Un parti politique dénonce la mauvaise gestion des projets au Tchad

Publié le par Waldar

 

L’Alliance socialiste pour un renouveau intégral (Asri) a organisé une conférence de presse, le 16 juillet 2010 à l’hôtel Le Gagal, sur la gestion des produits au Tchad : cas du programme Team 9.
 
Dans le cadre de la coopération sud-sud, en mars 2004, explique Me Nadji Madou, 8 pays africains à savoir le Burkina-Faso, le Tchad, la Côte d’Ivoire, la Guinée Equatoriale, le Ghana, la Guinée Bissau, le Mali et le Sénégal avaient décidé de mettre sur pied le Mouvement d’approche pour l’Afrique et l’Inde (Techno Economic approch Africa-India movement). Le gouvernement indien a donc ouvert une ligne de crédit au profit de ces pays africains (qui sont désormais au nombre de 13) à Exim Bank en Inde, avec un taux d’intérêt bas. Au Tchad, le programme Team 9 renferme cinq projets : l’usine d’assemblage des tracteurs de N’Djaména, l’usine de fabrication du fer à béton de N’Djaména, l’usine d’assemblage des vélos de N’Djaména et l’usine de fabrication de jus de fruit à Doba. Si le programme Team 9 a aidé beaucoup de pays africains, poursuit-il, il faut constater avec regret qu’à l’instar de tous les autres projets gérés sous le régime du Mouvement patriotique du salut (MPS), Team 9 sera un échec, surtout un véritable gouffre financier pour laisser ainsi les générations futures dans la dette.  
 
Me Nadji Madou appréhende plusieurs  causes d’échec de ce programme Team 9, notamment l’absence d’étude de faisabilité. Selon lui, aucune étude de faisabilité n’aurait été notée au préalable. ‘’Deux raisons justifient cette précipitation : sous le régime MPS, dès qu’il y a l’argent liquide à prendre quelque part, on perd le nord, on oublie ses titres universitaires, et le Tchad parce qu’il faut décaisser rapidement cet argent pour détourner et faire de n’importe quoi’’, laisse-t-il entendre.
  
Pour lui, dans les programmes Team 9, tous les autres pays ont négocié pour que l’Inde ne prenne pas en charge le coût du génie civil. Mais dans sa précipitation à décaisser des espèces sonnantes et trébuchantes, le Tchad a accepté de supporter le coût du génie civil qui monte presqu’à 10 milliards FCFA. ‘’Pour négocier le contrat, tous les autres pays ont dépêché de fortes délégations composées d’experts de différents ministères. Le Tchad, comme d’habitude, n’a envoyé que des touristes pour accompagner les officiels’’, ajoute-t-il.
 
Le manque de moratoire dans le paiement des intérêts est un autre point d’échec du programme affirme le président de Asri : ‘’Pour réaliser les cinq projets, l’Inde a octroyé un prêt de 50 millions de dollars, soit environ 25 milliards FCFA. Le contrat a été signé en 2005 pour une durée d’exécution des projets de trois ans. Il a fallu attendre la fin de l’année 2009 pour que la première usine (textile de Sarh) soit inaugurée. Entre-temps, le Tchad continue de payer les intérêts du prêt par le contrat mal négocié qui, dispose que les intérêts courent dès sa signature bien qu’aucun projet n’était encore opérationnel’’.
 
En outre, Me Nadji Madou pense que l’ancrage institutionnel fait partie aussi de l’échec du programme: ‘’Dans tous les pays africains bénéficiaires, les programmes Team 9 sont logés au ministère du Plan parce qu’ils relèvent des financements internationaux. Le Tchad est le seul pays qui fait l’exception en logeant ces projets au ministère du Commerce et de l’industrie. Pourquoi donc loger ces projets au ministre Commerce et de l’Industrie alors qu’ils relèvent de la Coopération et donc du plan ? L’Inde ne connait que le ministère du Plan comme interlocuteur alors qu’à l’intérieur, c’est le ministère du Commerce qui gère ce programme’’.
 
Pour Nadji Madou, le mode de passation de marché a été bâclée au Tchad contrairement à ceux des pays bénéficiaires : ‘’Exim Bank recommande à tous les pays bénéficiaires des programmes Team 9 de lancer des appels d’offres internationaux pour l’exécution des projets. Parmi tous les pays bénéficiaires, le Tchad est le seul pays qui a refusé de passer par appel d’offres pour signer les contrats de gré à gré. La seule société à gagner tous les cinq projets est Angelic international. Pour le textile de Sarh, cette société a contracté sous le nom de Nsil et Nsail mais ces sociétés n’existent pas en Inde’’.
 
Enfin, il demande au régime du MPS de commanditer un audit international neutre de tous les projets montés durant ses 20 ans de règne pour repartir sur des bases nouvelles.  
 
Kaltoumi Tao Moussa
la voix

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