Otages: N'Djamena dément que la libération ait eu lieu au Tchad

Publié le par Hamid Kelley

N'DJAMENA - N'Djamena a démenti auprès de l'AFP que l'opération commando qui a permis lundi de libérer onze touristes européens et leurs huit accompagnateurs égyptiens qui avaient été capturés en Egypte le 19 septembre se soit déroulée au Tchad.

"Rien ne s'est passé au Tchad. Le Tchad n'a rien à voir dans cette histoire. Le Tchad n'a rien vu. Nous avons suivi tout ça à travers les médias", a affirmé à l'AFP le porte-parole du gouvernement tchadien, Mahamat Hissène, également ministre de la Communication.

"Nous sommes surpris et nous nous demandons s'il n'y a pas une +entourloupe+ contre nous", a-t-il ajouté.

Le ministre avait fait des déclarations similaires dimanche.

Un responsable de la sécurité égyptienne a affirmé lundi que l'armée égyptienne avait mené l'opération commando au Tchad, près de la frontière avec le Soudan.

Dimanche après une annonce d'un conseiller de la présidence soudanaise sur la présence des otages sur le sol tchadien, Mahamat Hissène avait fait des déclarations similaires, accusant le Soudan d'une "opération médiatique".

"Nous n'avons rien remarqué sur le territoire national tchadien (...) Nous nous demandons s'il ne s'agit pas d'une opération médiatique du Soudan pour détourner l'opinion", avait-il notamment affirmé.

De source militaire française, ni l'Eufor, la force européenne déployée dans l'est du Tchad dont la France est la principale composante, ni les troupes de l'opération Epervier, le dispositif militaire français au Tchad depuis 1986, n'ont repéré les ravisseurs en territoire tchadien.

Toutefois, le dispositif Eufor ne couvre pas tout le nord-est tchadien, secteur le plus proche des frontières égyptiennes.

Le groupe d'otages, enlevé le 19 septembre lors d'un safari dans l'extrême sud-ouest égyptien, comprend cinq Italiens, cinq Allemands, une Roumaine et huit Egyptiens.

Le Tchad et le Soudan qui entretiennent des relations tumultueuses depuis plus de cinq ans ont rompu leurs relations diplomatiques en mai mais ont promis de les rétablir.

Les deux pays s'accusent notamment de soutenir les rébellions en lutte contre leur régime respectif. Le Soudan avait rompu en mai les relations diplomatiques après une attaque de rebelles du Darfour près de Khartoum, accusant N'Djamena d'être derrière l'offensive. Dimanche, le conseiller soudanais avait également affirmé que les preneurs d'otages étaient liés à un groupe rebelle du Darfour, région de l'ouest du Soudan déchirée par la guerre civile depuis 2003.

Des porte-parole des rebelles du Mouvement pour la Justice et l'égalité (JEM) et de l'Armée de libération du Soudan (SLA) ont démenti être impliqués dans les enlèvements.

Selon le président tchadien Idriss Deby Itno, le Tchad a subi 28 attaques venant du Soudan dont celles contre N'Djamena le 13 avril 2006 et les 2 et 3 février 2008. La dernière en date s'est produite mi-juin.

Quelque 450.000 réfugiés du Darfour et déplacés habitent actuellement dans l'est du Tchad où est positionnée l'Eufor, la force européenne déployée dans la région.

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