L'accord de paix entre le Tchad et le Soudan est compromis
Car la rencontre de Dakar intervient quelques heures seulement après des accusations du gouvernement de N’Djamena, selon lesquelles des colonnes de rebelles parties du Soudan auraient pénétré dans l’est du Tchad. Ces affirmations n’ont pas été confirmées par l’armée française, très présente au Tchad, ni par la force européenne déployée dans l’est du Tchad (Eufor). Elles ont même été démenties par le chef de la principale alliance rebelle tchadienne, Mahamat Nouri.
Le secrétaire d’Etat soudanais aux Affaires étrangères, Al Sammani Al-Sheikh Al-Wassila, a lui qualifié de «complètement fantaisistes» ces allégations. «Nous avons totalement fermé nos frontières à ces mouvements. Nous n’avons aucun mouvement d’opposition (tchadien) à l’intérieur du Soudan. Il y a un problème interne au Tchad, et c’est ce que le gouvernement du Tchad devrait sérieusement prendre en considération».
Mais les difficultés avaient commencé bien avant: la rencontre entre Idriss Déby et Omar el-Béchir devait déjà avoir lieu mercredi soir, mais le président soudanais ne s’était pas présenté, en raison de «maux de tête». Mardi, depuis Dubaï, il avait déjà émis des doutes sur l’opportunité de signer un nouvel accord de paix, les cinq précédents n’ayant pas été respectés.
La rencontre a débuté vers 16 heures après l’ouverture du 11e sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI, 57 pays). Le président gabonais Omar Bongo, comme des représentants français, américain et européen y assistent également. Quelques heures auparavant, Mustafa Othman Ismail, ministre conseiller du président Béchir, avait prudemment déclaré : «ils vont discuter. Le résultat dépend des discussions».
sources: liberation /AFP