Nouvelle: une saison à Wadi-hawar! (1er partie)

Le soleil au disque rubescent s'apprête à regagner son caveau du soir. Un traquet appendu sur un épineux lâche un gazouillis strident et un toucan l'accompagne dans un concert de duo. Un berger, Boghit, rassemble des dromadaires épars et les orientent, à pas pressés, vers leur gîte, du soir. Le pâtre est pressé et l'on ne sait ce qui le presse tant.  Goyla, la jeune gardienne de chèvre, elle aussi, se deplace avec un mouvement leste, brandissant un morceau de bois, sermonnant ses caprins dont les uns reçoivent des coups de chicotte.

Tout à coup le tonnerre tonne, les éclairs lézardent et un ciel bas et chargé vomit une giboulée. Comme par enchantement la pluie torrentielle deverse le trop-plein avec une fureur jamais vue. L'oued de Hawar se gonfle avec une rapidité terrifiante. L'eau, boueuse et impétueuse, charrie des branches et parfois des arbres entiers, dans un bruit qui glace le sang des hommes et des animaux.

Goyla, paniquée, force les chèvres à traverser l'oued gonflé d'eau. Grave erreur! un paquet de chèvres disparait dans l'eau. Goyla essaie de secourir ses animaux et plouf! le torrent l'emporte, elle-aussi, en dépit de ses cris de detresseBoghit, observant la scène, se jette à son tour dans l'eau, à la rescousse de la bériténé en danger. La bave blanchâtre ensévelit les deux humains et tout a un relent de deuil dans ce grand wadi souvent sec.

Contre toute attente, plus en aval surgit une tête humaine, celle de...

(à suivre)

Sidimi  Djiddi Ali Sougoudi 

Dédicace: à tous les cousins beris et à mes amis du pays beri!

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source: Berienligne.com