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Les Kobe ne représentent aucun danger mais la carence des Bideyat dans l’armée est alarmante

La paranoïa des Deby, étalée par le « sultan » Timan Deby  par tchadactuel

Wadi Hawar est une association créée par les jeunes de l’Ennedi Est pour participer au développement de leur région. L’association se chargeait à convoyer entre autres les enseignants au début de l’année scolaire et les remmenait à N’djamena en juin. On n’a pas entendu parler de cette association depuis que son président a pris les armes contre le système Deby en novembre 2005.

Timan Deby et quelques de ses valets ont eu l’idée de réactiver l’association et ainsi organiser une réunion chez ce dernier. N’avaient le droit de participer que ceux qui ont eu une invitation personnelle. Chose nouvelle, car selon le statut de l’association, toute personne originaire de cette région a le droit d’y prendre part. Ainsi dans la nuit du samedi au dimanche, plusieurs «cadres » de la région natale de Deby , dont Abderahim Bahar, Tahir Erda et Hussein Haran se sont réunis sous la houlette de leur « sultan ». Plusieurs participants ignoraient l’ordre du jour de la réunion car l’invitation ne faisant état que d’un Diner chez Timan Deby. Mais très vite celui-ci éclaircit la situation en annonçant qu’après le repas il a quelque chose à dire.

Dès que nos visiteurs ont fini de manger et laver leurs mains, Hussein Haran, en tant que président de l’association prit la parole. Il traça rapidement la situation désastreuse de l’Ennedi et surtout son retard économique sur les autres régions du Tchad. C’était en tout une petite introduction et très vite il passa la parole au « sultan ». Ce dernier n’est pas allé par quatre chemins. Très rapidement il fit savoir l’inquiétude qui plane chez les Deby actuellement : Il manque des militaires ressortissant de sa région et les « Kobé » commencent à dominer l’armée tchadienne.

Ah ha ! Donc tout tourne autour d’une peur bleue des Deby sur ces paisibles tchadiens qui ont tous les droits à appartenir à l’armée tchadienne. Timan Deby parla du MJE qui est constitué essentiellement des zaghawa du Soudan et du Tchad et qui ne compte pratiquement pas de membres de la région des Deby (rappelons que Timan Deby est très proche et le premier soutien du Chef du MJE).Il continua sur les ambitions présidentielles de Mahamat Ali Abdallah et surtout il a doigté la famille Haggar qu’il semble bien la craindre. Concernant les rebelles, bien entendu les zaghawa et surtout pas les autres : «  il faut les faire venir par tous les moyens. Donnez-leur des sous. C’est ce qu’ils veulent. Ceux qui refusent de venir, laissez-les. Ils regretteront ».

Vint ensuite sur le podium Tahir Erda, un des proches de Deby et chef adjoint de sa sécurité. Il affirma d’abord qu’aucun rebelle ne pourra plus venir à N’djamena. Le danger ne réside plus du coté de l’est mais plutôt il est à l’intérieur. La carence des Bideyat dans l’armée est alarmante. Chacun doit encourager ses proches à rejoindre l’armée le plus vite possible. Dans bientôt l’armée ne recrutera plus. Profitez de l’occasion pour insérer vos parents dans l’Etat (Hakouma) avec un salaire garanti.

L’intervention d’Abderahim Bahar, la deuxième personnalité de l’armée, a surpris plus d’un participant par les révélations fracassantes qu’il a données. Il reconnut ouvertement que « l’armée est fatiguée. Las de se battre sur tous les fronts, un combat qui ne finit jamais. Il lança que dans cette guerre, tout bideyat est perdant : on s’entretue. Qu’une personne soit décédée du coté des rebelles ou du gouvernement, il y a toujours un endeuillé dans la maison. S’il n’est pas proche à toi, il l’est à ton épouse et à tes enfants ». Il enchaina : « Les Kobe ne représentent aucun danger : « on les utilise. Ils font ce qu’on veut, mais pas ce qu’ils veulent. D’ailleurs s’ils sont incapables. Il ne faut pas se laisser tromper par leur nombre aux escadrons blindés ; mais Mahamat Ali Abdallah est dangereux, très dangereux même. Personnellement j’ai des bonnes relations avec lui, mais il reste l’ennemi n° 1 du régime. C’est lui qui est en train d’enfoncer, de noyer le PR. C’est lui qui a pris l’initiative avec les français pour faire arrêter les opposants politiques ; on accuse à tort Mahamat Ismaël Chaibo. Une fois arrêté, Ibni Oumar a été remis personnellement à Mahamat Ali en présence de son chauffeur et du manchot Abdallah, dit « COM PANG ». Aujourd’hui, seuls ces trois peuvent dire où est Ibni, même pas le PR. Les délogements, c’est toujours lui : quartiers Amdjaress, Gendarmerie, les italiadines, etc. Jeter tout le monde dans la rue, créer un mécontentement généralisé chez les parents du PR. J’ai appris qu’il veut loger les militaires qui lui sont acquis. Le MJE, c’est encore lui ; tout le monde sait que le MJE est à la disposition entière de Mahamat Ali, pas du Président. Pour quelles fins Mahamat Ali a rencontré les anciens ambassadeurs de France au Tchad, les anciens conseillers de défense et même des mercenaires ? Et d’ailleurs Mahamat Ali fera tout pour empêcher une quelconque réconciliation entre les rebelles et le gouvernement.» Abderahim a beaucoup parlé, presqu’une heure du temps avec détails et chiffres. L’assistance a été très surprise des révélations d’Abderahim, elle l’a écouté religieusement. L’intervention de l’actuel directeur du BNF et beau fils de Daoussa (ne pas confondre avec l’autre qui est à la tête du HCND et qui a laissé un mauvais souvenir lors de l’assaut des rebelles sur N’djaména) lança « Il faut que chaque cadre oblige les délinquants et mangeurs de bouillie qui errent chez lui de rejoindre immédiatement l’armée » est passée sans que personne la relève. Le « sultan », certainement effrayé par l’intervention d’Abderahim a clos la réunion en promettant « qu’il va faire un compte rendu au Président et demander de convoquer une autre réunion pour parler des ennemis de l’intérieur ».

Mahamat Ahmat
N’djamena