Hinda Deby : L’humanitaire, les caisses noires et le pouvoir

Publié le par Hamid Kelley

L’épouse de Deby investit dans l’action sociale. Qui règle les factures ? Incursion au cœur d’une maffia politico- caritatif.

 

Après Chantal Biya, Chantal Compaoré, Hinda Deby vient de  franchir le cercle de «  first ladies » au grand cœur.  La première Dame du Tchad brille sur le front de l’humanité. Elle se découvre une vocation tardive, une passion pour le social. Fonds détournés de l’or noir, financement occultes, les caisses noires de l’Etat couvrent les caprices humanitaires de l’épouse d’Idriss Deby.

Elle se fait un label sur le front moins tendu du social, nouveau fond de commerce politique des épouses des despotes africains. A Fada, Hinda Deby a offert d’importants matériels hospitaliers d’une valeur de 60 millions Fcfa à la maternité qui porte désormais son nom. Charité bien ordonnée. Hinda, « la main sur le cœur », elle n’a d’yeux que pour l’éducation, le social, l’écologie. Un soupçon d’humanitaire traverse la première Dame, au passage elle se fait appeler la « mère de la Nation  ». Autoglorification. Chapeau, le Tchad a aussi sa « mère Teresa » ; seulement l’épouse de Deby a une calculette à la place du cœur.

Comptable de par sa formation universitaire, Hinda a appris l’alchimie de l’addition entre les chiffres de la « charité » et les  fonds pétroliers. Confession : « J’ai vite constaté qu’être première Dame aussi c’était un métier. Aux côtés du chef de l’Etat, c’est la mère de la Nation … C’est une ambassadrice qui représente en permanence le chef de l’Etat ». Les confidences de Hinda Deby dans son livre La main sur le cœur trahissent les cristallisations obscures qui fondent son action sociale.  

Au sommet de la galaxie Itno, Hinda a tracé son sillon. Hinda Mahamat Abderahim Acyl, par le jeu des alliances présidentielles, s’est tissée une stature incontournable dans le système militaro- prévaricateur tchadien. Elle met ainsi à profit ses voyages d’études au Maroc et au Togo. Hinda manipule, trafique  l’écriture comptable du pétrole. Faiseur de ministres et des secrétaires d’Etat, elle marchande sa proximité avec le président au plus offrant. Elle ne fait pas œuvre de modestie autour de son influence dans le cénacle présidentiel : « C’est aussi elle qui doit chercher  des solutions individuelles aux cas (d’appétit ministériel) qui lui sont soumis. Et cette liste de devoirs est loin d’être exhaustive. »

Dans l’entourage présidentiel, il se raconte de croustillantes anecdotes. «  A table, elle ne parlait plus au président ; cette scène a duré 4 jours. Madame (Deby) utilise cette caprice lorsqu’elle veut obtenir les générosités du boss »  

Au palais rose, des pans de l’activité humanitaire de la première Dame filtrent également. Ses anciens collaborateurs du programme de renforcement du système de santé et d’appui à la lutte contre le VIH/sida et les maladies épidémiques ne tarissent pas d’éloges d’un autre genre : «  Hinda, du temps qu’elle exerçait la fonction de chef comptable au ministère de la santé, exigeait des  commissions occultes et trafiquait les chiffres ». Le culte des pots de vin.

 Manipulatrice. Charitable. Présidentiable. A peine 28 ans, Hinda est  un syncrétisme politico- caritatif, c’est le visage angélique de la sanglante dictature qui paupérise les tchadiens. A travers son sourire juvénile, Deby espère tire un gain politique de son «  investissement  » sociale. Des perfusions de centaines de millions sont injectées dans la « fondation » pour le lifting de l’image présidentielle. La communication politique investit le champ de l’humanitaire. Les stratèges parlent de « business charity ».

Dons, prise en charge sanitaire, construction des écoles ; la charité politico-mercantile de Hinda positionne  Idriss Deby dans le subconscient du peuple  en « père de  la Nation  ». Et dire que les tchadiens sanctifient la première Dame comme une « bonne sœur » !


Par D.L de N’djamena-matin

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