AFRIQUE : Deux Poids Deux Mesures.

Publié le par Hamid Kelley

Le continent noir est vraiment triste !

Par Bruno VECARTE / Camer.be

Les occidentaux pillent nos richesses, occupent nos territoires, confisquent notre argent, volent nos enfants et… enferment nos leaders politiques nationalistes !


Dans quel continent suis-je donc né ?


Voilà qu’après Mengistu Hailé Mariam, Idi Amin Dada, Charles Taylor, Hissène Habré, Goukouni Oueddei, Ange-Félix Patassé, Abdoulaye Miskine, c’est maintenant au tour de Jean-Pierre Bemba, logique vainqueur des dernières élections présidentielles de la RDC – remportées frauduleusement par Joseph Kabila Kabange avec le soutien de l’Union Européenne – d’être interpellé par la cour internationale (et pro-occidentale) de la Haye.

C’est comme si cette cour n’avait été expressément créée (et ironiquement baptisée « internationale ») que pour juger et mettre hors d’état de nuire, tous les anciens dignitaires africains, arrivés en fin de servitude, et dont les occidentaux voudraient voir sous les verrous, par peur de les laisser mettre dans la place publique, les nombreux secrets et autres coups bats dont les occidentaux se rendent systématiquement coupables en Afrique, et dont ces dignitaires détiennent de fabuleuses preuves de condamnation.

Car deux questions se doivent d’être posées, par tous ceux d’entre nous qui garderont un minimum de lucidité, pour voir les choses au delà de ce que les médias occidentaux veulent nous faire admettre.


1- Pourquoi la cour internationale ne condamne-t-elle que les dignitaires déchus ou ceux qui ne sont plus aux commandes du pouvoir ? Pourquoi ne condamne-t-elle pas tous ces despotes et sanguinaires africains, qui continuent de tuer, d’affamer et de piller les ressources de leurs pays respectifs ?


2- Pourquoi tous les crimes commis et commandités par de nombreux dirigeants occidentaux ne sont-ils pas dès la fin de leur mandat, comme c’est le cas pour leurs homologues africains, suivis de condamnations et de poursuites de la part de la Haye.
 
Il y a comme une politique de deux poids deux mesures !


Quand Jean-Pierre Bemba occupait avec sa milice de larges zones diamantifères au Congo, facilitant par la même occasion leur exploitation par des sociétés occidentales, et ceci avec la bénédiction du commissaire européen Louis MICHEL, aucun mandat d’arrêt n’avait été lancé contre lui !


Quand Jean-Bedel BOKASSA affrétait des avions chargés de valises bourrées de diamants, en direction de l’Elysée, sous la présidence et à l’intention de « son ami »  Valery-Giscard d’ESTAING (toujours en liberté), aucun mandat n’avait été émis contre lui !


Pourquoi est-ce seulement au moment où ces personnalités ne sont plus au pouvoir, que surgit tut à coup cette volonté de la justice « internationale » de voir s’appliquer la loi ?

Cette façon de faire cache des dessous et des non-dits qui devraient aiguiser notre sens critique ! Car à contrario,


Pourquoi n’a-t-on pas traduit à la Haye le dictateur Denis Sassou Nguesso du Congo Brazzaville, après le pourtant médiatique massacre des 345 personnes du Beach, massacre qui lui avait valu au niveau international le surnom fort peu élogieux de « bourreau d’Ohio » ?


Pourquoi n’a-t-on toujours pas condamné Idriss Déby jusqu’à ce jour, malgré les nombreux cas de disparition de civils et d’opposants politiques depuis la dernière tentative de push dont son régime dictatorial a été victime ?

Pourquoi n’a-t-on toujours pas lancé un mandat d’arrêt contre les commanditaires de l’assassinat de Germain MBA au Gabon, de Sylvanus Olympio au Togo, de Mehdi Ben Barka au Maroc, de Ruben Um Nyobé au Cameroun, de Norbert Zongo et de Thomas Sankara au Burnina-Faso ?


Pourquoi ?


Pourquoi n’a-t-on pas lancé un mandat d’arrêt contre Charles de Gaulle, qui a envoyé l’armée française, en territoire gabonais, massacrer des militaires gabonais, pendant que ceux-ci étaient en train de libérer leur pays de la dictature qu’ils subissent encore jusqu’à ce jour ?


Pourquoi le tribunal « international » de la Haye n’a-t-elle toujours pas lancé un mandat d’arrêt contre Jacques CHIRAC, qui avait donné l’ordre à l’armée française d’ouvrir le feu, en territoire ivoirien, sur une foule de manifestants marchant pacifiquement pour la paix et la libéralisation de leur pays, faisant plusieurs milliers de morts ?


Pourquoi ?


Eh ben tout simplement, parce qu’il a Deux Poids Deux Mesures.


Deux poids deux messures, dans le traitement réservé par les instances « internationales » (et pro-occidentales) aux dirigeants occidentaux d’une part et à leurs homologues africains de l’autre !


Deux poids deux messures, dans le traitement accordé par les dirigeants occidentaux et leurs instances, aux dignitaires africains encore en « service » (au profit de l’occident) d’une part, et ceux qui n’y sont plus, et qui de ce fait sont devenus inutiles et potentiellement dangereux, tant ils détiennent des secrets que l’occident voudrait mieux ne pas voir ressortir. Aussi, plutôt que de systématiquement les assassiner (comme il a été le cas pour Saddam Hussein – trop crapuleux), on leur taille des petites peines de prison à vie, où ils n’auront que leurs quatre murs d’à peine 2 mètres carrés pour se confier et se confesser !


C’est la raison pour laquelle les Bongo, Biya, Déby et autres Conté s’accrochent au pouvoir ; ils savent qu’ils sont restés
tellement longtemps en « service » pour savoir tellement de choses qui, aussitôt le pouvoir perdu, peuvent se retourner contre eux !

Et pendant qu’ils sont encore au pouvoir, ces serviteurs montrent de temps en temps leurs crocs, en menaçant et en vociférant contre ceux de leurs patrons qui tentent de les vexer.


Jean-Marie BOCKEL est le tout dernier de ces colons à avoir payé le lourd tribut de ceux qui osent s’attaquer à un gouverneur « blanc à la peau noire » encore en service.


Ainsi va l’Afrique

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