Politiquement, c'est quand même minable parce que ce n'est pas rassembleur

Publié le par Hamid Kelley

Je ne comprends pas  le raisonnement d'un monsieur auteur de l'article intitulé « les propos de Mahamat Nouri sont politiquement corrects » sur lyadishblog. Cet article se résume à peu près en «tant pis s'il ya des mécontents. Nouri réitéra son discours si l'occasion se présente à nouveau. Faites ce que vous voulez si vous en êtes capables ». Politiquement, c'est minable parce que ce n'est pas rassembleur, mais plutôt diviseur. On ne tire absolument aucun intérêt d'une telle expression de lacunes et de maladresses politiques. En privé, Nouri peut s'en foutre de mon opinion. Mais, sur le plan politique, il a besoin de tous les Tchadiens (musulmans, kirdis, animistes, mangeurs de porc ou de rats). Si c'est faux alors que Nouri me contredise.  Ce monsieur et Nouri lui-même sont politiquement adolescents! Ils souffrent d'une immaturité politique qui fait qu'ils ne réalisent pas encore que les Tchadiens ne veulent pas se diviser ni s'exclure les uns les autres. Les Tchadiens veulent se rassembler et s'unir pour construire leurs pays. Et pour réaliser une telle volonté, on ne dit surtout pas tant pis aux mécontents. On ne parle surtout pas comme Nouri l'a fait. Nouri est bon pour être seigneur de guerre. Mais, la rébellion armée est une tare. On peut donc déduire de manière valide que Mahamat Nouri est bon à pas grand-chose.   

On ne règle pas un problème en le contournant simplement ou en évitant le débat.

J'ai lu l'écrit de Jérémie Balam sur lyadishblog et  il a fait une évocation qui a retenu mon attention. Une remarque que je reformule à peu près comme ceci : Un des défauts majeurs des Tchadiens, c'est de se dire «  laissons tomber ce débat. Ça ne mène nulle part. Ce n'est rien. Il ya des choses plus urgentes. Ça risque de diviser alors taisons-nous…» Ça ne risque pas de diviser parce que ce n'est pas l'objectif que nous poursuivons en recherchant le débat. Aussi, le débat peut apporter la clarté. Ce que beaucoup ne comprennent pas, c'est que lorsqu'un problème n'est pas résolu, il y'a ou il y'aura quelqu'un qui va demeurer amer quelque part. C'est ce qui explique, aujourd'hui, les montagnes des problèmes complexes non résolus au Tchad. Nous avions toujours redouté d'affronter nos problèmes. Nous les avions laissés s'accumuler. Lorsque nous avions voulu les régler, ils sont devenus tellement complexes que presque personne n'est capable de proposer une solution efficace et adéquate. Les petits problèmes et écarts de langage, les manques d'adresses politiques ou simplement les sottises des uns et les mesquineries des autres se sont tous entassés au point qu'ils sont plus hauts et plus visibles que nous-mêmes et tous ce que nous pouvons avoir de meilleurs. C'est ce que les étrangers observent avant qu'ils ne nous approchent. Il faut comprendre que c'est aussi l'accumulation des petits problèmes non résolus qui engendre des manifestations d'insatisfactions, de colères, de rancunes et de violences.  Je suis pour la continuité des débats dans un esprit de respect mutuel. Il suffit de comprendre qu'attaquer l'opinion d'un auteur ne signifie pas attaquer l'auteur de l'opinion en question. Il n'est pas bénéfique d'éviter de se parler à cause des carences de quelques individus. Personnellement, je ne réponds jamais aux écrits brutaux, sans réels contenus ou une certaine hauteur ni aux emails du même genre envoyés directement dans ma boite de courriels. Je n'honore pas les déviants. Ce sont des genres de réactions que je laisse à d'autres catégories de personnes qui s'y plaisent. J'ai appris que dans un débat, il ne faut surtout pas être sensible à certains types d'états d'âme ou attendre toujours un beau compliment. Les discussions sont parfois faites ainsi.  Les Tchadiens ne veulent plus se faire berner par des opportunistes masqués en sauveur. Il faut continuer à parler pour connaitre ce qui est derrière le masque. Je recommande la continuité du débat. C'est la seule façon de connaitre le fond des pensées des uns et de saisir les mobiles des autres.  

 

Joe Al Kongarena

Joe.alerte@gmail.com

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