Un agent secret français à la tête de l'Afrique centrale et qui est son successeur?
Le messager:Le défunt président gabonais a plus servi la France que son pays.
Issu d’une famille de paysans Batéké (une ethnie minoritaire du sud-est du Gabon et majoritaire au Congo-Brazzaville), Bongo effectue des études primaires et secondaires au Congo (les précisions sur le niveau de ces études ne sont pas connues) avant d’être recruté dans l’administration gabonaise comme postier. Il avait, préalablement, fait son service militaire français au Tchad, où il avait tapé à l’œil des décideurs français, par son caractère vif et ambitieux. Cependant, c’est alors qu’il exerce son modeste emploi dans les postes gabonaises, que Bongo (né en 1935) est adoubé par les Français, qui font de lui un de leurs hommes de main en Afrique. Il est employé par la France dont il sert les intérêts au Gabon et partout dans le continent, dans les écoutes téléphoniques.
Grâce à sa position d’agent secret (membre d’un service de renseignement) français, Bongo gravit très vite les échelons dans la fonction publique gabonaise. De fonctionnaire du service des Postes, il se retrouve directeur de cabinet du président de la République gabonaise, Léon Mba. Outre ses fonctions officielles de directeur de cabinet du président de la République, Bongo a des missions officieuses qui lui sont assignées par les services secrets français, auprès du chef de l’Etat Léon Mba : rester au cœur du système, surveiller son patron (Léon Mba), en faisant remonter tous ses faits et gestes auprès du gouvernement français dont l’un des soucis majeurs est d’être le véritable maître à penser des dirigeants africains. Pour la France, les résultats de Bongo, poulain de Jacques Foccart, sont éloquents.
Servir la France bec et ongles
Satisfaite des multiples rapports que lui font parvenir Bongo, la France décide de faire de lui le véritable dauphin de Léon Mba, pour le préparer à occuper les hautes fonctions présidentielles au Gabon, au cas où… Bongo part du cabinet civil de la présidence de la République, gravit rapidement d’autres échelons, au point de se retrouver au poste de vice-président de la République du Gabon. C’est donc, tout naturellement, que Bongo devient chef de l’Etat du Gabon après le décès de Léon Mba des suites de “ maladie ” en 1967. Son serment de président de la République du Gabon, Bongo le prête dans l’enceinte de l’ambassade du Gabon en France. Preuve, pour ceux qui avaient encore des doutes, que Bongo est un pion de la France au sommet de l’Etat gabonais.
Installé à la tête du Gabon, Bongo continue de servir la France bec et ongles. Les Français sont prioritaires dans tous les domaines. La quasi-totalité des richesses naturelles et minières, et presque tous les marchés juteux venant du gouvernement gabonais sont confiés aux Français. Avec Bongo, les Français passent avant les Gabonais au Gabon ! Plusieurs accords secrets octroyant une bonne partie de la souveraineté du peuple gabonais à la France sont signés entre Bongo et ses mentors français. Ceux-ci le soutiennent mordicus, et sont prêts à tout pour le maintenir au pouvoir à Libreville. Pendant ce temps, c’est le peuple gabonais qui trinque, qui est délaissé et relégué au second plan.
Avec le vent d’Est qui souffle sur le continent africain en 1990, Bongo accepte, la mort dans l’âme, l’instauration du multipartisme. L’issue des premières consultations électorales en 1993, dénoncée par nombre de ses rivaux, est à l’origine des émeutes au Gabon. Une fois de plus, Bongo se réfère à la France et, c’est d’ailleurs en France, qu’il signe un compromis avec ses rivaux, pour aboutir à la fin des émeutes.