Guerre de mouvement au Tchad

Publié le par Hamid Kelley

Guerre de mouvement au Tchad
Par Marie DESNOS
leJDD.fr

 Les rebelles tchadiens ont annoncé dimanche avoir pris le contrôle de la ville Am-Dam. La veille, ils avaient attaqué la localité de Goz-Beïda, leur objectif étant d'atteindre la capitale afin de renverser le président Idriss Déby, comme ils avaient failli le faire en février. Mais le gouvernement tchadien relativise leur avancée et doute de leurs chances de succès.


Au lendemain de l'attaque de la localité de Goz-Beïda par les rebelles tchadiens, ces derniers ont annoncé dimanche avoir pris le contrôle de la ville d'Am-Dam, dans l'est du pays. Une information confirmée par le ministre tchadien de la Communication, Mahamat Hissène, également porte-parole du gouvernement. Les rebelles ont ainsi continué leur progression vers N'Djamena, qu'ils comptaient avoir atteint avant la fin du week-end. "Nous n'avons pas enregistré une grande résistance", a précisé Ali Gadaye, porte-parole de l'Alliance nationale, qui regroupe différents groupes rebelles. "Notre objectif n'est pas de prendre des villes mais d'ôter les obstacles sur la route de N'Djamena. Nous n'allons pas rester. Notre objectif est N'Djamena", a-t-il insisté. La petite citée d'Am-Dam est située à 110 km au nord-ouest de Goz Beida et à environ 700 kilomètres de la capitale.

Le gouvernement tchadien relativise toutefois cette avancée. "L'armée a poursuivi les envahisseurs et les a mis en débandade (...) Après avoir fait le tour des quartiers, les rebelles se sont enfuis en direction de l'Est", soit à l'opposé de N'Djamena, a assuré Mahamat Hissène, ministre tchadien de la Communication et porte-parole du gouvernement. Le porte-parole de l'Union pour le changement démocratique (UDC), partie intégrante de l'Alliance nationale, affirme pour sa part que des rebelles se trouvent toujours dans le secteur de Goz-Beïda, légèrement en retrait de la ville. Selon Mahamat Hissène, les insurgés cherchent surtout à "créer du désordre pour se faire de la publicité", mais ne prennent en réalité que des villes peu peuplées. "Cette guerre n'est pas une guerre de position, c'est une guerre de mouvement", a-t-il fait valoir, avant d'affirmer que l'armée ferait tout pour "enrayer cette invasion".

N'Djamena était tombée en février

Dimanche, les soldats irlandais déployés par l'Eufor dans l'est du Tchad pour protéger les populations civiles et réfugiés du Darfour, quadrillaient le secteur. L'armée nationale tchadienne patrouillait également avec des pick-up équipés de mitrailleuses et de lance-roquettes. La vie reprenait doucement son cours dimanche. "Le calme semble revenu dans la ville mais nous restons sur le qui-vive", a confié le commandant Stephen Morgan, du 97e bataillon d'infanterie de l'armée irlandaise. "Nous avons localisé un certain nombre de projectiles non explosés et nous les détruirons dès que la situation le permettra", a-t-il ajouté.

Samedi, une colonne d'une centaine de véhicules rebelles avait occupé quelques heures la ville de Goz-Beïda, avant de prendre la direction de la frontière soudanaise, située à quelque 70 kilomètres. Cette action avait réveillé le spectre de l'attaque des 2 et 3 février derniers, quand les rebelles avaient réussi à prendre le contrôle de N'Djamena et à encercler le palais présidentiel où le président Idriss Deby, qu'ils veulent renverser, était enfermé. Les troupes loyales au chef de l'Etat tchadien avaient ensuite réussi à leur faire rebrousser chemin. Des centaines de personnes avaient péri dans les affrontements.


Source : lejdd.fr
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