L’Alliance nationale partante pour une conférence internationale - (lequotidien.sn)
TCHAD : Proposition de sortie de crise
Une conférence internationale sur le Tchad, c’est ce que proposent des membres de l’Alliance nationale présents à Dakar. Leur mouvement politico-militaire veut contraindre Idriss Deby à la table de négociation. Dans leur tâche, ils ont le soutien de la Raddho qui appelle la France et la Chine à faire pression sur Deby et El Béchir du Soudan à aller vers la paix.
Par Simon FAYE
L’Alliance nationale prône, une fois de plus, une solution négociée de la crise tchadienne. Deux de ses membres l’ont réaffirmé hier après-midi devant la presse à Dakar. Il s’agit de Albissaty Saleh Allazam, Président du Conseil d’action révolutionnaire et Makaila Nguebla, coordonnateur Afrique de la cellule d’animation et de communication assis de part et d’autre de Alioune Tine, Président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho). Selon eux, la paix passe nécessairement par «une conférence internationale sur le Tchad à l’initiative du Sénégal et en concertation avec l’Union africaine et l’organisation des Nation- Unies».
Une telle initiative, affirme Albissaty Saleh Allazam, «sera une alternative aux différentes tentatives de réconciliation mal préparées et non respectées par Idriss Deby». A terme, il s’agira de «l’obliger à venir au dialogue». Le Président du Conseil d’action révolutionnaire de l’Alliance nationale espère déjà, qu’«à l’issue de cette conférence internationale, et par un large consensus, des institutions de transition seront créées pour la mise en œuvre et le suivi des recommandations adoptées par les acteurs devant la communauté internationale».
Cet énième appel sera-t-il entendu ? Pour Makaila Nguebla, coordonnateur Afrique de la cellule d’animation et de communication, il faut «que la communauté internationale soit plus regardante» sur ce qui passe dans leur pays. Le tableau qu’il affiche fait ressortir des exactions de toutes de toutes sortes, des massacres de pauvres citoyens, des viols, des enlèvements et un enrôlement par la force, vidéo à l’appui, de jeunes enfants comme soldats dans l’armée. Makaila Nguebla qui dénonce par ailleurs des ramifications de la crise tchadienne à la guerre au Darfour (Soudan), de s’indigner de la présence d’hommes originaires du Darfour et armés par le régime de Idriss Deby et présents dans les corps militaires nationaux. «Les darfouri (habitants du Darfour) sont dans la rue, dans la police et terrorisent nos populations, violent nos filles et nos sœurs», persiste-il, avant de qualifier de «totalitaire» le régime actuel qui, selon eux, est soutenu par la France.
«La France est responsable de la situation catastrophique que traverse notre pays», accuse Albissaty Saleh Allazam. Ce dernier estime d’ailleurs que le pays de Marianne ferme les yeux sur plusieurs crimes et exactions, mieux, «n’a jamais su accepter l’esprit farouchement indépendantiste des Tchadiens».
Le Président de la Raddho a également son idée sur le règlement de la crise au Tchad. Mais, prévient Aliou Tine, «on ne pourra régler le problème du Tchad sans régler le conflit au Soudan, ni régler le conflit au Soudan sans régler le problème tchadien». Pour lui, en effet, les deux sont extrêmement liés et «on n’a pas intérêt à ce que le jeu continue». Alioune Tine d’inviter alors la France et la Chine, «marraine de la crise au Darfour», à faire pression sur Deby et Mohamed El Béchir, respectivement Présidents du Tchad et du Soudan, à accepter la paix.