TCHAD: La famille d`Ibni Oumar, l`opposant disparu, croit encore au miracle
N`DJAMENA, 21/05 - "Je garde encore espoir. L`espoir demeure", affirme à l`AFP Sadia Brahim, la femme de l`opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh, disparu depuis le 3 février. Mais en privé, des observateurs et acteurs politiques tchadiens le considèrent comme mort.
"Je sens qu`il est encore vivant. Nous espérons. Nous n`avons pas le droit de renoncer", poursuit son cousin Moussa Mahamat Saleh, aux côtés de Sadia Brahim, dans la maison d`Ibni Oumar à N`Djamena, là-même où il a été arrêté le 3 février par des soldats du président Idriss Deby Itno dans le sillage de l`attaque rebelle qui a fait chanceler le régime.
Deux autres opposants, Lol Mahamat Choua et Ngarlejy Yorongar, disparus pendant plusieurs jours dans les mêmes conditions, ont depuis retrouvé leur liberté. Si Lol Mahamat Choua refuse de se prononcer, M. Yorongar a lui indiqué à plusieurs reprises sa crainte qu`Ibni soit mort.
Affirmant avoir été détenu dans la même prison qu`Ibni, il assure que ce dernier avait reçu "des coups de poing, coups de crosse, coups de pied (...). Je crois savoir qu`il est mort, à moins d`un miracle, mais je ne crois pas à un miracle. Ou bien on l`a amené dans un hôpital tenu secret, ce qui m`étonnerait, parce que vu l`état dans lequel on l`a mis, pour moi il est mort", avait affirmé M. Yorongar en mars.
De nombreux observateurs et dirigeants partagent cet avis sur le sort d`Ibni, sans vouloir en faire état publiquement par respect pour la famille.
Trois mois après sa disparition, il n`y a aucune trace du porte-parole de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC), la principale coalition de l`opposition, et secrétaire général du Parti pour les libertés et le développement (PLD).