LE PARCOURS DU SOLDAT DEBY ITNO
Par Le Gars de Mandoul / Crimeautchad blog
En réponse à l’allocution prononcée par François Mitterrand à La Baule, le 20 juin 1990, discours conditionnant l’aide au développement à la démocratie, Hissein Habré s’en prend à «[…] cette volonté dominatrice, qu’on croyait éculée, à savoir l’imposition d’un mode de pensée et d’un modèle de société au nom des libertés individuelles et des valeurs dites démocratiques […]» Il ajoutera plus tard que « [...] nous ne sommes ni pour ni contre […]. » Une réponse imprudente de Habré qui fera de Deby ce qu’il est aujourd’hui. La France de Mitterrand n’a pas apprécié la réplique du dictateur et joue la carte du bouc émissaire. Elle soupçonne Habré, enfin perçu comme un dictateur, des visées anglo-saxonnes.
Un an auparavant, un sinistre tortionnaire et lieutenant de Habré, le soldat Idriss Deby Itno, en disgrâce avec son patron [Habré], suite à un coup d’état manqué, trouve refuge au Soudan. Paul Fontbonne, un agent des services secrets français, travaille à l’antenne de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) à Khartoum. Fontbonne convainc le gouvernement de la France [à l’époque], aux yeux duquel Habré devient le méchant, de chasser ce dernier.
Après huit ans de soutien actif à la dictature de Hissein Habré, la France lui révèle son visage de compagnon infidèle. Le divorce est prononcé entre les deux camps amis d’hier [Habré et ses bourreaux et les dirigeants français], tous oppresseurs des tchadiens depuis plusieurs années. Il fallait maintenant substituer à Habré un criminel de même envergure mais docile aux français et anglophobe si possible. Au Tchad, on ne peut trouver meilleur candidat qu’Idriss Deby Itno dont le niveau d’instruction est inferieur à celui d’un élève de terminal au Lycée. Mais la France fera de ce criminel peu instruit un président du Tchad. Le malheur des tchadiens tend vers son paroxysme.
Meneur parmi les criminels auteurs de « septembre noir » en 1984 contre les ethnies du sud du Tchad, tristement célèbre par sa férocité sous le régime dictatoriale de Hissein Habré, les dirigeants français savent qu’Idriss Deby Itno, n’est pas présentable au monde sans être maquillé. Deby pue du sang de milliers d’innocents tchadiens. La France met les gros moyens: campagne mensongère sans vergogne et jeu d’illusion. Elle fait miroiter le vent de la liberté et de la démocratie à travers la marche du soldat Deby vers son trône. C’est du vent! Les tchadiens se réveillent aujourd’hui voilés dans un système à leurre que leurs dirigeants aiment appeler la « démocratie consensuelle et participative ».
Revenons au parcours d Deby Itno. La France donne le feu vert et la route de Ndjamena est ouverte.Habré perd la guerre, à la très brève satisfaction des tchadiens car Deby succède son mentor dans l’esprit de la continuité de la dictature sanguinaire, avec une touche personnelle encore plus noire. Quelqu’un fera dire Deby aux tchadiens : « Je ne vous apporte ni or ni argent mais la liberté … » Croyant que la liberté se donne plutôt qu’elle ne s’arrache, les tchadiens tombent dans l’abime des rêveries. De Fraude électorale en fraude électorale, Deby Itno et son pouvoir clanique s’imposent aux tchadiens avec une bienveillante neutralité française. De là, le jeune soldat Deby et sa meute de pillards mènent une danse incroyable avec les deniers publics. Les tchadiens sont dépouillés de leurs maigres biens. Les biens de l’état sont confondus avec des avoirs privés.
C’est ainsi depuis 17 ans! Est-ce le signe d’une démocratie? Les œuvres de la
« démocratie consensuelle et participative », on les connaît : hold-up électoral, suivi d’une répression brutale de ceux qui protestent et corruption d’une frange d’opposants adeptes de la politique du ventre. Les corrompus finissent par intégrer un large gouvernement de consensus. Cette intégration vaut légitimation du président. Le président est perçu comme un homme rassembleur et devient incontournable. Paris bénit le tout.Passage à la «Sainte scène». On partage le gâteau qui est le corps des tchadiens meurtri pour Idriss Deby Itno, sa famille et ses amis des fraternelles franc-maçonnes.Pendant que le reste des tchadiens patientent dans la privation, Deby, lui, est là, royal, dormant dans le crime et profitant du luxe.
Note: notre résistance à Deby Itno ne prendra fin qu’à sa chute. Il ne faut pas baisser les bras car Deby ne baissera pas son épée. Nous sommes de retour et volontaires sur la première ligne. J’ai lu les articles «Cirque de mort au Tchad» et «la voie armée, un mal de plus!» publié sur www.librafrique.com où l’auteur, Joe Kongarena, nous a déclaré essoufflés par tant de haine vociférée inutilement à l’encontre de Deby Itno. Nous disons que nous sommes encore là et la résistance continue. Mobilisons-nous car nous n’avons jamais été aussi forts qu’aujourd’hui.
Le Gars de Mandoul
legarsdemandoul@yahoo.fr
Source : Blog crime au Tchad