CPDC : La fin de la supercherie
Deby reçoit la CPDC
Par tchadacuel
Le mardi 08 avril 2008, à sa demande, Idriss Deby a longuement reçu une délégation de la CPDC. Avant d’aller rencontrer ID, les leaders de la CPDC se sont naturellement concertés et ont arrêté les modalités de l’audience. Comme c’est Deby qui les invite, ils ont convenu de l’écouter et le porte-parole adjoint de la CPDC a été désigné pour lui répondre. Si le problème posé par leur hôte leur semblait difficile, ils se sont convenus de retourner à la base, pour décision commune. Dans tous les cas, pas de débat avec Deby.
Les choses se sont déroulées contrairement à ce qui a été convenu. Vous allez vous en rendre compte, comment et pourquoi. Comme à son habitude, Deby les a fait poiroter pendant longtemps. Prévu pour 16 heures, l’audience n’a eu lieu que plus d’une heure après. Prenant la parole le premier, Deby a dit une chose et son contraire. Il a commencé son récit depuis les attaques du FUC d’avril 2006 pour finir avec celles de février 2008.
Comme il fallait s’y attendre, l’ombre du Porte parole de la CPDC, Ibni Oumar, enlevé le 03 février 2008, par la garde présidentielle de Deby et porté disparu depuis lors, a hanté les esprits et pollué l’atmosphère. Comme il fallait aussi s’y attendre Deby a tout nié. Il ne sait pas où il se trouve et c’est la commission, créée par lui et plusieurs fois modifiée qui devrait faire la lumière sur le sort d’Ibni et de tous les autres disparus, même ceux qu’il a personnellement liquidés, après la retraite des rebelles. Il a involontairement mis mal à l’aise son Directeur de Cabinet Civil et son Ministre de la Sécurité quand il a dit qu’il était resté seul au palais pendant les attaques. Chacun d’eux n’a pas pu s’empêcher de dissimuler une grimace. L’un s’est caché dans une maison d’un opposant, à côté de l’hippodrome tandis que l’autre a fait une longue chevauchée, pour aller se mettre à labri au Cameroun, en passant par Léré.
Avant de finir son long monologue, Deby a formulé ses désirs : que la CPDC reprenne sa participation au Comité de Suivi et d’Appui des accords du 13 août. Et d’une manière indirecte, il a fait miroiter à ses invités qu’il leur offrait les postes de Premier Ministre, et plusieurs autres Ministères d’Etat. Après les grimaces du Directeur du Cabinet Civil et du Ministre de la Sécurité, ce fut le tour des membres de la CPDC de commencer à frémir et saliver. La belle stratégie arrêtée par la CPDC, avant la rencontre avec Deby, a volé en éclat. Sur les 9 membres de la délégation de la CPDC, 8 ont pris la parole. Pourtant il a été convenu que seul le Porte parole devait répondre à Deby !!! Le neuvième, qui n’a pas parlé pendant toute la rencontre, a été longuement retenu par Deby quand tous les autres ont quitté la salle d’audience. Dans l’esprit des huit autres, il s’agirait sans nul doute de la taupe de Deby en leur sein.
Prenant tour à tour la parole, chacun a voulu montrer à Deby qu’il était le meilleur Premier ministrable. Et les enchères ont fait vite de monter. Un d’eux a proposé à Deby de faire un petit geste, un petit déclic pour leur faciliter la tâche aux yeux de l’opinion qu’ils craignent par-dessus tout. Un autre a suggéré un cessez le feu avec la rébellion, bref que des niaiseries. Voyant que les autres étaient en train de le tacler sérieusement, un des ténors de la CPDC, contre toute attente, proposa à Deby que les délégations de l’opposition démocratique et de la majorité présidentielle pouvaient se rencontrer et entamer le dialogue. Aucun des ténors de la CPDC n’a réagi.
Deby et son Directeur de Cabinet ont difficilement dissimulé leur satisfaction. Leur plan a marché. En fait, avant l’audience, le Directeur du Cabinet Civil a approché le leader de la CPDC, auteur de la proposition de rencontre entre opposition et majorité. Toutes les promesses lui ont été faites. Et le scénario a été monté d’avance. Les autres sont tombés dans le piège.
Fini le préalable sur la libération d’Ibni, fini la suspension de la participation de la CPDC au Comité de Suivi, fini le dialogue inclusif, fini, fini, fini…. Vive le nouveau Premier Ministre. M. Kascou, vous pouvez ramasser vos affaires et rentrer chez vous.
Mahamat Ahmat,
N’Djaména
Source: tchadactuel.com