« Les Soudanais ignorent tout du Darfour »

Publié le par Hamid Kelley

Jean-Yves Falc'hon rentre du Soudan. Il témoigne de la situation dramatique du Darfour, où 2,5 millions de personnes s'entassent dans les camps de réfugiés.

Jean-Yves Falc'hon, de Guilers, revient d'un séjour d'une semaine au Soudan. Délégué départemental d'Action contre la faim, il a rencontré les humanitaires qui s'efforcent de venir en aide aux populations du Darfour.

 

Le Guilérien n'a pas pu se rendre sur le terrain comme il le souhaitait. Il s'est trouvé bloqué à Khartoum, la capitale. Le jour même de son arrivée, le procureur du Tribunal pénal international délivrait un mandat d'arrêt contre le président soudanais, Omar el-Bechir, pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour.

« Par mesure de précaution, les Nations-Unies ont décidé d'évacuer leur personnel au Darfour. Seules les personnes dites essentielles ont pu continuer à s'y rendre », indique Jean-Yves Falc'hon.

Le salaire de la terreur

Néanmoins, il a pu se faire une idée de la situation en rencontrant au siège d'Action contre la faim des volontaires européens et soudanais. 60 expatriés travaillent au Soudan pour l'association humanitaire dont le secrétaire général est le Brestois Jacques Serba.

Premier constat, les Soudanais sont peu informés de la situation au Darfour. « Nous connaissons mieux le Darfour que les habitants de Khartoum. Le conflit est complètement oublié. J'ai été très déçu de constater que les Soudanais ne s'y intéressent pas du tout. C'est là une grande partie du drame. »

L'immensité du pays, grand comme six fois la France, explique pour partie cette ignorance. Voisin du Tchad, le Darfour se situe à 1 000 kilomètres de Khartoum. Depuis 2003, confronté à une rébellion armée, le gouvernement mène une répression qui touche aussi les populations civiles. « Les avions Antonov larguent des bombes sur les paysans qui travaillent dans les champs ou leur font peur en passant à basse altitude. »

Les rebelles accusent les milices « janjawids », armées par le gouvernement soudanais, de faire régner la terreur. La question de la terre explique une bonne part des violences et des crimes. « Le salaire des « janjawids », c'est la terre des gens qu'ils ont chassés. »

Dans la région du Jebel Marra, 700 000 personnes s'efforcent de survivre malgré les exactions du pouvoir central. « Elles vivent très petitement et souffrent de malnutrition. Ce ne serait pas le cas si ces agriculteurs pouvaient vendre correctement les oranges, les citrons et les oignons qu'ils produisent. »

Le harcèlement des autorités les en empêche. Il prend la forme d'interminables contrôles où il faut payer le prix fort pour passer. « Les fruits pourrissent avant d'être vendus. »

Adolescents perdus

Aujourd'hui, on estime que 2,5 millions de personnes s'entassent dans les camps de réfugiés qui se sont créés autour des villes. « Les ruraux sont devenus citadins par force. Le provisoire risque de durer. On voit dans les camps de réfugiés des adolescents perdus, sans espoirs et sans repères, un peu comme dans nos banlieues. »

Le but d'Action contre la faim est d'abord de secourir les personnes qui souffrent de malnutrition, que ce soit dans les camps de réfugiés ou à la campagne. L'association a installé des centres nutritionnels pour apporter une aide d'urgence. Elle fournit aussi aux populations rurales des semences et des outils. Des forages de puits sont entrepris pour développer les ressources en eau.

Selon Jean-Yves Falc'hon, cette crise du Darfour est loin d'être achevée. « Le Programme alimentaire mondial vient de revoir ses critères. Le nombre de bénéficiaires d'une aide va tripler. C'est pourquoi il faut continuer d'aider les associations comme Action contre la faim. »

 

Olivier MÉLENNEC.

Ouest-France
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M
bonjour<br /> c'est un agent de Sarkozy et Kouchner drapé d'un boubou d'un humanitaire. <br /> son article est trpo subjectif .<br /> il est un agent pour faire sa propagande
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