La rébellion annonce lundi se trouver à Am Timan

Publié le par Hamid Kelley



Les rebelles tchadiens visent N’Djamena

FRANCE 24 : Les rebelles tchadiens affirment poursuivre leur marche vers la capitale pour renverser le président Idriss Deby Itno. Ils se trouvaient dimanche soir à environ 700 kilomètres de N’Djamena. La France, de son côté, a déclaré qu’elle n’interviendrait pas pour porter secours au président assiégé.

"Notre objectif est N’Djamena, a rappelé lundi à FRANCE 24 Mahamat Assileck Halata, porte-parole de l’Alliance nationale de la résistance. Nous voulons d’abord, dans un premier temps, libérer certaines zones assez stratégiques où l’armée gouvernementale – ou ce qu’il en reste – ne veut pas ou cherche à éviter à venir vers notre force".

Selon lui, "plus de 5000 hommes sont déjà déployés sur le terrain et une colonne est partie depuis hier par le nord". La rébellion annonce lundi se trouver à Am Timan, après avoir dimanche brièvement pris le contrôle d’Am-Dam, une petite localité de l’est du Tchad.

La progression des rebelles ne semble pas rencontrer, pour le moment, de véritable opposition de la part des forces gouvernementales. "C'est encore une tentative de déstabilisation du Tchad, a dénoncé ce week-end sur FRANCE 24 Hissein Brahim Taha, l’ambassadeur du Tchad en France. C'est évident que dans cette promenade macabre, il y aura des morts, encore, des jeunes Tchadiens, des deux côtés".

La France "n’interviendra plus"

Les 2 et 3 février derniers, la rébellion tchadienne avait mené un raid et atteint N'Djamena à la surprise générale, encerclant notamment le palais présidentiel et étant tout près de renverser le régime du président Idriss Deby, qui avait dû son salut à l’intervention de l’armée française.
   
Interrogé sur la position de la France lors d'un déplacement à Abidjan, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a affirmé dimanche : "La France n'est pas intervenue et n'interviendra plus".

Les rebelles assurent que la France, présente au Tchad depuis 1986 dans le cadre de l'opération Epervier avec des moyens aériens et terrestres, fournit des renseignements militaires à l'armée tchadienne grâce à ses vols de "reconnaissance".

Ils demandent aujourd’hui l’appui de la France. "Nous pensons qu'à l'heure actuelle la paix est profitable aux Tchadiens et que la France, au lieu de s'impliquer dans la guerre du Tchad, serait mieux inspirée d'aider les Tchadiens à se mettre à la table des négociations", déclare ainsi à FRANCE 24, Abderahman Koulamallah, président de l’Union pour le changement démocratique et porte-parole des rebelles.

Samedi, en marge de l'attaque de la localité de Goz-Beïda par une colonne rebelle, les soldats irlandais de l'Eufor - la force européenne déployée dans l'est du Tchad - ont essuyé des tirs de roquettes de provenance indéterminée. Ils ont riposté par des tirs de sommation.

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