Regain d'intolérance intercommunautaire sur la toile par Dr albissaty Saleh Allazam enseignant chercheur
06 sep 08/ Regain d'intolérance intercommunautaire sur la toile
L'article que voici était écrit dans l'humeur du contexte de la période. Certain de ses passages pourraient facilement paraître comme d'écarts de langage. Je m'en excuse mais je ne peux y apporter des modifications stylistiques pour ne pas altérer son historicité. Toute fois, si j'en voudrais une sorte de préambule pour mon nouveau article, c'est parce qu'il comporte des passages que je n'ai pas envie de reprendre. Albissaty Saleh Allazam
07 Décembre 05- Intellectuels tchadiens : Les deux types de divisionnistes.
S’il y a quelque chose de plus écœurant que le comportement de Deby et la bande des vandales qui l’entoure, c’est bien la malhonnêteté et le populisme d’une infime minorité qui se targue du statut d’intellectuel. Cette tranche d’intellectuels tchadiens, bien qu’elle ne représente pas grand-chose en termes de démographie, elle est néanmoins dotée d’une formidable volonté de faire croire que ses thèses sont partagées par tout le monde.
Généralement, sur instructions des étrangers (je n’exagère pas) auprès de qui ils cherchent protection et reconnaissance, les intrigues les plus incroyables sont fabriquées pour arriver à leur fin. Nul besoin d’être un prophète pour savoir pour qui roulent-ils.
D’ailleurs, une bonne partie de ces fossoyeurs de la république se réclament ouvertement des amis de la France ou des USA, alors que les deux pays répètent à volonté qu’ils n’ont que des intérêts ; pas d’amis.
En fait d’intellectuels, ils ne sont que des perroquets qui reproduisent les mêmes sons provenant de leur maîtres à penser.
De la définition de la démocratie à celle du terrorisme, en passant par le mode de gouvernance, rien ne leur est propre c'est-à-dire les appartenant.
Ces sujets aussi importants soient-ils, sont traités avec un amateurisme qui frise le cynisme. Il n’est pas rare que des confusions déconcertantes sont faites entre l’universalité de la démocratie et le particularisme des Etats et des nations, le terrorisme et le droit des peuples à se révolter contre la tyrannie ; l’information et l’incitation à la haine.
Bref, en voulant démontrer coûte que coûte leur talent d’analystes et de communicateurs, en faisant, bien entendu, un parallélisme des phénomènes en vogue ailleurs avec nos réalités nationales, ces intellectuels versent consciemment ou inconsciemment dans un populisme primaire voire un divisionnisme pur et dur.
En effet, si nous prenions la peine de faire une analyse minutieuse de notre histoire récente, nous aboutirions à une et une seule conclusion : la cause du mal de vivre des tchadiens est un rétrovirus appelé la (CIT) Classe Intellectuelle Tchadienne. En d’autres termes, cette classe était et est l’unique facteur provocant ce climat politique malsain que nous vivons actuellement.
Oui, c’est bien les interprétations tendancieuses que font les intellectuels tchadiens des évènements politiques, qui sont la cause du manque de confiance entre les citoyens.
L’incitation à la haine à peine voilée, de part et d’autre des rives du Chari, est érigée en style de dialogue
.
Il n’est pas nécessaire d’indiquer le rôle de la France dans la manigance qui fait croire que le Tchad est double, qu’il y a deux entités bien différentes l’une de l’autre ; bref, qu’il n’y a rien de commun entre les fils du Tchad.
Le pays est mis (verbalement ?) en coupe réglée. Selon une logique purement tchadienne, au Tchad, il n’y a que deux régions : le nord et le sud. Le centre n’existe pas. Et puis quel nord et quel sud ! Un découpage arbitraire qui ne répond à aucune logique géographique. Le Guera, le Batha et même le Salamat sont classés zones nord, mais, passons !
Cette catégorie d’intellectuel qu’on rencontre dans tous les milieux, semblent être tombés d’accord pour affaiblir la cohésion sociale ; cohésion qui mettrait en danger et leurs intérêts et leurs personnes.
Aussi, en parlant de ce type d’intellectuels, on ne pourrait s’empêcher de les catégoriser, selon qu’ils se passent pour des combattants de je ne sais de quelle cause ou des patriotes ayant une vision particulière de l’avenir du Tchad. Mais, ils ont un point commun: l’immaturité intellectuelle.
En parlant de deux types de fossoyeurs de la république, ceux qui suivent mon regard auraient certainement imaginé que je ne pourrais parler que de ces démagogues qui s’autoproclament « correcteurs des fautes », politologues et autres faux chroniqueurs des évènements qui ont secoué notre patrie.
Mon langage, comme toujours, fera crisper plus d’un ; disons que ce langage mes mettrait entre les feux de deux camps, ce qui ne sera sans doute pas à mon avantage, mais je m’en f… c’est aussi le prix à payer pour que ces malhonnêtes sachent que leurs bouffonneries sont de très mauvais goût et qu’ils doivent trouver un autre thème de débat plus constructif.
En fait, qui sont-ils exactement ? Eh bien ce sont ceux-là même qui se présentent le jour comme des patriotes et la nuit, près d’eux, le diable de la division serait, lui-même, un piètre imitateur.
La nuit ? Que dis-je ; en plein jour !
Pour arriver à leur but qui n’est autre que se faire remarquer en tant qu’intellectuels, manigance, hypocrisie, imposture, tout est légal et légitime.
Malheureusement pour les progressistes et l’ensemble des tchadiens qui n’aspirent qu’à la paix, les thèmes abordés par ces messieurs, ne sont d’aucun intérêt national sinon qu’ils maintiennent un climat de tension sociale qui leur inspire les pires contrevérités historiques qui les arrangent.
Les deux groupes, comme chacun le sait, sont des messieurs qui se sont volontairement scindés en deux camps : nordistes et sudistes. Je n’ai rien inventé ; ils se réclament en tant que tels. Chaque camp a ses ambitions, et ces ambitions aussi différents et contradictoires qu’elles semblent paraître, il n’en demeure pas moins que le but à atteindre est le même : être leader d’opinion et partant, à défaut d’être des leaders de masses, rassembler des hordes d’ignorants pour qui, tout ce que inventent ces imposteurs est une vérité que le diable seul sait de quel livre saint.
Ce qu’ils racontent, ce qu’ils véhiculent n’a, bien entendu, aucun intérêt national et d’ailleurs tout le monde le sait, mais, il me semble, bien que critiqué par tous les intellectuels honnêtes, personne n’a eu le courage d’étaler leurs manipulations au grand publique ; de toutes les manières, pas suffisamment. C’est pourquoi, j’ai cru nécessaire qu’il va falloir dénoncer leur comportement ouvertement au lieu d’en parler en privée.
Cela dit, je n’ignore pas que je ne suis pas le seul à avoir compris le jeu de ces messieurs ni le seul à s’en plaindre, mais une fois de plus, j’aimerai qu’une vaste campagne médiatique contre les manigances de ces groupuscules soit organisée afin qu’ils réfléchissent mille fois avant de nous raconter des histoires qui n’ont d’autre but que de les hisser eux-mêmes au rang des leaders d’opinion.
Ainsi donc, en tant que nordiste (selon le découpage éhonté en vigueur) je commencerai par ceux que les « intellectuels nordistes » m’imposent comme ennemis c'est-à-dire les sudistes.
Tenez ! Pour la petite minorité d’ « activistes méridionaux » car c’est comme cela qu’il conviendrait de les appeler, le cadre sudiste est un homme parfait. Sa platitude dans l’exercice de ses fonctions trouve, chez ses coreligionnaires et autres parents du village ; ceux qui savent manier la langue de Montesquieu, une explication de plus simpliste : le pouvoir nordiste ne le laisse pas travailler ; il a les mains liées et autres assertions du même genre. On passe sous silence qu’un homme intègre n’accepterait jamais de service un pouvoir au service d’une ethnie ou d’une région. On oublie aussi que cet homme bien défendu par des journaux au raisonnement tendancieux, nage dans un « patrimoine » d’une valeur équivalent au salaire annuel de presque mille jeunes médecins, et je n’exagère pas.
Toujours selon eux, le sud tchadien ne produit pas des malhonnêtes, des nullards ; des incompétents…
De même, l’acharnement contre l’homme nordiste, à tord ou à raison, a fait perdre la raison aux tenants de cette logique.
A titre d’exemple, il n’est pas rare de lire dans les journaux tenus par des « cadres sudistes » des articles faisant un amalgame entre l’islam et l’excision, oubliant superbement que ni l’islam ni les arabes n’ont inventé cette pratique. L’excision est une pratique purement africaine ; elle est antérieure à l’islam, et les seuls arabes qui la pratiquent, sont ceux du Soudan et du Tchad, et qui l’ont apprise justement en Afrique. Mais à qui tu diras cela ! On persiste et signe.
En plus, pour démontrer l’"incongruité" de l’islam, certains titres tchadiens hantent la presse internationale en quête des articles critiquant les musulmans et l’islam et qu’ils reproduisent sans objection. Certain en ont fait une spécialité. A-t-on réellement besoins de cela en ce moment précis ? À quoi et à qui serviront ces témoignages ?
N’avons-nous pas autre chose de plus urgent et plus important à débattre que « l’imposture » du prophète Mohammad qui, selon eux, avait interdit la chaire du cochon parce que, de retour d’une virée, étendu sur un banc de sable, le mammifère l’aurait mordu ?
Les nordistes, quant à eux, ne manquent pas de méchanceté vis-à-vis de leurs compatriotes du sud.
Pour ces semi-lettrés arrivés dans les bagages du CCFAN et du MPS, et d’autres encore qui sont recrutés sur place, ce sont les régimes de Tombalbaye et de Malloum qui sont les causes du retard du Tchad. Ils oublient superbement que même si on admet que les actes de ces deux hommes n’étaient pas particulièrement louables, il y a déjà plus d’un quart de siècle qu’ils ne sont plus aux affaires et que justement ce sont des nordistes, que cela plaise ou pas, qui gèrent le pays, depuis.
Et puis, quelle confusion entre seulement deux hommes que la providence a voulu qu’ils soient à la tête de l’Etat à un moment donné de l’histoire et leur appartenance ethnique ou confessionnelle ?
Le plus déroutant dans le comportement malhonnête de cette soi-disant intelligentsia nordiste, est que, même à son sein, la majorité écrasante chuchote : « wallahi temps hana sara akheir. Sirgué koulou mafi kattir, sécurité koulou fi quartier dol fi, watta affé. Lakine anina da… hiya bass ! » (ce qui veut en français à peu près ceci: la période du règne de saras est meilleure. Il n'y avait pas de vol, il y a la sécutité dans les quartiers, mais nous-là, que dire)
Alors, dès lors que c’est ainsi, pourquoi ne pas le reconnaître publiquement et de cette manière, obliger leurs analphabètes de parents à reconnaître leur statut au lieu de leur faire des promotions immérités.
Pourquoi, dans ce cas, ne pas dire qu’écoutez, les sudistes ont certes très mal géré le pays, mais nous, nous avons fait pire ; maintenant, soit mettons l’homme qu’il faut à la place qu’il faut soit effaçons-nous et donnons une seconde chance à un compatriote du sud, le temps que nous réglerons le compte à ceux de nôtre qui sont maladroitement ambitieux et qui font notre honte. Il est vrai, cette logique est une forme de ségrégationnisme qui ne dit pas son nom, mais elle a le mérite d’être sincère ; et à mon avis, elle est compréhensible.
Au lieu de cela, les « cadres nordistes » sélectionnés par le régime considèrent le pays tout entier comme leur propre vache à lait ; ils se réunissent nuitamment pour étudier la meilleure façon de la traire.
Aussi, dès que des signes de mécontentement populaire se font sentir, le bouc émissaire est tout de suite désigné : ce sont ces sudistes « revanchards et saboteurs » qui créent la zizanie. Et pourtant, c’est grâce à la zizanie qu’ils se maintiennent au pouvoir ; une zizanie qu’ils (les nordistes) souhaitent éternelle.
Ce qui choque, est que la pègre "Doum", à la faveur des signes de fin de régime, semble avoir encore des beaux jours devant elle.
M. Erdimi ne nous la présente-il pas comme cosignataire de sa déclaration de guerre à Deby quand il disait : « Au nom des cadres civiles et militaires restés au Pays ».
Ce sont justement ces « cadres civiles et militaires restés au Pays » qui triaient parmi les sudistes, des malfrats pour donner une coloration nationale au système.
Non, s’ils sont réellement cosignataires de la déclaration de M. Erdimi, s’ils ont réellement compris enfin que les intérêts de la patrie passent avant tout autre considération, ils doivent obligatoirement et dès aujourd’hui se manifester afin qu’au moins une partie des tchadiens les pardonnera. Autrement, pour les humiliés que nous sommes, il n’y a point de différences entre eux et Deby.
Les tchadiens n’accepteront jamais que, pour garantir leurs intérêts, ces messieurs, qui continuent à servir le régime jusqu’à la dernière seconde, se présenteront comme des patriotes qui ont fait un travail souterrain pour aider ceux qui luttent ouvertement.
« Cadres civiles et militaires qui sont restés au pays » ça ne marchera pas. C’est du déjà vu et entendu.
De même, les tchadiens qui se veulent intellectuels et qui se disent militant d’une cause nationale, doivent nous démontrer un autre talent de discours que celui monotone dont on connaît par cœur : les sudistes c’est ceci, les nordistes c’est cela…
L’intellectualisme c’est d’abord une vision futuriste, progressiste.
Enfin, si ces messieurs que je viens de décrire passablement se sentent confus par mon discours, alors, je crois que ma mission est presque accomplie.
Albissaty Saleh Allazam
Publicité