LA CAPITALE CALME MAIS INQUIÈTE

Publié le par Hamid Kelley


La guérilla tchadienne annonce la prise d'une troisième localité


GOZ-BEÏDA, Tchad (Reuters) - Les rebelles tchadiens annoncent la prise de Biltine, troisième localité à tomber entre leurs mains en trois jours dans l'est du Tchad.

Biltine se trouve à un peu plus de 90 km au nord de la ville d'Abéché, principal centre opérationnel des missions humanitaires internationales dans l'est du Tchad.

"La ville de Biltine vient de tomber sous le contrôle des forces rebelles", a déclaré à Reuters Ali Gadayé, porte-parole des rebelles de l'Alliance nationale, en lutte contre le régime du président Idriss Déby.

La chute de Biltine n'a pas été confirmée de source indépendante et les autorités tchadiennes n'ont pas réagi à cette information.

En plus de certains organismes d'aide de l'Onu et des ONG humanitaires, des troupes françaises et des éléments du contingent européen Eufor sont stationnés à Abéché.

Samedi, une colonne de rebelles a brièvement occupé la localité de Goz-Beïda, à plus de 200 km au sud d'Abéché, dans la région de l'Ouaddaï. Dimanche, le gouvernement tchadien a indiqué qu'une autre colonne rebelle était passée par Am-Dam, à 140 km au sud-ouest d'Abéché. Les rebelles disent avoir brièvement occupé cette localité, où ils n'ont rencontré qu'une faible résistance.

Les insurgés ne cachent pas que leur objectif ultime est la capitale N'Djamena, qu'ils avaient déjà attaquée en février lors d'un raid éclair pendant lequel ils avaient réussi à encercler le palais présidentiel, avant d'être repoussés. Ces combats avaient fait plusieurs centaines de morts. La France, qui dispose d'avions militaires au Tchad, avait alors apporté un soutien au président Déby.

LA CAPITALE CALME MAIS INQUIÈTE

"On ne garde pas les villes, ce qu'on fait c'est harceler", a précisé Gadayé à Reuters. Pour le gouvernement tchadien, les attaques des insurgés visent à attirer l'armée régulière en dehors des positions défensives qu'elle tient dans les villes.

"Nous sommes tout à fait sereins. L'armée continue de déployer son plan", a déclaré le ministre de l'Information, Mahamat Hissène.

Dimanche, en Côte d'Ivoire où il était en visite, le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a déclaré que la France n'était pas intervenue et n'interviendrait pas dans les derniers combats au Tchad. La rébellion, par la voix de Gadayé, s'est félicitée lundi de ses propos.

Le porte-parole de la guérilla a par ailleurs invité les organisations humanitaires étrangères à rester au Tchad et à y poursuivre leur travail pour venir en aide aux 500.000 réfugiés soudanais et civils tchadiens chassés par les combats.

"L'Alliance nationale tient à rassurer les ONG que, désormais, elle se porte garante de leur sécurité", a-t-il dit.

N'Djamena, dans l'extrême ouest du pays, était calme et les bureaux, les marchés et les banques étaient ouverts lundi, comme d'habitude, même si la population ne cachait pas son inquiétude.

"Comment peut-on ne pas avoir peur ? En février dernier, on nous a dit qu'il y avait rien, mais les rebelles sont arrivés à N'Djamena", a déclaré un habitant à Reuters.

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Publié dans Actualités

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