Tchad : Le régime Deby appelé à expliquer la mort de 1000 Tchadiens

Publié le par Hamid Kelley

Description

Le rapport de la Commission d’enquête sur les violences qui ont éclaté à N’djamena à la suite de l’attaque rebelle au mois de février 2008, n’a pas convaincu de nombreuses personnes. Le doute persiste sur les arguments avancés au sujet de la mort de l’opposant Ibni. Mohamed Saleh, son fils, a accusé le président Déby d’être le commanditaire de la mort de mon père tandis que L’Organisation internationale de la Francophonie(OIF) et l’Union Européenne(UE) ...


Le rapport de la Commission d’enquête sur les violences qui ont éclaté à N’djamena à la suite de l’attaque rebelle au mois de février 2008, n’a pas convaincu de nombreuses personnes. Le doute persiste sur les arguments avancés au sujet de la mort de l’opposant Ibni. Mohamed Saleh, son fils, a accusé le président Déby d’être le commanditaire de la mort de mon père tandis que L’Organisation internationale de la Francophonie(OIF) et l’Union Européenne(UE) appellent les autorités tchadiennes à engager de nouveaux efforts.

L’opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh, disparu depuis le 3 février 2008 après l’attaque rebelle sur N’Djamena , est selon toute vraisemblance «décédé» après avoir été arrêté à son domicile par des militaires tchadiens, selon l’AFP citant le rapport de la commission d’enquête rendu public le mercredi 3 septembre 2008.

Attendu depuis sa remise au président tchadien Idriss Deby Itno le 5 août 2008 et après de nombreuses tergiversations au moment de la création de la commission d’enquête en mars et avril, le rapport de 200 pages- ne fait pas «toute la lumière» sur la disparition du porte-parole de la Coordination des Partis pour la défense de la démocratie (CPDC), «regrettent» l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l’Union européenne (UE).

Selon le rapport, «aucune information ou élément de preuve n’ont pu être obtenus sur le sort d’Ibni Oumar Mahamat Saleh, le seul des opposants politiques enlevés le 3 février 2008 à ne pas avoir réapparu. Les gens pensent qu’il serait désormais décédé».

C’est la première fois que l’hypothèse de sa mort est évoquée officiellement. Jusqu’à présent, elle n’était avancée qu’en privé par des opposants et observateurs par respect pour la famille.

Le rapport attribue l’arrestation d’Ibni à l’armée tchadienne et indique qu’aucune information ou élément de preuve n’a pu être obtenu sur le lieu ou les lieux de sa détention et les conditions dans lesquelles elle s’est déroulée.

DEBY POINTE DU DOIGT ACCUSATEUR

Cependant, le contenu de ce rapport d’enquêtes est loin de convaincre des nombreuses personnes qui réagissent de par le monde sur la disparition de l’opposant Ibni. La famille de M. Ibni, l’opposition et la Communauté internationale se sont montrées critiques de la commission malgré les 1.500 personnes interrogées.

Mohamed Saleh, son fils, a estimé que le rapport était «une parodie pour amuser la galerie». «Le commanditaire de la mort de mon père c’est Deby.

De son côté, le député et figure de l’opposition Saleh Kebzabo, porte-parole adjoint de la CPDC, assure que «la Commission n’a pas mené les investigations nécessaires pour une conclusion sérieuse».

Salibou Garba, rapporteur de la CPDC, «craint que le pouvoir n’ait trouvé, à travers cette commission, le moyen d’endormir la famille d’Ibni, ses amis politiques, M. Sarkozy, l’UE, l’Union africaine (UA), l’OIF, bref toute la Communauté internationale. Pour mieux rouler tout le monde dans la farine». L’OIF et l’UE soulignent que «la manifestation de la vérité» n’a pu être établie et «appellent les autorités tchadiennes à engager de nouveaux efforts».

Le gouvernement tchadien a pour sa part, formulé des critiques à ces enquêtes, arguant, selon RFI, que les auteurs du rapport ont manqué d’objectivité, passant sous silence le rôle des rebelles et du Soudan, et chargeant de manière excessive les forces tchadiennes de défense et de sécurité.


PIERRE EMANGONGO ET BIENVENU IPAN (STAGIAIRE)
 

source: KongoTimes
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