Tchad : Prés de deux milliards de francs détournés au ministère de l’éducation
Un réseau de faussaires agissant depuis longtemps dans l’ombre, a été démantelé suite aux révélations faites au ministère de l’Intérieur par un agent du ministère de l’Education nationale qui aurait été écarté du partage du gâteau. En effet la semaine dernière, la police a mis aux arrêts le directeur des Affaires administratives et financières du ministère de l’Education nationale (nouveau), ainsi que l’ancien DAAF et plusieurs autres agents du service administratif et du matériel de ce département. Par la Rédaction de la Voix.
Aux dernières nouvelles, le Trésorier payeur général de la République a été entendu. Nos sources nous confirment qu’il est gardé à vue à la police judiciaire alors que le directeur du Contrôle financier du ministère des Finances, direction par laquelle transitent tous les engagements de l’Etat, a été simplement entendu et directement mis en liberté.
A l’Origine de cette rocambolesque affaire, un marché d’environ 2 milliards pour l’achat des manuels scolaires en faveur des enfants tchadiens, marché récemment signé par le président de la République.
Pour l’exécution de ce marché, les esprits futés ont tout simplement utilisé un procès-verbal de réception d’un ancien marché du même département mais daté de janvier 2009 pour jouer le coup. Ce faux et usage de faux a permis à ses auteurs et complices d’empocher la coquette somme de 1 milliard et demi sans fournir une simple aiguille.
Réussir une telle opération suppose qu’il faut bénéficier de complicités à différents échelons. Sinon comment comprendre qu’un fournisseur se fasse payer une telle somme sans que personne ne se rende compte de la non livraison de la marchandise.
D’après les sources bien informées, le 6 juillet 2009, le ministre des Finances a instruit le Trésorier Payeur Général de payer ledit montant en quatre tranches. Curieusement, ce dernier s’est contenté de payer la totalité de 1 milliard 500 millions le 14 du même mois.
De hauts cadres de l’Etat à des niveaux insoupçonnés, seraient impliqués dans cette nouvelle affaire de détournement. Cette arnaque ne serait que la partie visible de l’iceberg.
Cette affaire qui aujourd’hui fait grand bruit dans le pays, a mis au grand jour les limites du ministère de la Moralisation. Un ministère qui s’illustre par des actions en surface à travers les médias alors que le mal nécessite un traitement de cheval. D’ailleurs, dans le cas d’espèce, il a fallu que le ministère de l’Intérieur fasse déployer ses grandes oreilles pour découvrir le pot aux roses. C’est en bon ingénieur des travaux finis que le ministère de la Moralisation s’est joint à la procédure pendante devant la police judiciaire.
Certains observateurs s’interrogent sur l’occurrence de ce boucan d’enfer fait autour du détournement au ministère de l’Education nationale au moment où une mission conjointe Banque mondiale et Fonds monétaire international séjourne au pays, sans oublier les ONG qui dénoncent la gestion opaque des revenus pétroliers.
Il est à espérer que la justice ne se contentera pas que du menu fretin car cette affaire révèle la négligence, sinon une complicité généralisée.
la Voix