Tchad : Deby se barricade dans un « rideau vert »
Affolé par les combats qui s’annoncent sur la capitale, IDI trouve une parade écologiste. Il se la joue douce. C’est un peu l’air du temps. IDI, l’écolo ! Des vertes et des pas murs, Idriss Deby Itno fait voir de toutes les couleurs. L’opération « ceinture verte » initié dans le site de reboisement de Gaoui n’est qu’un maquillage verdoyant. Les plans obscurs du pseudo-écologiste voilent un programme militaire inavoué : « Ceinture de protection palais rose ». Dans l’ombrageux site de 27 288 plants se trouve enfoui un tracé militaire. Les généraux de la milice de N’djamena ont eu l’ingénieuse idée de dessiner une carte militaire, ceinture de protection en troupes et bases stratégiques visant à consolider le site du palais présidentiel, ultime siège de l’assaut de l’Alliance Nationale. Les stratèges du Ministère de la Défense espéraient que les tchadiens et les rebelles n’y verront que du feu, subjugués par l’onde verte qui se répand dans les terres désertiques à la faveur de « la semaine nationale de l’arbre », dernier gadget du régime despotique. Le faste et la solennité qui entourent l’événement de Gaoui, et la présence de Deby himself, YSA non moins premier ministre cachent le désir d’IDI ne pilote en personne ce projet de sauvetage. Des espaces centenaires déracinés, abattus, Deby a un drôle d’amour pour l’écologie. Après les affrontements de février dernier, des tronçonneuses avaient laissé le drame d’une capitale dépouillée de ses arbres centaines. L’hypothèse d’un feuillage abritant des tireurs d’élites rebelles a fait basculer le sort de cette végétation. Hanté par les frayeurs d’attaques des rebelles, ça et là, IDI sème à tout vent : Des plants enfouis, des tranchées construites. Deby se barricade. « Le rideau vert ». Le subterfuge est bien ficelé. Spasmes d’écolo, stratégie de délestages ; l’extension du « rideau vert » prend son bourgeon final dans l’Est, théâtre des joutes militaires. La Société Tchadienne des Eaux et de l’Electricité (STEE) démarre en trompe des travaux de révision de la centrale d’électricité de Farcha. Sur les ondes de la radio d’Etat, on apprend ainsi que les travaux vont durer une dizaine de jours. Timing idéal. Desservi par une seule centrale, la capitale sera victime des délestages répétitifs. La ration de carburant ainsi réduite est convoyée vers l’Est. Coup de pouce aux troupes démotivées qui ont été mobilisés par contrainte en prévision d’une poussée de la rébellion. Le communiqué radiodiffusé n’a rien d’anodin. Le calendrier du délestage a été savamment étudié pour épouser le timing des combats imminents entre la milice de Deby et l’Alliance Nationale. Les actes de Deby ne sont plus de simples routines de l’administration, l’immobilisme agité du clan Itno vise à freiner les fers de la révolution. Dans le moindre acte du dictateur se cache l’hantise d’une chute annoncée.
Par A.K de N’djamena-matin
Par A.K de N’djamena-matin
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