Le président tchadien refuse le dialogue
Par Reuters
Les rebelles tchadiens ont accusé dimanche le président Idriss Déby de rejeter leurs appels au dialogue et déclaré qu'ils n'avaient donc pas d'autre choix que de maintenir leur pression militaire pour le renverser.
Le discours prononcé la veille par le président Idriss Déby dans lequel il a désigné le Soudan comme le responsable des attaques de rebelles intervenues depuis le 10 juin a été interprété comme un refus de l'appel au dialogue par Ali Gadayé, porte-parole de l'Alliance nationale dans un entretien téléphonique avec Reuters.
Au cours d'un rassemblement pro-gouvernemental dans la capitale tchadienne, samedi, Déby a invité ses opposants armés, qu'il a qualifiés de mercenaires à la solde du Soudan, à renter au bercail.
Il n'a toutefois offert aucune concession aux rebelles dont les colonnes attaquent régulièrement des localités faiblement défendues à la frontière avec le Soudan, dans l'est du pays, ou les soldats européens de l'Eufor opèrent sous mandat de l'Onu avec mission de protéger les quelque 500.000 civils réfugiés en raison de la crise dans la région soudanaise du Darfour.
AVENTURE SANS LENDEMAIN
Prié de dire si les rebelles de l'Alliance nationale allaient maintenir leur pression militaire contre Déby, Gadayé a répondu: "S'il ne nous laisse pas d'autre option, que pouvons-nous faire?"
Khartoum accuse Déby de soutenir les rebelles soudanais du Darfour, mais dément les allégations de N'Djamena selon lesquelles le Soudan appuie les rebelles tchadiens.
Alors que ces derniers avaient fait état de rapides avancées dans l'est du pays tout au long de la semaine dernière, les forces gouvernementales ont affirmé avoir vaincu leur principale colonne dans la localité d'Am-Zoer en leur infligeant de lourdes pertes. Les rebelles ont déclaré de leur côté avoir tué plusieurs centaines de soldats de l'armée tchadienne. Aucune indication sur l'issue des combats n'a pu être obtenue auprès de sources indépendantes.
Les rebelles qui avaient attaqué N'djamena en février se replient régulièrement sur leurs bases dans l'est du pays avant de reprendre l'offensive.
Déby a qualifié d'aventure sans lendemain les attaques des rebelles et a appelé la communauté internationale, qui les a largement condamnées, à désigner le Soudan comme l'agresseur du Tchad.
Version française Marc Joanny
Source : lexpress.fr