La nervosité monte à Abéché: certains rebelles sont déjà infiltrés dans la ville d'Abéché
À l'Est, la tension monte
nordeclair:La nervosité monte à Abéché, la ville à l'Est du Tchad, après les combats qui ont opposé rebelles et armée tchadienne à une centaine de kilomètres. À N'Djamena, la population se prépare.
Pas de couvre-feu officiel pour le moment à Abéché mais, dans cette ville stratégique située à l'Est du Tchad, un agent travaillant pour la MINUCART (Mission des Nations Unies) assure « que les gens sont nerveux et ne tardent pas le soir dans les rues. À 20 heures, tout le monde est chez soi ». Les rumeurs vont bon train dans la ville où sont postés les sièges des plus grandes ONG venant en aide aux réfugiés du Darfour et aux déplacés tchadiens. « Tantôt on nous dit que les rebelles sont à 80 kilomètres, tantôt à 100 kilomètres. Nous pensons aussi que certains rebelles sont déjà infiltrés dans la ville d'Abéché ».
Les derniers combats entre les forces gouvernementales et l'UFR, l'alliance des neuf factions rebelles, se sont déroulés à plus de 100 kilomètres au sud d'Abéché près d'Am-Dam plus exactement et auraient, selon l'état-major tchadien, fait 125 morts parmi les rebelles et 21 parmi les militaires. Mais toujours selon le membre de la MINUCART, ces chiffres sont « une aberration. Je suis près de l'aéroport et je vois tous les blessés de l'armée tchadienne arriver pour être soignés à la base militaire française ou encore pour être évacués à l'hôpital général et je peux vous assurer que c'est effrayant. Alors il y a forcément beaucoup de morts du côté de l'armée tchadienne ».
Rebelles et forces gouvernementales s'attribuent de toute façon comme toujours la victoire. « Depuis peu, il y a également autour de l'aéroport un corridor humain », constate aussi l'agent supposant que cela permet de ne pas voir tous les dommages.
Depuis jeudi, cet agent de la MUNUCART explique aussi commencer à « réserver des billets pour un rapatriement éventuel des expatriés. Au cas où... ».
À 600 kilomètres d'Abéché, à la capitale N'Djaména, là-même où les rebelles étaient entrés en février 2008 pour tenter de renverser Idriss Déby, le président, la panique ne sévit pas encore. « Les gens sont calmes. En revanche, histoire de ne pas se retrouver sans provisions comme lors de la dernière attaque, la population fait la queue dans les banques pour y retirer son argent et achète de nombreuses denrées au marché » , rapporte Édouard Takadji, journaliste à l'hebdomadaire tchadien, L'Observateur.
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