La femme Schwarzenegger préfère Obama. Lui appuie McCain.
Nicolas Bérubé, La Presse
Il appuie McCain. Elle préfère Obama. Ils acceptent d'en discuter à la table avec les enfants, parfois avec passion, parfois avec emportement. Leur histoire ressemble à des millions d'autres, si ce n'est d'un détail: il est gouverneur républicain de la Californie. Et elle est la première dame de l'État.
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| Arnold Schwarzenegger et sa femme, Maria Shriver, n'ont pas les mêmes opinions politiques, du moins en ce qui a trait au choix du prochain président des États-Unis. Même l'entrée de leur demeure en Californie fait état de leur différend. |
Arnold Schwarzenegger et sa femme, Maria Shriver, sont sans doute les supporters les plus captivants aux États-Unis présentement.
À l'heure des blogues et des scandales-minute, le couple défie toutes les règles du spectacle politique en faisant une chose révolutionnaire: il dit ce qu'il pense. Tout haut. Devant les journalistes.
Gouverneur républicain aux idées plus progressistes que celles de son parti, Schwarzenegger est un partisan de McCain de la première heure. Il a appuyé le candidat publiquement l'hiver dernier.
Or, au matin du «Super Tuesday», le 5 février, le gouverneur s'est levé pour constater que sa pelouse était couverte de pancartes pro-Obama. Un brin de décoration, gracieuseté de sa femme.
Pince-sans-rire, Schwarzenegger n'en a pas fait grand cas. Mais il a trouvé le temps de faire un téléphone: le jour même, des gens de la campagne de McCain ont débarqué pour compléter le tableau et ajouter des dizaines de pancartes du candidat sur le terrain...
«Les gens comprennent, a expliqué le gouverneur au New York Times. Les gens savent qu'elle n'appuie pas Bush même si elle est assise avec moi à la convention.»
Nièce de John F. Kennedy, Maria Shriver avait fait un coup d'éclat quelques jours plus tôt en allant rejoindre Michèle Obama et Oprah Winfrey dans un grand rassemblement à UCLÀ pour donner son appui au candidat démocrate.
«Si Barack Obama était un État, il serait la Californie», avait-elle lancé aux supporters renversés de voir la première dame prendre position aussi publiquement. «Je veux dire: pensez-y. Il est ouvert, intelligent, indépendant, opposé à la tradition, innovateur, inspirant, rêveur, leader.»
Arnold encourage sa femme
Cette semaine, on a appris que c'est Schwarzenegger lui-même qui avait encouragé sa femme à se prononcer en faveur d'Obama.
«Maria m'a appelé un jour alors qu'elle était avec notre fille à un spectacle de chevaux à Palm Springs et m'a dit: «J'ai cette idée en tête, d'aller à UCLÀ pour Obama. Est-ce que c'est OK pour toi?» Je lui ai dit: «Vas-y! Tu dois le faire!»«.
Quelques minutes et un voyage en avion privé plus tard, Mme Shriver montait sur scène et créait une véritable commotion chez les démocrates partout aux États-Unis.
«Je crois qu'il est sain de montrer aux enfants qu'on ne vit pas dans un système à parti unique, a dit Mme Shriver cette semaine au Times. Vous savez, il y a toujours deux façons de regarder les enjeux. Il faut être patient et il faut faire des compromis. Ce sont là des leçons pas seulement de politique, mais aussi de vie. J'ai grandi en croyant qu'il n'y avait qu'une seule façon de penser. Aujourd'hui, je réalise que c'est faux.»
Source : cyberpress.ca