Inculpé par la CPI, le Soudanais Omar al-Bachir se rend au Tchad
Le président soudanais, Omar al-Bachir, est attendu, mercredi 21 juillet, au Tchad, malgré le mandat d'arrêt international dont il fait l'objet de la part de la Cour pénale internationale (CPI), dont N'Djamena reconnaît la compétence.
La CPI, que Khartoum, elle, ne reconnaît pas, a inculpé le président Bachir, en mars 2009, de crimes de guerre et crimes contre l'humanité dans la province orientale du Darfour (ouest du Soudan), en proie depuis sept ans à une guerre civile à l'origine de 300 000 morts selon les estimations de l'ONU – 10 000 d'après Khartoum. La CPI a émis la semaine dernière un second mandat pour génocide.
Omar al-Bachir, dont les relations avec son homologue tchadien, Idriss Déby, se sont récemment améliorées après avoir été un moment rompues, doit participer à N'Djamena à un sommet des Etats sahélo-sahariens. Il devrait rester trois jours dans l'ex-colonie française devenue partie prenante à la CPI en 2007 alors que les relations entre Khartoum et N'Djamena étaient au plus bas.
LA CPI POURRAIT DEMANDER AU TCHAD D'ARRÊTER LE PRÉSIDENT SOUDANAIS
L'adhésion au traité constitutif de la CPI implique de respecter les décisions de la Cour. La CPI pourrait alors requérir du Tchad qu'il arrête le président soudanais, mais il est probable qu'Omar al-Bachir a obtenu des garanties d'Idriss Déby qu'il pourra faire le déplacement sans être inquiété.
"Le Tchad encourt le risque d'une distinction honteuse en étant le premier pays membre de la CPI à héberger un criminel de guerre poursuivi par la Cour", a déclaré Elise Keppler, une des responsables du programme Justice internationale de Human rights watch (HRW). "Le Tchad ne doit pas ignorer ses obligations d'arrêter al-Bachir" s'il foule son sol, a-t-elle ajouté.
Dans certains cercles soudanais, on considère cette visite comme quelque peu risquée au vu des rapports passés tumultueux entre les deux pays et de l'appartenance de Déby à l'ethnie Zaghawa, une des trois concernées par l'accusation de génocide retenue contre Bachir. Encore récemment, les deux pays s'accusaient mutuellement de soutenir leurs rébellions respectives.
Le monde