Idriss Deby réaffirme son opposition à toute solution politique au Tchad

Publié le par Hamid Kelley

Idriss Déby refuse des pourparlers avec Omar Hassan al Bachir

Par Moumine Ngarmbassa

N’DJAMENA (Reuters) - Le président tchadien Idriss Déby refuse de rencontrer son homologue soudanais Omar Hassan al Bachir pour des pourparlers de paix et exclut de négocier avec ses adversaires rebelles s’ils ne rompent pas d’abord leurs liens avec le
Soudan.

Les propos tenus par Déby à Radio France Internationale, en marge d’un sommet de l’Union africaine en Egypte, semblent éloigner un règlement négocié du conflit qui oppose le Tchad au Soudan sur leur frontière avec le Darfour.

“Je n’ai pas besoin de rencontrer Omar al Bachir (…) je suis pour la paix dans cette région, c’est vrai, mais je n’ai pas besoin de rencontrer quelqu’un qui n’a jamais tenu ses engagements”, a dit le président tchadien à Charm el Cheikh en marge du sommet de l’UA.

Déby a accusé Bachir de ne pas avoir respecté un pacte de non-agression qu’ils avaient tous deux signé en mars à Dakar.

Depuis lors, des rebelles darfouris opposés à Bachir ont attaqué en mai Khartoum, la capitale soudanaise. De leur côté, des insurgés cherchant à renverser Déby ont attaqué des villes de l’Est tchadien où des soldats de l’Union européenne protègent des milliers de réfugiés civils. Les deux pays se sont rejeté la responsabilité de ces attaques.

L’EUFOR CRITIQUÉE

Déby a repoussé un appel des insurgés tchadiens de l’Alliance nationale pour un dialogue politique entre toutes les parties, estimant qu’ils n’avaient de rebelle que le nom:

“Il n’y a pas de rebelles, ce sont des mercenaires (…) ils ne sont pas libres d’eux-mêmes, ce sont des gens qui sont à la solde du Soudan”, a-t-il dit à RFI. “Si ce sont des gens (…) raisonnables qui sortent de la griffe des Soudanais et qui deviennent des Tchadiens, nous sommes prêts à discuter, mais pas dans les conditions actuelles.”

Le dirigeant tchadien a dit que les armes et les prisonniers capturés dans les rangs rebelles montraient qu’ils avaient le soutien de l’armée soudanaise et opéraient à partir de bases situées au Soudan. Khartoum et les représentants des rebelles démentent cette accusation, mais les seconds donnent régulièrement des informations sur les combats aux journalistes avec des téléphones mobiles soudanais.

Dans ses déclarations à RFI, Déby a de nouveau critiqué le rôle de la force européenne (Eufor) déployée dans l’est du Tchad, que l’Onu a mandatée pour assurer une protection aux réfugiés, aux civils et aux travailleurs humanitaires.

Après la brève occupation le 14 juin par une colonne rebelle de Goz-Beïda, ville tchadienne entourée de camps de réfugiés sous la protection d’un bataillon irlandais de l’Eufor, Déby avait accusé celle-ci de “fermer les yeux” sur ces raids.

Il a déclaré à RFI que son gouvernement avait réduit sa garnison militaire à Goz-Beïda, “ville de réfugiés”, afin d’en confier la protection à l’Eufor. Il a dit regretter que l’Eufor ne soit pas intervenue pour arrêter l’attaque.

Les commandants de l’Eufor ont fait valoir que leurs troupes avaient protégé les réfugiés tout en restant neutres face au conflit intérieur tchadien.

Déby a dit qu’il comptait “tirer des conclusions” de l’attitude de l’Eufor lors de futurs entretiens avec l’UE et les Nations unies.

Version française Philippe Bas-Rabérin



Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article