Mme Deby a une ambition présidentielle!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Une ambition présidentielle Au-delà du droit de réponse, le livre de Mme Deby prépare l’opinion à accepter son implication de plus en plus importante dans les affaires publiques de l’Etat.
Hinda Deby ne manque pas d’ambition. “ J’ai toujours eu la passion d’apprendre. J’ai toujours voulu être la première […] Je serai la première femme tchadienne ministre des Finances ”, affirmait-elle lors de sa première rencontre avec le président chez sa tante, en 2005 à N’djamena. Elle préparait alors son départ pour Paris où elle devait préparer un Dess. Elle avait d’abord décliné la première offre du président, l’intégration immédiate dans la fonction publique et un poste à la présidence de la République. Mais après une longue réflexion, elle est revenue à la raison en se disant : “ Si je pars à la Présidence, ce sera pour y exercer les fonctions de directeur administratif et financier, ou l’adjoint de ce dernier ”.
Ces ambitions qu’elle porte dans son cœur sont en fait le fruit de son éducation, de son milieu de vie. Elle se rappelle sans cesse ces paroles de son père : “ Tu dois aimer ce que tu fais si tu veux te réaliser. N’aies pas peur de placer très haut la barre de tes ambitions et de la relever en permanence… ” M. Mahamat Abderahim Acyl fut en effet membre du gouvernement et diplomate. De juillet 1976 à septembre 1978, il occupe les fonctions de secrétaire d’Etat à la Santé publique, au travail et aux affaires sociales, après avoir été contrôleur des assurances au ministère des Finances et 2e secrétaire à l’ambassade du Tchad à Washington. On comprend que Hinda est, au départ, une enfant proche du pouvoir. Sa tante qui la fait venir au Togo en 1999 renforce son ambition de devenir “ un grand ” au Tchad. “ J’ai beaucoup appris à son contact […] En me contant ses expériences ministérielles, elle m’expliquait l’évolution des mentalités et sa foi irréductible dans ses activités. ” Tout cela forme la personnalité de Hinda ; une personnalité de leader, une personnalité de gagnante.
Dossiers de la République
Aujourd’hui très proches de dossiers sensibles de la République, nul doute qu’elle ait déjà relevé la barre de ses ambitions pour la mettre au niveau de la première charge républicaine. Avec ses affirmations, qui pourrait encore douter que Hinda Deby a la capacité de diriger l’Etat tchadien ? Après Deby, on ne pourrait donc pas être surpris qu’elle se présente comme candidat à la magistrature suprême. A chacun d’en juger : elle est toujours aux côtés du président au front, il lui arrive de “ revêtir l’habit militaire […] Peut-être aussi le fait que je sois née dans une période de guerre m’a en quelque sorte vaccinée […] J’admire le président [ou plutôt la présidence] ”. Hinda sait désormais lire les cartes pour voir où se trouvent les rebelles et trouver la réplique appropriée, elle communie parfaitement avec les militaires dans les casernes, elle adore les valeurs que ceux-ci défendent, elle parle – la persuasion en moins – des différentes attaques dont le Tchad est victime ces dernières années (Adré, Abéché, N’djamena, etc.), elle connaît la géographie du pays, … Et puis, elle a tout un projet de société qu’elle réalise doucement. Autant le dire, la première dame du Tchad qui se donne le plaisir de se nommer elle-même “ mère de la nation ” est déjà en campagne !
Mme Deby parle sans cesse de son œuvre dans les secteurs sociaux (éducation, santé, affaires sociales, etc.). Et elle avertit ceux qui en doutait encore, que son mari la soutient dans tout ce qu’elle fait. L’on comprend que d’ici la fin du mandat de Deby, bien de choses peuvent se passer. Avis aux rebelles !
Un syncrétisme religieux représentatif d’une bonne partie de la population tchadienne. Un cursus scolaire d’une Tchadienne fière d’elle. Mme Hinda Deby Itno se peint comme la femme qu’il faut au Tchad.
L’une des choses qui marque le lecteur de La main sur le coeur, c’est que l’auteur se présente comme étant le résultat d’un syncrétisme religieux. Pour qui sait ce que représentent les conflits interreligieux dans le monde, le syncrétisme dont se prévaut la première dame du Tchad est un indicateur de la paix et de l’unité de plus de 70% de Tchadiens. On distingue en effet deux religions dominantes au Tchad : l’islam et le christianisme. 40% de ses quelque 9 millions sont musulmans et 33% d’entre eux sont chrétiens. Le reste est essentiellement animiste.
Quand Hinda naît le 02 avril 1980 à N’djamena, elle hérite d’un grand-père dirigeant de l’école coranique. C’est ainsi qu’elle est baptisée dans la foi musulmane quelques jours après. “ Avec lui, j’ai appris la nécessité de respecter les principes, le bonheur de les vivre en conjuguant l’exercice du bon et du bien ”, témoigne Mme Deby. La probité, le refus du gaspillage, la bonne gestion des ressources font partie de son quotidien. Témoignage : “ Je n’accepte jamais qu’un morceau de pain soit jeté. La nourriture est un bien précieux qu’une relative abondance ne doit jamais dévaloriser. ”
Quoiqu’étant musulmane, la scolarité primaire et secondaire de Hinda Deby se déroule dans un milieu chrétien. Dès 1985, elle effectue en son cycle primaire chez les sœurs catholiques, à l’école de Beguinage. En 1992, elle réussit au concours d’entrée en sixième au Lycée Collège sacré-cœur. De cet environnement chrétien, elle ressort avec une autre culture, celle du respect d’autrui avec ses croyances. “ Même si nous n’avons pas les mêmes convictions que les Catholiques, nous sommes les uns les autres, chacun à sa façon, des croyants […] Les catholiques comme les musulmans ont une religion monothéiste et sont tous des fils d’Abraham ”, synthétise-t-elle.
Une femme plutôt brillante
Le parcours scolaire de Hinda Deby Itno, tel que présenté par elle-même, est une sucess strory. A l’école primaire, elle n’occupe que les premières places. Au collège et au lycée, la jeune Hinda traverse les sept années d’études du secondaire comme un météore et décroche son baccalauréat en 1999. “ L’échec n’était pas au programme ”, dit-elle. Elle avait un goût pour les mathématiques, le langage des chiffres ; elle manifestait également un amour pour la géographie, synonyme d’ouverture sur le monde. Au sortir du lycée, une de ses tantes, plusieurs fois ministre et travaillant pour une organisation du système des Nations unies, lui propose de venir avec elle au Togo. Elle prend alors une inscription à l’Institut d’administration des études commerciales (Iaec). Dans cet établissement d’enseignement supérieur, elle prépare et obtient, en deux ans, son diplôme de technicien supérieur en finances et banque.
Après de nombreux stages (Banque togolaise de développement en 2000, Banque centrale des Etats d’Afrique centrale en 2001) elle se sent prête pour l’entreprise. Malgré les échecs successifs pour décrocher une bourse d’Etat, elle poursuit contre vents et marrées ses études à l’Institut du génie appliqué de Rabat au Maroc. “ La mention ‘Bien’ que j’obtiens en 2003 en fin de deuxième cycle est ma réponse naturelle au sacrifice des miens ”. En juillet de cette année-là, elle retourne au Tchad. Elle cherche alors à intégrer la fonction publique. Malgré son brillant parcours, rien n’est facile pour elle. En 2004, elle trouve enfin du travail. “ La Banque africaine de développement assurait la sélection pour un poste au ministère de la Santé publique. Il s’agissait de recruter un chef comptable dans le cadre d’un projet de renforcement du système de santé et d’appui à la lutte contre la Vih/Sida et les maladies épidémiques. ” Alors qu’elle s’apprêtait désormais à préparer un diplôme d’études supérieures spécialisées en ingénierie financière en France, elle rencontre en 2005 l’élu de son cœur qui stoppe net son aventure académique.
L’épouse du chef de l’Etat arrive ainsi à démontrer qu’elle n’a jamais obtenu de faveur pour être là où elle se trouve, même si le président lui avait dit : “ Je vais t’aider ”. C’est le résultat, croit-elle, de l’effort et de la chance. De fait, elle n’aurait jamais rêvé moins qu’un tel poste.