Les démocraties de brousse et la françafrique

Publié le par Waldar

L'Afrique francophone au sud du Sahara et plus particulièrement la sous région d'Afrique centrale, constitue de tous temps le vivier fertile où s'exerce dans toute sa violence, la Françafrique depuis l'époque gaullienne jusqu'au sarkozisme

triomphant actuel. Avec comme point d'orgue, le soutien complice élyséen à une dérive monarchique des autocraties indigènes qui deviennent de ce fait des terreaux économiques juteux pour patrons français.

Du Tchad au Congo Brazzaville en passant par le Gabon, le Cameroun ou la Centrafrique, des conglomérats hexagonaux à la faveur de privatisations touffues, s'accaparent des secteurs stratégiques des économies nationales où ils développent de véritables protectorats de type coloniaux.

Les concessions obtenues par le groupe Bolloré (Camrail jusqu'en 2034), Port autonome de Douala (jusqu'en 2020), Port autonome de Pointe Noire (jusqu'en 2035) pour ne citer que cette portion congrue, constituent des empiétements indéniables sur la souveraineté économique des États concernés et une mutilation morale pour les populations locales.

La main mise gloutonne de Bolloré sur ces vastes patrimoines apparaît d'autant plus choquante qu'elle s'accompagne d'une gestion frivole des ressources humaines,marquée par un esclavagisme social et une tonton macoutisation des rapports
humains. En effet, les responsables du groupe n'hésitent pas à faire appel à l'intimidation policière pour étouffer dans l'oeuf toute velléité de contestation de ces méthodes moyenâgeuses.

Le Journaliste Jean François Gerber qui a mené une enquête approfondie sur la plantation du groupe Bolloré à la Kienké (sud du Cameroun) parle d'une menace plurielle à la souveraineté alimentaire, à la santé, des populations et à l'environnement du fait des mauvais agissements du groupe. Pour le chercheur camerounais Claude Abe qui a fait une analyse
du tronçon ferroviaire Douala-Yaoundé, les méthodes de Bolloré causent ''une brouille du lien culturel et historique qui unit les vivants aux morts''.

Les pouvoirs prédateurs africains du ''pré-carré'' ou de ''l'espace économique vital'' français selon les diverses formules consacrées,jouent un jeu gagnant-gagnant avec l'ex-colonisateur sur le dos de leurs peuples. En échange de la cession partielle ou totale des entreprises de souveraineté nationale aux hommes d'affaires de l'Hexagone, les suzerainetés du continent bénéficient en retour du soutien multiforme de l'État français, notamment le volet politico-militaire qui, en s'appropriant en amont les résultats d'élections grossièrement truquées, fournit en aval la quincaillerie meurtrière pour mettre au pas sanglant les malheureux contestataires.

Le récent exemple gabonais est édifiant à cet égard. Les peuples en spectateurs marginalisés et floués, assistent impuissants au bal des charognards autour d'un patrimoine censé l'appartenir, mais qui est spolié sur l'autel des intérêts néocoloniaux et pourvoiristes.

Que c'est chiant tout cela !

© Germinal : A.S.

Camer.be

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