du terme « réinventer ». Et comme il y a encore beaucoup à réinventer, j'ai un certain rejet pour ceux qui prétendent avoir des vérités clés en mains et qui doigte juste le président de l’UFR refusant que l’échec du mouvement interpelle tous ses membres.

Pour sortir du labyrinthe, les hommes encore fidèles aux idéaux de l’UFR doivent quitter le Soudan pour occuper une parcelle du Tchad. C’est en occupant une parcelle du pays, qu’on pourrait créer un nécessaire rapport de forces pour mieux se placer dans une quelconque négociation. Ce que nous savons, nous sommes dans une époque de grandes incertitudes, nous ne pouvons pas décrire les chemins que prendront les projets alternatifs et comment ces projets affronteront l’adversaire, le MPS, ce mouvement que nous aimons qualifier d'agonisant mais qui évite de croiser les bras face à un mouvement très fort, très équipé mais désorganisé qui est l’UFR.

Les agressions armées vont encore se développer, les croisades et les invasions aussi. En conséquence, le principal allié qu'auront les tchadiens sera la résistance des peuples et l'appareil photo du peuple prend des photographies de la réalité. De peur que nous choisissions le mauvais objectif, les photos nous diront la vérité. Nous ne pouvons plus dire que nous ne connaissions pas leur détresse. Nous ne pouvons que reconnaître que nous avons contribué à leur souffrance avec une férocité inégalable.

Nous étions au courant de la malnutrition de leurs enfants. Nous étions au courant des morts par milliers de leur fils, filles mères et pères et nous ne ressentions aucune culpabilité parce que chacun de nous refuse de céder un mythe d’honneur qu’il développe dans son petit clan.

Chacun pense que sa vision est correctement évaluée. Nous n'avons pas hésité un instant à bloquer de plus en plus la quantité de ravitaillement nécessaire à la survie des pauvres éleveurs et paysans de l’Est. Nous avons permis à l’adversaire de décimer les pauvres éleveurs, paysans, commerçants et paisibles autres citoyens ayant le malheur d’être sur la route alors que nous savions que notre combat n’était qu’un moyen d’apparaître ou d’exister puis nous voilà dans la capitale pour rencontrer Mr. Enoch Djondang et lui dire que nous sommes venus apporter nos talents à la construction du pays.Sommes nous surpris de sa reponse? Demander au pouvoir le prix de nos balades. Le temps est venu de choisir votre camp et sans boycott de l’autre.

Dr. Ngoussou Felix

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chakir 15/05/2010 14:04



encore et toujours de plagiat notre cher Dr? ce qui est sûr ces idées ne sont pas les siens.