La France met des conditions à une suspension des poursuites contre le président soudanais

Publié le par Hamid Kelley

canadianpress: NATIONS UNIES — La France n'est pas opposée à une suspension des poursuites pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre contre Omar el-Béchir, mais demande en préalable "un changement radical et immédiat" de la politique du président soudanais, a affirmé mardi Nicolas Sarkozy. "Si les autorités soudanaises changent complètement de politique, alors la France n'est pas opposée à ce que soit utilisé l'article 16" du statut de la Cour pénale internationale (CPI) qui permet au Conseil de sécurité des Nations unies de suspendre les poursuites engagées par la cour, a déclaré le président français en marge de la 63e Assemblée générale des Nations unies à New York. Reprenant les "conditions" égrenées la veille par l'un de ses proches conseillers, Nicolas Sarkozy a expliqué que la France veut "le déploiement de la force internationale au Darfour pour arrêter le scandale des dizaines de milliers de morts dans cette région". "Nous voulons la paix au Soudan, nous voulons la paix et l'intégrité pour le Tchad et nous voulons que des gens qui sont accusés de génocide ne restent pas ministres dans le gouvernement soudanais." Cette dernière remarque faisait référence au ministre soudanais des Affaires humanitaires Ahmed Haroun, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt international, tout comme le chef supposé des milices "Janjawid" Ali Kushayb. Le procureur de la cour Luis Moreno-Ocampo a demandé le 14 juillet des poursuites contre Omar el-Béchir, citant dix chefs d'accusation pour génocide, crime contre l'humanité et crime de guerre. Le dirigeant est soupçonné d'avoir voulu "détruire une grande partie" de trois tribus influentes au Darfour, dans l'ouest du Soudan. Aucun mandat d'arrêt n'a encore été délivré contre lui. "La France entend qu'un certain nombre de principes soient respectés", a lancé Nicolas Sarkozy, "les gens au Darfour ont le droit de vivre". Amnesty International, Human Rights Watch, la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) et la Ligue des droits de l'Homme (LDH) ont immédiatement condamné ces propos, dénonçant l'offre française comme "un recul notoire en matière de justice pénale internationale". Suspendre les poursuites contre le président Béchir "créerait un dangereux précédent dans la mesure où d'autres chefs d'Etat et hauts responsables gouvernementaux ou militaires pourraient en déduire que leur immunité serait toujours négociable", affirment ces organisations dans un communiqué conjoint.
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