Les guerres au Tchad et au Soudan sont très liées.

Publié le par Hamid Kelley





Les rebelles tchadiens ont tenté de prendre le contrôle de N'Djamena en février avant d’être repoussé par les forces fideles au Président Idriss Deby.

Le chef de l’Etat tchadien a accusé le Soudan d’être derrière l’attaque.

Ironie de l’histoire, le Président Deby aurait bénéficié du soutien soudanais lors de son coup d’Etat contre son prédécesseur Hissène Habré en 1990.

Les auteurs Alex de Waal et Julie Flint ont récemment écrit dans leur livre - intitulé Darfur: A New History of a Long War [Darfour: une nouvelle guerre d’une longue guerre] - que Khartoum avait plusieurs raisons de soutenir Idriss Deby, y compris l’espoir d’avoir un gouvernement ami et redevable à sa frontière occidentale.

Une attente satisfaite au début des années 1990 mais, au fil des années, au fur et à mesure le pouvoir d’Idriss Deby a enregistré des défections au profit des rebellions, il a accusé le Soudan de soutenir ces mouvements rebelles. Les relations entre N’Djamena et Khartoum sont au plus bas.

Quelques mois après l’offensive rebelles contre N'Djamena, des événements similaires ont eu lieu.

Des rebelles soudanais sont arrives aux abords de Khartoum, traversant presque le pont la ville jumelle d’Omdurman qui mène au centre de la capitale.

Khartoum a par la suite montré des objets militaires qu’il affirmait avoir auprès des rebelles.

Les véhicules et uniformes saisis sont, selon le gouvernement soudanais, la preuve de l’implication du Tchad dans l’attaque.

Contradictions

Les groupes ethniques d’origines africaines et arabes sont à cheval sur la frontière entre le Tchad et le Soudan, qui a été tracée en fonction des humeurs des puissances coloniales française et britannique sans tenir compte des préoccupations à long terme des populations locales.

Cette situation a donné lieu à plusieurs contradictions apparentes.

Les affiliations ethniques et tribales sont encore très fortes aussi bien au Tchad qu’au Soudan.

De façon historique, l’une des tribus les plus puissantes au plan militaire dans cette région frontalière est les Zagawa.

Idriss Deby est Zagawa tout comme nombreux de ses opposants qui ont fait défection pour rejoindre les rangs de la rébellion.

Les Zagawa jouent aussi un rôle important dans les mouvements rebelles du Darfour hostile au gouvernement soudanais.

Pour ajouter à la complexité de la situation, récemment un seigneur de guerre Zagawa, Minni Minnawi, a été débauché de la rébellion soudanaise pour être nommé conseillé du président.



Source : bbc.co.uk/french



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