l’escadron de la mort de Deby frappe surtout pendant la nuit
Tchad: La nuit des longs couteaux
Sous les commandes du clan présidentiel, l’escadron de la mort frappe.
Enlèvements, tortures et répression. Le cycle des rapts politiques se multiplie à N’djamena. Le clan présidentiel et les bras armés de l’Agence Nationale de la Sécurité ont déclenché la « nuit des longs couteaux ». Après Yaya Erdimi, d’anonymes tchadiens, les faucons du régime despotique s’attaque à Zacharia Korey Allatchi. Trafic d’influence et pressions.
Les ingrédients de la rocambolesque histoire du jeune homme d’affaire Korey ressemblent au scénario de la police politique soviétique. N’djamena le 12 août : Un soupçon de reprise des combats flotte dans l’atmosphère. Dans son domicile, Korey Allatchi, 28 ans et prospère homme d’affaire du secteur de l’import-export, transit et le commerce général coule des heures en famille. Un Véhicule 4X4 à la vitrine fumée freine. L’escadron de la mort. Des hommes armés, à peine cagoulés, en compagnie du non moins célèbre Abdramane Bedei Itno, sans façon, embarquent avec le jeune homme d’affaire.
L’arbitraire s’abat ainsi sur Korey. Simple question : Que cherche l’ANS chez Zacharia Korey Allatchi ? Qui en veut à ce citoyen au cassier judiciaire vierge, sans accointances politiques publiques ? Sans remuer en profondeur les cendres de cette scabreuse affaire, ce paisible citoyen est la victime du « clan-organisateur », la clique de vautour engluée dans les combines et les réseaux qui contrôlent les milieux politico-financiers au Tchad. En clair, Korey subit le trafic d’influence de ses partenaires proche de la cour présidentiel.
L’acharnement dont il est l’objet laisse toutefois d’interrogations et conclut la thèse d’un complot politique. Aux premières heures des folles journées de février à N’djamena, les agents de la milice secrète de Deby avaient procédé à la première arrestation de Korey. Des éléments de la garde présidentielle sous la botte du colonel commandant de groupement GR Ousmane Bahr Itno avaient enlevé cette tête de proue du milieu des affaires. Tortures, intimidations, la panoplie d’armes psychologiques déstabilisa Korey. Ses parents lancent un SOS. Les organisations de défense des droits de l’homme, doivent agir rapidement avant qu’il ne soit trop tard.
L’histoire des crimes staliniens vient encore de se répéter au Tchad. La nuit des longs couteaux a repris. Signe de l’arbitraire qui règne au Tchad. Dans les chaumières, les chroniques de ces arrestations politiques meublent les conversations. Au plus fort de l’obscurité du système soviétique, des rapts, tortures et assassinats politiques étaient les armes de destruction silencieuse des apparatchiks. Ironie de l’histoire, c’est ce contexte qui a alimenté les convictions de la « Glasnost ». Etrange destin entre les pro-Deby et l’appareil d’Etat soviétique.
C’est le paradoxe de la pseudo démocratie tchadien, une monarchie moulée dans les attributs démocratiques et maculée de sang.
Par D.L de N’djamena-matin