UPM: Le "non merci" de Kadhafi à Sarkozy

Publié le par Hamid Kelley

Par Matthieu VERRIER
leJDD.fr

Reçu à Paris en grandes pompes en décembre dernier, Mouammar Kadhafi a décliné cette fois-ci l'invitation. Le chef de l'Etat libyen ne participera pas au Sommet de Paris qui doit lancer le 13 juillet prochain l'Union pour la Méditerranée. L'Elysée dédramatise cette absence, qui pourrait toutefois s'accompagner de celle de l'Algérie. La place d'Israël interroge certains pays arabes.


C'est officiel, Mouammar Kadhafi ne participera pas au lancement de l'Union pour la Méditerranée (UPM). L'Elysée a confirmé mardi que le chef d'Etat libyen ne sera pas présent au Sommet de Paris, le 13 juillet prochain. Cette annonce surprend peu, après les attaques répétées de Mouammar Kadhafi à l'encontre du projet de Nicolas Sarkozy. L'Elysée préfère alors relativiser cette absence et souligner les bonnes relations qu'entretiennent les deux pays. "Personne ne l'a trop sollicité", a avancé Bernard Kouchner lundi.

Claude Guéant s'était rendu la semaine dernière à Tripoli pour rencontrer Mouammar Kadhafi. Outre le suivi des accords signés à Paris en décembre dernier, le secrétaire général de l'Elysée a aussi plaidé pour l'Union que veut mettre en place le président français. "A la veille de la présidence française de l'Union européenne, le secrétaire général de l'Elysée a fait part de la volonté française d'avancer sur le projet d'accord-cadre entre l'Union européenne et la Libye", a expliqué l'Elysée.

L'incertitude algérienne

Mais le colonel Kadhafi avait déjà fait savoir le 10 juin son hostilité à l'UPM, avec sa verve habituelle. "Nous ne sommes ni des affamés ni des chiens pour qu'ils nous jettent des os", avait-il lancé. Le chef d'Etat libyen veut privilégier les institutions régionales. "Nous sommes des pays membres de la Ligue arabe et aussi de l'Union africaine et nous ne prendrons en aucun cas le risque de disperser nos rangs. Il faut que nos partenaires (européens) comprennent bien cela", a-t-il martelé, craignant un déséquilibre entre les deux rives de la Méditerranée en faveur du nord.

Certains pays arabes se méfient aussi de la place qu'aura Israël dans la nouvelle Union. Le président français a répété devant la
Knesset, le parlement israélien, son souhait de voir réunis à Paris les acteurs du Proche-Orient. Il se réjouit d'ailleurs d'accueillir le président syrien Bachar al-Assad, qui sera en France dès le 12 juillet pour s'entretenir avec Nicolas Sarkozy. L'Elysée rêve de devenir un acteur central du processus de paix israélo-palestinien et rassemblant les pays autour d'une table.

Mais cette ambition comporte des risques. François Fillon l'a reconnu mercredi dernier. "Oui c'est vrai, la France prend des risques, oui c'est vrai, nous ne sommes pas sûrs de réussir du premier coup cette initiative, qui est une initiative difficile", a souligné le Premier ministre. Parmi les questions en suspens demeure celle de la présence algérienne. Abdelaziz Bouteflika n'a toujours pas répondu à l'invitation. L'absence d'un partenaire historique de la France ne serait pas du meilleur effet pour Nicolas Sarkozy. Mais le président français est bien décidé à faire aboutir un projet qu'il a eu tant de mal à faire accepter à ses voisins européens.



Source : Lejdd.fr

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