El Béchir ne sera pas inculpé : "Ce qui vaut pour les USA devrait valoir pour le Soudan."
MANDAT D’ARRET INTERNATIONAL PROJETE CONTRE LE PRESIDENT SOUDANAIS OMAR AL-BACHIR
FAUT-IL EN RIRE OU EN PLEURER ? www.sanfinna.com
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a fait savoir qu’il a réuni un ensemble d’éléments probants qui lui permettent, dès le lundi 14 juillet 2008, de demander à la chambre préliminaire de la CPI de lancer des poursuites contre un certain nombre de dirigeants soudanais dont le président Omar al-Bachir en personne, ce dernier court le risque, à ce qui se dit, de se voir délivrer un mandat d’arrêt international pour « crimes contre l’humanité et pour génocide ». Si cela se faisait, le président soudanais serait le 3ème président à tomber dans les griffes de la CPI après Slobodan Milosevic inculpé en mai 1999 par le tribunal pénal pour l’ex Yougoslavie et après Charles Taylor poursuivi en 2003 par le tribunal pénal spécial sur la Sierra leone. Mais ce n’est pas demain la veille.
En effet, au lieu qu’à l’exemple de Richard Dicker, Directeur du Département de justice internationale au sein de Human Rights Watch, l’atmosphère soit à l’exaltation, au branle-bas de combat devant ce qui s’annonce selon ses propres mots comme « un pas significatif contre l’impunité au Darfour… et le message que personne n’est au-dessus de la loi, pas même un président ». C’est la grande catastrophe. Que la Ligue Arabe, convoquée à la demande du premier Soudanais, condamne toute inculpation des responsables soudanais, cela n’étonnera personne. Que par ailleurs, le Conseil de paix et de sécurité africaine mette en garde, comme il vient de le faire, la CPI contre toute inculpation de al-Béchir, ce plaidoyer prodomo n’a pas de quoi fouetter un chat. Que l’on fasse autant grise mine jusqu’au sein du système des Nations Unies, voilà qui ressemble à la fin des haricots ! C’est que la peur s’est généralisée. Ce ne sont plus seulement les Chinois et les Russes qui en sont à défendre le Soudanais et à tout faire pour qu’il ne déchaîne pas sa colère. Ce sont les hommes de la Mission conjointe de l’ONU et de l’Union africaine au Darfour (MINUAD) qui « mouillent » ; ils stockent de l’eau, des vivres, du carburant et s’apprêtent à mettre un terme à leurs patrouilles ; ce sont les ambassades occidentales à Khartoum qui, sur leurs gardes, multiplient conseils sur conseils à leurs ressortissants : «Faites-vous discrets, n’émettez aucun avis sur la situation… ».
C’est à pleurer de rage quand on met en balance cette ruée internationale sur le Darfour, ces tonnes de mots, de discours, de films, de larmes sur le génocide qui s’y déroule ! Ces exhortes à y envoyer des contingents avec ces femmes, ces enfants, ces hommes qui meurent et qui comme en Ex Yougoslavie et au Rwanda sont menacés d’extermination. C’est à croire que nous sommes en face de l’une des plus grandes hypocrisies pour ne pas dire escroqueries de ce siècle.
Comment réagiront tous ceux qui se sont mobilisés pour le Darfour, partenaires techniques et financiers, ONG, acteurs, chanteurs, philosophes, journalistes du monde entier, on le verra bien, car le défi qui est lancé ici les concerne tous autant que les pauvres victimes des Djandjawids et du régime autoritaire de Khartoum ? Mais tout de même à la décharge du pouvoir soudanais, il y a que Khartoum n’a pas ratifié le Traité constitutif de la CPI à l’exemple de certains pays comme les Etats-Unis d’Amérique qui ne se sentent donc pas liés par la juridiction internationale. Ce qui vaut pour les USA devrait valoir pour le Soudan. A moins que la procédure projetée ne s’appuie sur d’autres dispositions, il y a donc des chances que la Chambre préliminaire de la cour pénale ait des difficultés à inculper al-Bachir et à décerner contre lui, un mandat d’arrêt ! On verra bien à quelle sauce sera concoctée la procédure à peine initiée et qui fait un tel raffut dans le monde entier…
VT
Source : Sanfinna.com